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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2307092

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2307092

lundi 8 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2307092
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Abadel, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour et l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision de refus de renouvellement de récépissé intervenue le 18 décembre 2023 ;

3°) d'enjoindre en conséquence au préfet de la Gironde de lui délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour et l'autorisant à travailler dans un délai de 8 jours à compter de la notification de la présente ordonnance ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

M. B soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il disposait d'un contrat à durée indéterminée et que son dernier récépissé prend fin au 26 décembre 2023 ; il ne peut plus travailler ni subvenir aux besoins de sa famille ;

- il a bénéficié du renouvellement de son récépissé auparavant ; son dossier de demande de titre de séjour est complet ; la mesure et utile et ne rencontre aucune contestation sérieuse ;

- sa vie privée et familiale se trouve en France où il vit depuis 2019 ; sa compagne est française ainsi que son enfant ; ils contribuent à leur entretien par son travail ; le refus de récépissé méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision est insuffisamment motivée ; elle constitue une violation de son droit à exercer une activité professionnelle et de son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

Par un mémoire, enregistré le 26 décembre 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête ; il fait valoir que par un arrêté du 5 octobre 2023 il a opposé un refus à la demande de titre de séjour du requérant, assorti d'une obligation de quitter le territoire français sous délai de trente jours, désignation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans ; cette décision fait obstacle au prononcé de l'injonction sollicitée ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Le juge des référés, saisi en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, peut se prononcer sans tenir d'audience publique. En outre, en raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque les effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

2. M. B ressortissant camerounais, né le 30 mai 1987, était titulaire d'une carte de séjour temporaire " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler, délivrée par le préfet de la Gironde et valable jusqu'au 6 septembre 2022. Il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour et s'est vu octroyer un récépissé de demande valable jusqu'au 26 décembre 2023. Par message adressé via la plateforme dématérialisée dédiée, il lui a été indiqué que sa demande de renouvellement de récépissé était refusée en date du 18 décembre 2023. M. B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

3. Il résulte de l'instruction que par un arrêté en date du 5 octobre 2023, régulièrement notifié au domicile de l'intéressé, par pli recommandé " avisé et non réclamé " le 17 octobre 2023, le préfet de la Gironde a pris à l'encontre de M. B un refus de séjour, assorti d'une obligation de quitter le territoire français sous délai de trente jours ainsi qu'une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de deux ans. Cette décision fait obstacle au prononcé par le juge des référés des mesures sollicitées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Les conclusions à fin d'injonction de la requête ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'annulation du refus de délivrer un récépissé de demande de titre de séjour :

4. M. B demande, à titre subsidiaire, l'annulation de la décision refusant de lui renouveler son récépissé de demande de titre de séjour. De telles conclusions, de même que celles présentées à fin d'injonction en application de cette annulation, sont toutefois irrecevables devant le juge des référés.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 8 janvier 2024.

Le juge des référés,

M. Vaquero

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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