mercredi 11 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2400804 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | JU-1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 janvier 2024, Mme A D doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 2 janvier 2024 par lequel le préfet de la Gironde a suspendu son permis de conduire pour une durée de six mois.
Mme D soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure car elle n'a pas été convoquée dans les 72 heures par les forces de l'ordre ;
- il est entaché d'une erreur de faits car elle n'a pas consommé de produits stupéfiants mais du cannabidiol (CBD) ;
- la mesure de suspension entraîne des difficultés dans sa situation personnelle, son permis lui étant indispensable pour pouvoir emmener ses enfants à des rendez-vous médicaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mai 2024, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu en audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D a fait l'objet d'un contrôle de gendarmerie le 28 décembre 2023. La rétention immédiate de son permis de conduire a été prononcée au motif qu'elle circulait sous l'emprise de stupéfiants. Le préfet de la Gironde a, par un arrêté du 2 janvier 2024, suspendu son permis de conduire pour une durée de six mois. Mme D demande l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 224-2 du code de la route : " I.- Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1, ou dans les cent vingt heures pour les infractions pour lesquelles les vérifications prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2 ont été effectuées, prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : () 2° Il est fait application des dispositions de l'article L. 235-2 si les analyses ou examens médicaux, cliniques et biologiques établissent que le conducteur conduisait après avoir fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants ou si le conducteur ou l'accompagnateur de l'élève conducteur a refusé de se soumettre aux épreuves de vérification prévues au même article L. 235-2 (). II.- La durée de la suspension du permis de conduire ne peut excéder six mois. Cette durée peut être portée à un an en cas d'accident de la circulation ayant entraîné la mort d'une personne ou ayant occasionné un dommage corporel, en cas de conduite sous l'empire d'un état alcoolique, de conduite après usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants et de refus de se soumettre aux épreuves de vérification prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2. III.- A défaut de décision de suspension dans le délai prévu au premier alinéa du I du présent article, le permis de conduire est remis à la disposition de l'intéressé, sans préjudice de l'application ultérieure des articles L. 224-7 à L. 224-9 ".
3. En premier lieu, Mme D soutient que la décision de suspension de son permis de conduire est entachée d'un vice de procédure car elle n'a pas été auditionnée dans le délai de 72 ou 120 heures après la rétention de son permis de conduire. Toutefois, une telle procédure d'audition ne constitue pas une mesure obligatoire ou nécessaire à l'édiction d'un arrêté de suspension de permis de conduire, pris en application des dispositions précitées. Dès lors le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté comme inopérant.
4. En deuxième lieu, la requérante verse au dossier une analyse toxicologique réalisée le 2 janvier 2024. Elle soutient qu'elle n'a pas conduit après avoir fait usage de stupéfiants mais qu'elle consomme du CBD. Si la contestation de la suspension du permis de conduire relève de la compétence du tribunal administratif, il n'appartient pas en revanche à cette juridiction de connaître de la matérialité des infractions, laquelle ne peut être contestée que devant le juge judiciaire. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
5. En dernier lieu, Mme D soutient que son permis de conduire lui est indispensable pour le déplacement de ses enfants et en particulier pour accompagner son fils aîné, atteint d'un handicap à ses rendez-vous médicaux. Toutefois, ces circonstances relatives à sa situation personnelle ne sont susceptibles de remettre en cause la légalité de l'arrêté attaqué. Dès lors ce moyen doit être écarté comme inopérant.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 2 janvier 2024.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au préfet de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2024.
Le président du tribunal,
G. C La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°2400804
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