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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2401703

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2401703

jeudi 14 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2401703
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantLACOEUILHE AVOCATS ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 8 mars, le 2 avril et le 27 mai 2024, Mme B C, représentée par Me Anne-Laure Godet, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise en vue de déterminer son entier préjudice résultant de sa prise en charge le 10 septembre 2022 par le SAMU 33 et le centre hospitalier Sud Gironde site de Langon, le 26 septembre 2022 lors d'une IRM réalisée au centre hospitalier Agen-Nérac par le docteur E, le 12 octobre 2022 par la Nouvelle clinique de Bordeaux Tondu et le 14 octobre 2022 par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux site de Pellegrin. Elle demande en outre que l'expert qui sera nommé par le juge des référés exerce ses fonctions hors du ressort de la Cour d'appel de Bordeaux.

La requérante soutient que :

-l'expertise sollicitée est utile pour déterminer précisément les circonstances des séquelles liées à cette prise en charge, si des fautes ont été commises par le SAMU 33, le centre hospitalier Sud Gironde site de Langon, le centre hospitalier Agen-Nérac et le docteur E, par la Nouvelle clinique de Bordeaux Tondu et par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux et afin d'évaluer et chiffrer l'ensemble de ses préjudices.

Par un mémoire, enregistré le 14 mars 2024, la Caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde indique au tribunal qu'elle ne s'oppose pas à la désignation d'un expert sollicitée par Mme B et que la victime a été prise en charge au titre du risque maladie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2024, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Pierre Ravaut, fait part de ses protestations et réserves sur le bien-fondé de sa mise en cause. Il demande, en outre, que la mission de l'expert soit complétée, que l'expert rédige un pré-rapport et que les dépens soient réservés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2024, le centre hospitalier universitaire de Bordeaux, représenté par Me Marina Rodrigues, déclare ne pas s'opposer à l'organisation de l'expertise sollicitée tout en formulant les plus vives protestations et réserves en ce qui concerne la mise en cause de sa responsabilité. Il demande, en outre, que la mission de l'expert soit confiée à un neurologue et soit complétée, que les frais de l'expertise soient avancés par Mme B et que les dépens soient réservés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 avril 2024, le Centre hospitalier Sud Gironde, représenté par Me David Czamanski, déclare ne pas s'opposer à l'organisation de l'expertise sollicitée tout en formulant les plus vives protestations et réserves en ce qui concerne la mise en cause de sa responsabilité et demande en outre que l'expert rédige un pré-rapport.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2024, La Nouvelle Clinique Bordeaux Tondu, représentée par Me Bruno Zandotti, conteste sa responsabilité mais ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée. Elle demande en outre que l'expert rédige un pré-rapport et soit spécialisé en neurologie.

Elle soutient qu'elle est un établissement de soins privé au sein duquel les praticiens exercent à titre libéral et donc en toute indépendance.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2024, le Centre hospitalier d'Agen demande à titre principal sa mise hors de cause et la mise en cause du docteur G E et à titre subsidiaire fait part de ses protestations et réserves tant sur le principe de sa responsabilité que sur la mesure d'expertise sollicitée, demande que l'expert soit spécialisé en neurologie et que les frais d'expertise soient à la charge de Mme B.

Il soutient que médecins radiologues exerçant à titre libéral comme le docteur E effectuent des examens dans le cadre de leur activité libérale grâce à l'IRM présent au sein du Centre hospitalier d'Agen.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2024, le docteur G E, représentée par Me Christophe Miranda, déclare qu'elle ne s'oppose pas à l'expertise judiciaire sollicitée mais émet les plus expresses réserves et protestations sur le principe de sa responsabilité civile professionnelle. Elle demande en outre que l'expertise judiciaire soit ordonnée aux frais avancés de Mme B et qu'un collège d'expert soit nommé composé d'un neurologue et d'un radiologue.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. David Katz, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur la mesure d'expertise sollicitée :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".

2. Mme B C née le 8 août 1990, a été prise de vomissements associés à des fourmillements des deux jambes, au soir du 10 septembre 2022. Dans la nuit du 10 au 11 septembre, elle s'est réveillée en panique et a présenté une paralysie des deux jambes qui a conduit son compagnon à appeler les sapeurs-pompiers. Ces derniers, à leur arrivée, ont placé Mme B sous oxygène et ont pris attache avec le SAMU-Centre 15 qui a posé un diagnostic de crise d'angoisse chez une patiente sous traitement anxiolytique. Rapidement après le départ des Pompiers, l'état de Madame B s'est dégradé et un nouvel appel a été passé au SAMU. Après déclenchement d'un véhicule privé par le SAMU, Mme B a été admise au Centre hospitalier Sud Gironde. L'urgentiste du Centre hospitalier Sud Gironde a recueilli les antécédents de Mme B et a procédé à un examen clinique, concluant à une crise d'angoisse avec un retour à domicile le 11 septembre à 6h49. Le 26 septembre 2022, Mme B a bénéficié d'une IRM réalisée au Centre Hospitalier d'Agen par le docteur E, radiologue libéral. Cet examen, demandé par le docteur F, médecin traitant, était destiné à contrôler un " kyste paraventriculaire gauche connu depuis plusieurs années ". Aux termes de son compte rendu, le docteur E concluait ainsi : " Stabilité du kyste paraventriculaire gauche. Par contre apparition de multiples anomalies de signal à type d'hypersignaux FLAIR arrondis essentiellement sous-corticaux bilatéraux associés à une image en hypersignal diffusion sous-corticale frontale droite. Un avis neurologique est nécessaire ". Cependant Mme B n'est pas examinée par un neurologue. Le 12 octobre, Mme B a connu un nouvel épisode de paralysie des membres inférieurs. Elle a été dirigée par le SAMU vers les urgences de la Polyclinique du Tondu. L'urgentiste a effectué un examen clinique complet et a pris attache avec le neurologue du Centre hospitalier universitaire de Bordeaux afin d'envisager un transfert. En l'absence de troubles moteurs, il a été convenu que la patiente reprenne attache avec le Centre hospitalier universitaire de Bordeaux afin d'envisager une hospitalisation de jour et a donc été autorisée à quitter l'établissement. Le 14 octobre, face à l'absence d'amélioration, Mme B s'est présentée aux urgences du Centre hospitalier universitaire de Bordeaux où un diagnostic d'accident vasculaire cérébral a été posé. Un traitement anticoagulant curatif a débuté avant une intervention chirurgicale en avril 2023. La requérante, compte tenu des préjudices qu'elle estime avoir subis suite au retard dans la prise en charge de son accident vasculaire cérébral demande au juge des référés de désigner un expert aux fins de déterminer les conditions de sa prise en charge par le SAMU 33 et le centre hospitalier Sud Gironde site de Langon, lors d'une IRM réalisée au centre hospitalier Agen-Nérac par le docteur E, par la Nouvelle clinique de Bordeaux Tondu et par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux et d'évaluer et chiffrer l'ensemble de ses préjudices. Par suite, la mesure d'expertise médicale judiciaire demandée par la requérante, qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, est utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dès lors, pour le juge des référés, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

Sur la désignation d'un collège d'experts :

3. Il y a lieu de confier l'expertise à un expert neurologue auquel il appartiendra, s'il l'estime nécessaire, de demander au président du tribunal administratif l'autorisation de faire appel au concours d'un ou plusieurs sapiteurs.

Sur la demande de mise hors de cause du Centre hospitalier d'Agen :

4. Il résulte de l'instruction que les médecins radiologues exerçant à titre libéral au Centre hospitalier d'Agen comme le docteur E effectuent des examens dans le cadre de leur activité libérale grâce à l'IRM présent au sein de cet hôpital. Par suite il y a lieu de mettre hors de cause le Centre hospitalier d'Agen.

Sur les dépens :

5. Tout d'abord, l'instance en cours n'a pas donné lieu à dépens. Ensuite, en application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, il appartient, non au juge des référés, mais au seul président de la juridiction administrative, lorsqu'il fixe les frais et honoraires de l'expertise, de désigner celle des parties qui devra s'en acquitter. Enfin, en vertu de l'article R. 761-1 de ce code, la mise à la charge définitive des dépens, au nombre desquels figurent les honoraires et frais d'expertise, ressortit à la compétence du juge du fond qui, sous réserve de dispositions spéciales et sauf circonstances particulières de l'affaire, doit mettre ces dépenses à la charge de la partie perdante. Par suite, les conclusions tendant à ce que le juge des référés statue sur les dépens ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E

Article 1er : Le docteur D A, neurologue, est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :

1°) de se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de Mme B C et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, et aux diagnostics pratiqués sur elle lors de sa prise en charge par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de Mme B ainsi qu'à son examen clinique ;

2°) de décrire l'état de santé de Mme B et les soins et prescriptions antérieurs à sa prise en charge initiale par le SAMU et le centre hospitalier Sud Gironde site de Langon le 10 septembre 2022 et les conditions dans lesquelles elle a été pris en charge et soignée dans cet établissement ; décrire l'état pathologique de la requérante ayant conduit aux soins, aux interventions et aux traitements pratiqués le 26 septembre 2022 lors d'une IRM réalisée au centre hospitalier Agen-Nérac par le docteur E, le 12 octobre 2022 par la Nouvelle clinique de Bordeaux Tondu et le 14 octobre 2022 par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux site de Pellegrin ;

3°) de donner son avis sur le point de savoir si les diagnostics établis et les traitements, interventions et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science, et s'ils étaient adaptés à l'état de Mme B et aux symptômes qu'elle présentait ;

4°) de manière générale, rechercher si les interventions et actes médicaux pratiqués ont été exécutés conformément aux règles de l'art ; dire si les complications survenues étaient inévitables pour n'importe quel opérateur normalement diligent ; déterminer les raisons de la dégradation de l'état de santé de Mme B et des complications dont elle souffre depuis sa prise en charge le 10 septembre 2022 par le SAMU 33 et le centre hospitalier Sud Gironde site de Langon, le 26 septembre 2022 lors d'une IRM réalisée au centre hospitalier Agen-Nérac par le docteur E, le 12 octobre 2022 par la Nouvelle clinique de Bordeaux Tondu et le 14 octobre 2022 par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux site de Pellegrin ;

5°) de donner son avis sur le point de savoir si le dommage corporel constaté a un rapport avec l'état initial de Mme B, ou l'évolution prévisible de cet état ; le cas échéant, déterminer la part du préjudice présentant un lien de causalité direct, certain et exclusif avec un manquement reproché au SAMU 33, au centre hospitalier Sud Gironde site de Langon, au docteur E, à la Nouvelle clinique de Bordeaux Tondu et au centre hospitalier universitaire de Bordeaux site de Pellegrin ;

6°) de donner son avis sur le point de savoir si le ou les manquements éventuellement constatés ont fait perdre à Mme B une chance sérieuse de guérison suite à sa prise en charge par le SAMU 33, par le centre hospitalier Sud Gironde site de Langon, par le docteur E, par la Nouvelle clinique de Bordeaux Tondu et par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux site de Pellegrin ; donner son avis sur l'ampleur (pourcentage) de la chance perdue par Mme B de voir son état de santé s'améliorer ou d'éviter de le voir se dégrader en raison de ces manquements ;

7°) En cas de retard de diagnostic, préciser si celui-ci était difficile à établir ; dans la négative, déterminer si ce retard a été à l'origine d'une perte de chance réelle et sérieuse pour Mme B d'éviter les séquelles ;

8°) de dire si le dossier médical et les informations recueillies permettent de savoir si Mme B a été informée de la nature des opérations qu'elle allait subir, et des conséquences normalement prévisibles de ces interventions et si elle a été mise à même de formuler un consentement éclairé ;

9°) de dire si l'état de Mme B a entraîné une incapacité permanente partielle résultant de troubles physiologiques ou psychologiques et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;

10°) d'indiquer à quelle date l'état de Mme B peut être considéré comme consolidé ; préciser s'il subsiste une incapacité permanente partielle et, dans l'affirmative, en fixer le taux, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée ; dans le cas où cet état ne serait pas encore consolidé, indiquer, si dès à présent, une incapacité permanente partielle est prévisible et en évaluer l'importance ;

11°) de dire si l'état de Mme B est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ; dire si l'état de Mme B présente un caractère anormal au regard de son état de santé avant sa prise en charge par le SAMU 33, par le centre hospitalier Sud Gironde site de Langon, par le docteur E, par la Nouvelle clinique de Bordeaux Tondu et par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux site de Pellegrin comme au regard de l'évolution prévisible de celui-ci ;

12°) de donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément spécifique, préjudice sexuel, préjudice psychologique) et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée et aux conséquences normalement prévisibles de la pathologie initiale ;

13°) de donner son avis sur la répercussion de l'incapacité médicalement constatée sur la vie personnelle et professionnelle de Mme B et si le cas échéant l'aide d'une tierce personne à domicile est nécessaire ainsi que des soins postérieurs à la consolidation des blessures ;

14°) d'une manière générale, de recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre le SAMU 33, le centre hospitalier Sud Gironde, le docteur G E, la Nouvelle clinique de Bordeaux Tondu, le centre hospitalier universitaire de Bordeaux, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) et la Caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde.

Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.

Article 6 : L'expert communiquera aux parties les conclusions qu'il envisage de tirer des constatations auxquelles il a procédé. Cette communication sera réalisée par la transmission d'un pré-rapport ou selon toute autre modalité équivalente. Après avoir accordé aux parties un délai leur permettant de faire valoir leurs observations, l'expert recueillera et consignera leurs dires dans un rapport définitif. Il déposera le rapport définitif au greffe par voie électronique dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.

Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.

Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée au SAMU 33, au centre hospitalier Sud Gironde , au docteur E, à la Nouvelle clinique de Bordeaux Tondu, au Centre hospitalier universitaire de Bordeaux, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), à la Caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde et au docteur D A, expert.

Fait à Bordeaux, le 14 novembre 2024.

Le juge des référés,

David Katz

La République mande et ordonne à la Ministre de la Santé et de l'Accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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