vendredi 20 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2305654 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 octobre 2023, M. A, représenté par Me Pornon Weidknnet, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de le convoquer sans délai pour que lui soit remis un récépissé renouvelé lui permettant de travailler en vue de subvenir à ses besoins sous astreinte de 100 euros par jour à compter de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve pour son avocate de renoncer à percevoir l'aide juridique ;
Il soutient que :
- la condition d'urgence, prévue à l'article L. 521-3 du code de justice administrative, est remplie dès lors qu'il ne s'est toujours pas vu délivrer un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour depuis la réunion de la commission du titre de séjour en date du 15 juin 2023 ; il accomplissait des missions rémunérées auprès de l'entreprise Derichebourg depuis mars 2023, mais ce travail prend a pris fin au 6 septembre 2023, date d'échéance de son actuel récépissé ; il n'a plus de revenu et ne peut plus subvenir à ses besoins, et notamment payer son loyer ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à aucune décision administrative, la préfecture n'ayant toujours pas statué sue se demande depuis la réunion de la commission du titre de séjour ;
- il a droit à la délivrance d'un récépissé l'autorisant à travailler pendant l'examen de sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article R. 432-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu de la saisine de la commission du titre de séjour ;
- la mesure sollicitée est utile car elle doit lui permettre de travailler dans l'attente de la décision préfectorale ;
Vu le mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2023, par lequel le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête ;
Il fait valoir que par un arrêté du 11 juillet 2023, il a rejeté la demande de titre de séjour et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français sous délai de trente jours ; cette décision fait obstacle à la délivrance du récépissé sollicité et objet de la présente demande ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu l'arrêté du préfet de la Gironde en date du 11 juillet 2023 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français sous délai de trente jours ;
Vu la demande d'aide juridictionnelle du 13 octobre 2023 ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Le juge des référés, saisi en application de ces dispositions peut se prononcer sans tenir d'audience publique.
2. M. A, de nationalité tunisienne, a déclaré être entré en France le 1er février2005. Il a fait l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière le 4 avril 2011, d'une obligation de quitter le territoire français sans délai le 14 mai 2013, qui n'a pas été exécutée. Le 9 août 2021, le préfet de la Gironde a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français assorti d'une interdiction de retour de deux ans. Par un arrêt du 10 janvier 2023, la cour administrative d'appel de Bordeaux a annulé cette mesure d'éloignement pour défaut de saisine préalable de la commission du titre de séjour, et a enjoint au préfet de réexaminer la demande. Ce dernier a saisi la commission du titre de séjour qui s'est réunie le 15 juin 2023 et a émis un avis défavorable à la demande de M. A. L'intéressé s'est vu délivrer un récépissé le 7 mars 2023, valable jusqu'au 6 septembre 2023. Suite à plusieurs demandes de renouvellement de ce récépissé formulées sur le site dédié " démarches.simplifiées.fr ", M. A demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de la Gironde de le convoquer sans délai pour que lui soit remis un récépissé renouvelé lui permettant de travailler.
3. Il résulte toutefois des écritures en défense de la préfecture que, par un arrêté du 11 juillet 2023, le préfet de la Gironde, après avis de la commission du titre de séjour cité au point précédent, a refusé la demande d'admission exceptionnelle au séjour de M. A et a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français sous délai de trente jours. Il résulte de l'instruction que cet arrêté, adressé sous pli recommandé contre accusé-réception a été présenté à son domicile le 12 juillet 2023 et non réclamé. Il est par conséquent réputé avoir été régulièrement notifié.
4. Cette décision fait obstacle désormais à ce que soit délivré à M. A un récépissé correspondant à sa demande de titre. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de la requête, présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code justice administrative, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont M. A demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 20 octobre 2023.
Le juge des référés,
M. Vaquero
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
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