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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2400912

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2400912

lundi 3 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2400912
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge social

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en plein contentieux, a rejeté la demande de M. B... A... qui sollicitait l'annulation des décisions de la CAF de la Gironde refusant la remise gracieuse de deux indus d'aide personnelle au logement (550,95 € et 1 215 €). Le juge a estimé que si le requérant était de bonne foi, sa situation financière, marquée par des mensualités d'emprunt, ne caractérisait pas une précarité suffisante pour justifier une remise de dette. La décision s'appuie sur les articles L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et L. 553-2 du code de la sécurité sociale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en production de pièces enregistrés les 3 février 2024 et 29 septembre 2025, M. C... B... A... demande au tribunal d’annuler les décisions de la caisse d’allocations familiales de la Gironde du 5 décembre 2023 refusant de lui accorder la remise gracieuse de ses dettes d’aide personnelle au logement d’un montant de 550,95 euros et 1 215 euros.

Il soutient que :
- il ne conteste pas son erreur de déclaration ;
- sa situation sociale, familiale et financière ne lui permet pas de régler sa dette.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 août 2025, la caisse d’allocations familiales de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que la situation du requérant ne justifie pas la remise gracieuse de sa dette.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Willem, premier conseiller, en application des dispositions de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience publique qui s’est tenue le 17 octobre 2025 à 9 heures 30.

Le rapport de M. Willem, magistrat désigné, a été entendu au cours de l’audience publique.

En l’absence des parties, la clôture de l’instruction est intervenue après appel de l’affaire à l’audience en application des dispositions de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

1. M. B... A... a bénéficié de l’aide personnalisée au logement sur la base des revenus de l’année 2021 qu’il a déclarés à la caisse d’allocations familiales de la Gironde, comportant notamment 13 799 euros de frais réels déductibles des ressources à prendre en compte pour le calcul de ces allocations. Suite à la transmission par l’administration fiscale de sa déclaration de revenus, de laquelle il est ressorti que l’intéressé ne déclarait aucun frais réel déductible de son revenu global, le droit à l’allocation M. B... A... a été recalculé. Le 15 avril 2023, un indu d’aide personnalisée au logement d’un montant de 1 215 euros lui a été réclamé pour la période du 1er juillet au 31 décembre 2022. Le 3 juin 2023, un indu de cette même allocation d’un montant de 550,95 euros lui a été réclamé pour la période du 1er avril au 30 juin 2022. Le 21 juin 2023, M. B... A... a sollicité la remise gracieuse de ces dettes. Par deux décisions du 5 décembre 2023, la directrice de la caisse d’allocations familiales (CAF) de la Gironde lui a opposé un refus. M. B... A... demande au tribunal d’annuler ces décisions et de lui accorder la remise de ses dettes.

2. Aux termes de l’article L. 823-9 du code de la construction et de l’habitation : « Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d’aide personnelle au logement indûment versés ». Aux termes de l’article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : « (…) la créance de l’organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. / (…) ».

3. Le présent litige ne porte pas sur la contestation du bien-fondé de l’indu, où pour obtenir l’annulation du refus opposé à son recours administratif préalable obligatoire, il appartiendrait au requérant d’établir qu’il remplissait les conditions pour bénéficier de l’allocation en cause, mais concerne une demande de remise gracieuse de dette, pour laquelle le requérant doit justifier, en premier lieu, de sa bonne foi et, dans un second temps, de sa situation de précarité.

4. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d’un indu d’une prestation ou d’une allocation versée au titre de l’aide ou de l’action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d’emploi, il appartient ainsi au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

5. Il résulte de l’instruction que les indus réclamés à M. B... A... ont pour origine un nouveau calcul de ses ressources après neutralisation de frais réels déductibles qui ont été déclarés à tort, ce qu’il ne conteste pas. Le caractère intentionnel de cette déclaration n’est pas établi, ni même allégué en défense. Dès lors, le requérant peut être regardé comme étant de bonne foi. Toutefois, il ne résulte pas de l’instruction qu’à la date du présent jugement, au vu notamment des éléments versés par la caisse d’allocations familiales, M. B... A..., qui se prévaut notamment de la charge d’emprunts bancaires en cours, à hauteur de mensualités d’environ 250 euros et 110 euros, se trouverait dans une situation de précarité telle qu’il serait dans l’impossibilité de rembourser l’indu demeurant à sa charge, au besoin en sollicitant son étalement, ou que ce remboursement compromettrait durablement l’équilibre du budget de son foyer.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de remise de dettes doivent être rejetées.


DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. C... B... A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié M. C... B... A... et à la caisse d’allocations familiales de la Gironde.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2025.

Le magistrat désigné,

E. WILLEM
La greffière,

C. AHIN



La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,

la greffière,

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