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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2307227

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2307227

mardi 31 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2307227
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJU-3ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de Mme B, qui contestait son assujettissement à la taxe d'habitation pour l'année 2023. La requérante soutenait que le local, loué pour son activité de coiffure, n'était pas affecté à l'habitation. Le tribunal a jugé que la clause du bail n'excluait pas la disposition du logement et que les photographies produites, non datées, ne prouvaient pas l'absence de meubles au 1er janvier 2023. En application des articles 1407, 1408 et 1415 du code général des impôts, l'imposition a été maintenue. La demande de remise gracieuse, fondée sur l'article L. 247 du livre des procédures fiscales, a également été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 décembre 2023, Mme A B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 novembre 2023 par laquelle l'administration fiscale a rejeté sa demande de remise gracieuse portant sur la cotisation de taxe d'habitation à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2023 pour un montant total de 813 euros ;

2°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d'habitation à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2023, à raison de sa qualité de locataire pour un bien meublé situé au 109 rue Gambetta à Coutras (Gironde).

Elle soutient que :

- le bail renouvelé le 5 avril 2023 prévoit que les locaux sont exclusivement consacrés à l'exploitation de son commerce de coiffure, à l'exclusion de tout autre utilisation ;

- elle n'a jamais habité l'appartement compris dans les locaux, celui-ci n'est pas aux normes électriques, n'a pas d'isolations thermiques ni phoniques ; il n'est pas entretenu ni meublé comme en témoigne les photographies produites démontrant l'absence de meubles, les traces de moisissures et d'infiltrations d'eau.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juin 2024, le directeur régional des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ferrari en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Ferrari, président-rapporteur ;

- les conclusions de M. Willem, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B occupe un immeuble sis 109 rue Gambetta à Coutras (Gironde), au titre duquel elle a été assujettie à la taxe d'habitation pour une somme totale de 813 euros au titre de l'année 2023. Par une réclamation contentieuse datée du 9 novembre 2023, elle a sollicité la décharge de cette cotisation. A la suite du rejet par l'administration fiscale le 21 novembre 2023 de cette réclamation, Mme B demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d'habitation à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2023, à raison de sa qualité de locataire pour un bien meublé situé au 109 rue Gambetta à Coutras et d'annuler la décision du 28 novembre 2023 par laquelle l'administration fiscale a refusé de lui accorder la remise gracieuse de cette même cotisation.

Sur la demande de décharge :

2. Aux termes de l'article 1407 du code général des impôts : " I. - La taxe d'habitation est due : / 1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation () ". Selon l'article 1408 du même code : " I. - La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables () ". L'article 1415 de ce code dispose : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ".

3. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement de la taxe d'habitation.

4. Il résulte de l'instruction que Mme B, dont la résidence principale est située à Saint-Seurin-sur-l'Isle est également locataire d'un immeuble composé d'un local utilisé pour exercer son activité professionnelle de salon de coiffure ainsi que d'un appartement à l'étage situé à Coutras. Elle soutient qu'elle n'utilise pas cet appartement dès lors que le renouvellement du bail de location qu'elle a conclu le 5 avril 2023 précise que " les locaux faisant l'objet du présent renouvellement devront exclusivement être consacrés par le preneur à l'exploitation de son commerce de coiffure, à l'exclusion de tout autre, même temporairement ". Toutefois, cette clause ne démontre pas que Mme B n'ait jamais eu la disposition ou la jouissance de ce local au sens de l'article 1408 du code général des impôts cité au point 2. En outre, si l'intéressée produit de nombreuses photographies pour établir que le local à usage d'appartement n'est pas habitable et qu'il est non meublé, celles-ci ne sont toutefois pas datées et ne permettent pas de démontrer que l'appartement n'était pas meublé au cours de l'année 2023. Il s'ensuit que l'administration a pu légalement regarder cet appartement comme sa résidence secondaire et refuser de faire droit à sa demande de décharge de la taxe à laquelle elle a été assujettie pour l'année 2023 à raison de cette habitation.

Sur la demande de remise gracieuse :

5. Aux termes de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction alors applicable : " L'administration peut accorder sur la demande du contribuable ; / 1° Des remises totales ou partielles d'impôts directs régulièrement établis lorsque le contribuable est dans l'impossibilité de payer par suite de gêne ou d'indigence ; () ". Si la décision de l'administration refusant une remise gracieuse sur ce fondement peut être déférée au juge administratif par la voie du recours pour excès de pouvoir, cette décision ne peut être annulée que si elle est entachée d'incompétence, d'erreur de droit, d'erreur de fait, d'erreur manifeste d'appréciation ou encore si elle est révélatrice d'un détournement de pouvoir.

6. Mme B ne soulève aucun moyen permettant de contester utilement la décision du 28 novembre 2023 rejetant sa demande de remise gracieuse. Elle n'est donc pas fondée à solliciter l'annulation de cette décision.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au directeur régional des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

D. FERRARILa greffière,

É. SOURIS

La République mande et ordonne au ministre de ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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