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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2402026

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2402026

mercredi 3 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2402026
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge social

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en plein contentieux social, a examiné le recours de M. C... contre le refus du président du conseil départemental de la Dordogne de lui délivrer une carte mobilité inclusion mention "stationnement pour personnes handicapées". Le juge a rappelé les critères de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles et de l'arrêté du 3 janvier 2017, exigeant une réduction importante et durable de la capacité de déplacement à pied, notamment un périmètre de marche inférieur à 200 mètres ou le recours systématique à une aide humaine ou technique. Après examen des pièces médicales, le tribunal a estimé que M. C... ne remplissait pas ces conditions et a rejeté sa requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 20 mars et 5 avril 2024 ainsi que les 9 mai et 18 octobre 2025, M. D... C... doit être regardé comme demandant au tribunal d’annuler la décision du 26 janvier 2024, prise sur recours administratif préalable obligatoire, par laquelle le président du conseil départemental de la Dordogne (commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de la Dordogne) a refusé de lui délivrer une carte mobilité inclusion mention “stationnement pour personnes handicapées”.

Il soutient qu’il éprouve des difficultés importantes pour se déplacer.

Par mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2024, le président du conseil départemental de la Dordogne, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le requérant ne remplit pas les conditions, au vu des pièces médicales produites par l’intéressé, pour obtenir le bénéfice de la mention stationnement de la carte de mobilité inclusion.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de l’action sociale et des familles ;
l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles ;
le code de justice administrative.

Le président-rapporteur a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. B... président- rapporteur, a été entendu au cours de l’audience publique.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

Le 20 octobre 2022, M. A... C... a sollicité une carte “mobilité inclusion” mention “stationnement”. Par une décision du 24 févier 2023, le président du conseil départemental de la Dordogne lui a opposé un refus. Le 18 avril 2023, l’intéressé a formé un recours administratif préalable obligatoire, qui a été rejeté par le président du conseil départemental le 26 janvier 2024. M. C... demande au tribunal l’annulation de cette dernière décision.

Aux termes de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « I. La carte “mobilité inclusion” destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l’appréciation, sur le fondement du 3° du I de l’article L. 241-6, de la commission mentionnée à l’article L. 146-9. (…) / 3° La mention “stationnement pour personnes handicapées” est attribuée à toute personne atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. / (…) ».

Aux termes de l’article R. 241-12-1 du code de l’action sociale et des familles : « (…) / IV. Pour l’attribution de la mention “stationnement pour personnes handicapées”, un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l’extérieur. / (…) ».

Aux termes de l’annexe relative aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement de l’arrêté interministériel du 3 janvier 2017 : « 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied : / La capacité et l’autonomie de déplacement à pied s’apprécient à partir de l’activité relative aux déplacements à l’extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : / - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou / - la personne a systématiquement recours à l’une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : / - une aide humaine ; / - une prothèse de membre inférieur ; / - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l’aide d’un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; / - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d’attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu’elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou / - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. / (…) ».

Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l’administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d’une personne en matière d’aide ou d’action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d’emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner les droits de l’intéressé, en tenant compte de l’ensemble des circonstances de fait qui résultent de l’instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l’article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d’annuler ou de réformer, s’il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l’intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l’administration afin qu’elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d’un contentieux portant sur une demande de carte de stationnement pour personnes handicapées ou de carte “mobilité inclusion” mention “stationnement pour personnes handicapées”, c’est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant à la date à laquelle il rend sa propre décision que le juge doit statuer.

Il résulte de l’instruction que M. C..., né en 1950, souffre d’une scoliose lombaire avec convexité gauche et de discopathies conflictuelles pluriétagés. Toutefois, le requérant ne justifie pas avoir actuellement un périmètre de marche limité et inférieur au seuil réglementaire fixé à 200 mètres ou avoir systématiquement recours à une aide pour ses déplacements extérieurs. À cet égard, le certificat médical reçu à la maison départementale des personnes handicapées le 20 octobre 2022 ainsi que les autres comptes rendus d’IRM et de consultations, tels qu’ils sont produits par M. C..., ne sont pas suffisamment renseigné, puisque soit ne précisent pas de périmètre précis, soit indiquent que le requérant peut se déplacer sans difficulté et sans aucune aide humaine ou mécanique. Il n’est donc pas établi une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied, au sens des dispositions précitées. Dans ces conditions et en dépit de l’affection dont il souffre, M. C... ne remplit pas les conditions pour l’attribution d’une carte “mobilité inclusion” mention “stationnement pour personnes handicapées”.

Il résulte de tout ce qui précède que M. C... n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision implicite de rejet du président du conseil départemental de la Dordogne du 26 janvier 2024.



DÉCIDE :



Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... C... et au département de la Dordogne.

Copie en sera adressée à la maison départementale des personnes handicapées de la Dordogne.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2025.



Le président rapporteur,

G. B...
La greffière,

C. AHIN


La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,

La greffière,




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