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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2306668

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2306668

jeudi 14 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2306668
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 décembre 2023, Mme C A, représentée par Me Chamberland-Poulain, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros HT, soit 1 800 euros TTC, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, dont distraction au profit de son conseil qui renoncera, le cas échéant, au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Mme A soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que sa demande de titre de séjour complète a été réceptionnée le 28 août 2023, qu'elle se trouve dans une extrême précarité, en situation irrégulière, et qu'elle ne peut exercer aucune activité professionnelle ;

- la mesure est utile car elle seule est susceptible de pouvoir attester de sa démarche de régularisation administrative ;

- la mesure ne se heurte à aucune contestation sérieuse ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

2. S'agissant de la condition d'urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures mentionnées à l'article L. 521-3, il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre, l'urgence s'appréciant objectivement et compte tenu des circonstances de chaque espèce.

3. Mme A, de nationalité centrafricaine, née le 25 mai 1991, est entrée en France selon ses dires le 31 octobre 2019 sous couvert d'un visa de court séjour. Elle a contracté un pacte civil de solidarité en décembre 2020 avec un compatriote centrafricain muni d'une carte de résident, dont elle a eu un enfant né le 3 août 2021. Elle a formé une demande de titre de séjour réceptionnée par voie postale par la préfecture de la Gironde le 28 août 2023. N'ayant pas obtenu de récépissé de sa demande, elle sollicite du juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il enjoigne au préfet de la Gironde de la convoquer au guichet de la préfecture pour que lui soit remis un récépissé de sa demande de titre de séjour.

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A s'est maintenue en France de façon irrégulière à l'issue du délai de validité de son visa de court séjour le 26 novembre 2019, sans pouvoir sérieusement prétendre avoir été empêchée de retourner dans son pays à cause de la crise sanitaire du covid-19, qui n'a entrainé de restrictions aux déplacements qu'en mars 2020. Il n'est ni démontré ni même allégué qu'elle aurait engagé une demande de titre de séjour avant le 28 août 2023. Si Mme A peut justifier avoir conclu un " PACS " avec M. B, ressortissant centrafricain titulaire d'une carte de résident et qu'elle est mère d'une petite fille issue de cette union en août 2021, elle n'établit par aucune des pièces produites l'état d'extrême précarité dont elle se prévaut alors qu'au contraire elle vit sous le même toit que son compagnon, lequel dispose de ressources stables. Il résulte de ce qui précède que la condition d'urgence requise par l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'est pas remplie. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de la requête par application des dispositions de l'article L. 522-3 du même code.

4. La requête de Mme A ne satisfait pas de manière manifeste à l'une des conditions cumulatives posées par l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Dès lors, et en vertu des dispositions de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991, il n'y a pas lieu d'accorder à l'intéressé l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Enfin, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, la somme dont la requérante demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A.

Copie sera transmise à Me Chamberland-Poulain et au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 14 décembre 2023.

Le juge des référés,

M. Vaquero

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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