vendredi 11 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2304424 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 9 et 11 août 2023, Mme B A, représentée par Me Tangalakis, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre à titre provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner au préfet de la Gironde, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ou à titre subsidiaire un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de 24 heures à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que le défaut de délivrance d'un récépissé de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travailler la prive de son travail, du droit de gagner sa vie, de se maintenir légalement sur le territoire français et la place dans une situation de précarité administrative ;
- le défaut de délivrance de récépissé porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, qui est une liberté fondamentale et la prive de la possibilité de travailler ;
- en refusant de lui délivrer un récépissé, le préfet de la Gironde a méconnu les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette atteinte est manifestement illégale dès lors que seul une confirmation de dépôt lui a été délivrée qui n'a aucune valeur juridique et ne vaut pas récépissé.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 août 2023, le préfet de la Gironde conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées au titre des frais non compris dans les dépens.
Il fait valoir que :
- le dossier de demande de titre déposé par la requérante était incomplet car dépourvu d'une autorisation de travail prévue à l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la requérante s'est vue remettre dans l'attente un récépissé de demande de titre de séjour le 10 août 2023, valable du 10 août au 9 novembre 2023 qui l'autorise à travailler ;
- qu'il n'existe dès lors aucune atteinte portée à une liberté fondamentale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Mounic pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Mounic, juge des référés, a été entendu à l'audience publique du 11 août 2023.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée à la suite de l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, née le 5 avril 1999, de nationalité togolaise, était titulaire d'une carte de séjour temporaire étudiant valable jusqu'au 9 juillet 2023. Le 26 juin 2023, elle a sollicité un changement de statut pour obtenir un titre de séjour mention salarié et déposé un dossier sur le site de la préfecture de la Gironde qui lui a adressé le même jour une attestation de dépôt. Par courrier du 20 juillet 2023, elle a sollicité la remise d'un récépissé de sa demande, auquel le préfet de la Gironde n'a pas répondu. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet de la Gironde de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ( ) ".
3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. "
5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'extrait du fichier de l'application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France (AGDREF) produit, dans la présente procédure, par le préfet de la Gironde, que la requérante s'est vue délivrée un récépissé de demande de titre de séjour le 10 août 2023, valable du 10 août au 9 novembre 2023 qui l'autorise à travailler. Par suite, la requête de Mme A étant devenue sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme A à fin d'injonction.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 11 août 2023.
La juge des référés, La greffière,
S. MOUNIC H. MALO
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
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Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
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