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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2401162

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2401162

mercredi 3 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2401162
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge social
Avocat requérantTAUZIN RÉMY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a examiné le recours de Mme B... C... contre le refus de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) de la Gironde de lui délivrer une carte mobilité inclusion (CMI) mention stationnement. La requérante invoquait un périmètre de marche limité à 200 mètres et la nécessité d’aides techniques et humaines pour ses déplacements. Le tribunal a rejeté sa demande, estimant que les éléments médicaux fournis ne démontraient pas une réduction importante et durable de sa capacité de déplacement à pied au sens des articles L. 241-3 et R. 241-12-1 du code de l’action sociale et des familles, ni de l’arrêté du 3 janvier 2017. La solution retenue est donc le rejet de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 février 2024, et un mémoire, enregistré le 16 avril 2025 Mme E... B... C..., représentée par Me Tauzin, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 19 décembre 2023, par laquelle la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de la Gironde a refusé de lui délivrer une carte mobilité inclusion mention stationnement pour personnes handicapées ;

2°) de lui délivrer une carte mobilité inclusion mention stationnement pour personnes handicapées à compter de la date de sa demande, soit le 5 octobre 2022.


Elle soutient que son périmètre de marche est limité à 200 mètres, qu’elle ne peut pas se déplacer sans l’usage de semelles orthopédiques et d’une ceinture de soutien lombaire, qu’elle nécessite l’aide de sa fille ainée dans l’ensemble de ses déplacements à l’extérieur, qu’elle porte un pacemaker, que son état de santé se dégrade, qu’elle nécessite l’usage d’une canne lors de ses déplacements à l’extérieur et qu’elle est inapte à exercer un quelconque emploi.



Par mémoire en production de pièces, sur le fondement de l’article R. 772-8 du code de justice administrative, enregistré le 13 mars 2024, et un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2025, la directrice de la MDPH de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu’aucun des moyens soulevés n’est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

le code de l’action sociale et des familles ;
l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles ;
le code de justice administrative.

Le président du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique le rapport de M. Cornevaux président- rapporteur, et les observations de Mme D..., représentant la MDPH.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

1. Mme B... C... a sollicité, le 5 octobre 2025, l’obtention d’une CMI mention stationnement auprès de la MDPH de la Gironde. Par une décision du 7 septembre 2023, le président du conseil départemental de la Gironde a refusé de faire droit à sa demande. Mme B... C... a formé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision, qui a été rejeté par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de la Gironde le 18 décembre 2023. Mme A... doit être regardée comme demandant l’annulation de cette décision.

2. Aux termes de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « I. La carte “mobilité inclusion” destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l’appréciation, sur le fondement du 3° du I de l’article L. 241-6, de la commission mentionnée à l’article L. 146-9. (…) / 3° La mention “stationnement pour personnes handicapées” est attribuée à toute personne atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. / (…) ». Aux termes de l’article R. 241-12-1 du code de l’action sociale et des familles : « (…) / IV. Pour l’attribution de la mention “stationnement pour personnes handicapées”, un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l’extérieur. / (…) ».

3. Aux termes de l’annexe relative aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement de l’arrêté interministériel du 3 janvier 2017 : « 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied : / La capacité et l’autonomie de déplacement à pied s’apprécient à partir de l’activité relative aux déplacements à l’extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : / - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou / - la personne a systématiquement recours à l’une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : / - une aide humaine ; / - une prothèse de membre inférieur ; / - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l’aide d’un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; / - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d’attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu’elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou / - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. / (…) ».

4. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l’administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d’une personne en matière d’aide ou d’action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d’emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner les droits de l’intéressé, en tenant compte de l’ensemble des circonstances de fait qui résultent de l’instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l’article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d’annuler ou de réformer, s’il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l’intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l’administration afin qu’elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d’un contentieux portant sur une demande de carte de stationnement pour personnes handicapées ou de carte “mobilité inclusion” mention “stationnement pour personnes handicapées”, c’est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant à la date à laquelle il rend sa propre décision que le juge doit statuer.

5. En l’espèce Mme B... C... soutient que ses pathologies lui causent des difficultés dans ses déplacements à l’extérieur, nécessitant l’aide de sa fille constamment lors de ceux-ci, ainsi que l’usage d’une canne et que son périmètre de marche est limité à 200 mètres. Elle produit diverses pièces médicales, constituées notamment d’attestations, de certificats médicaux, d’un compte rendu d’infiltration et de prescriptions. Toutefois, ces seules pièces, ni aucune des pièces produites dans le dossier communiqué par la MDPH, ne vont au soutien de ses allégations et elles ne permettent pas d’établir une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied au sens de l’arrêté du 3 janvier 2017 cité au point 3. En outre, l’intéressée ne peut utilement soutenir qu’elle soit porteuse d’un pacemaker, que son état se dégrade et qu’elle soit inapte à exercer une quelconque activité professionnelle pour demander l’annulation de la décision en litige. Par suite, Mme B... C... ne remplit pas les conditions permettant l’obtention d’une carte mobilité inclusion mention stationnement.

6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B... C... n’est pas fondée à demander l’annulation de la décision du 15 janvier 2024 par laquelle la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de la Gironde a refusé, après recours administratif préalable obligatoire, de faire droit à sa demande de carte mobilité inclusion mention stationnement.



DÉCIDE :



Article 1er : La requête de Mme B... C... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E... B... C..., au département de la Gironde et à la MDPH de la Gironde.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2025.



Le président rapporteur,




G. CORNEVAUX

La greffière,




C. AHIN



La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,





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