lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2402384 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | PELTIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 avril 2024, la commune de Bruges doit être regardée comme demandant au juge des référés de désigner, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de prescrire une expertise aux fins de préciser la nature et les causes des infiltrations qui affectent la couverture de sa salle de spectacle et de conférence, l'Espace Culturel Treulon, ainsi que la nature et les coûts des travaux qui sont nécessaires pour remédier à ces désordres et de donner tous éléments utiles au calcul des préjudices qu'elle a subis. Elle demande en outre que l'expert rédige un pré-rapport et que les dépens soient réservés.
Elle soutient que :
- ce bâtiment, inauguré en 2002, comprend un hall vitré qui sert d'entrée et de lieu d'exposition de 275 m2, appelé " l'Orangerie ". Suite à la constatation de fuites issues de la toiture vitrée, elle a souhaité faire réaliser des travaux d'étanchéité en 2021.
- Etant adhérente à des groupements de commande avec Bordeaux Métropole, elle a sollicité la société SOPREMA par bon de commande pour réaliser les travaux d'étanchéité pour un montant de 74 776,50 euros TTC.
- les travaux ont démarré le 22 février 2021 et ont été réceptionnés le 30 mars 2021.
- Malgré la réalisation de ces travaux, elle a constaté de multiples infiltrations depuis la réception des travaux dans l'Orangerie au niveau : des portes vitrées du hall côté parking, des portes vitrées côté parc (entre la passerelle et les portes) et des verrières côté mur en pierre, modules en verres installés à 90°.
- Ces infiltrations ont eu pour effet de dégrader les plafonds neufs de ces espaces et les
infiltrations dans les zones d'accueil du public font courir un risque aux usagers.
- elle a fait intervenir le 17 mars 2022 la société GMC Expertises pour analyser les causes des infiltrations qui conclut à un défaut d'étanchéité entre la membrane et les volumes verriers et à de multiples non respects des règles DTU.
- ni la SOPREMA ni son assureur la SMABTP n'ont donné de suite à ses demandes.
- s'agissant de difficultés d'exécution d'un marché public, l'expertise est utile dans le cadre du litige devant le juge du fond dans le cadre d'une action liée à l'exécution ou dans le cadre d'une action indemnitaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2024, la SMABTP, représentée par Me Claire Peltier, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise mais demande au juge des référés de prendre acte de leurs protestations et réserves d'usage. Elle demande en outre que l'expertise soit réalisée aux frais avancés de la commune de Bruges.
La requête a été communiquée à la SOPREMA qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. David Katz, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. La commune de Bruges a inauguré en 2002 une salle de spectacle et de conférence, " Espace Culturel Treulon ", comprenant un hall vitré qui sert d'entrée et de lieu d'exposition de 275 m2, appelé " l'Orangerie ". Suite à la constatation de fuites issues de la toiture vitrée, elle a souhaité faire réaliser des travaux d'étanchéité en 2021. Etant adhérente à des groupements de commande avec Bordeaux Métropole, elle a sollicité la société SOPREMA par bon de commande pour réaliser les travaux d'étanchéité pour un montant de 74 776,50 euros TTC. Les travaux ont démarré le 22 février 2021 et ont été réceptionnés le 30 mars 2021. Malgré la réalisation de ces travaux, elle a constaté de multiples infiltrations depuis la réception des travaux dans l'Orangerie au niveau des portes vitrées du hall côté parking, des portes vitrées côté parc (entre la passerelle et les portes) et des verrières côté mur en pierre, modules en verres installés à 90°. Ces infiltrations ont eu pour effet de dégrader les plafonds neufs de ces espaces et les infiltrations dans les zones d'accueil du public font courir un risque aux usagers. La commune de Bruges a fait intervenir le 17 mars 2022 la société GMC Expertises pour analyser les causes des infiltrations qui conclut à un défaut d'étanchéité entre la membrane et les volumes verriers et à de multiples non respects des règles DTU. Ni la SOPREMA ni son assureur la SMABTP n'ont donné de suite aux demandes de la commune de Bruges.
3. La commune de Bruges sollicite, par la présente requête, l'organisation d'une expertise aux fins de préciser la nature et les causes des infiltrations qui affectent la couverture de sa salle de spectacle et de conférence, l'Espace Culturel Treulon, et plus précisément le hall vitré qui sert d'entrée et de lieu d'exposition de 275 m2, appelé " l'Orangerie ", de préciser la nature et les coûts des travaux qui sont nécessaires pour remédier à ces désordres et de donner tous éléments utiles au calcul des préjudices qu'elle a subis. La mesure d'expertise sollicitée, qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues et qui rassemble l'ensemble des parties en cause, est utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dès lors, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les dépens :
4. Tout d'abord, l'instance en cours n'a pas donné lieu à dépens. Ensuite, en application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, il appartient, non au juge des référés, mais au seul président de la juridiction administrative, lorsqu'il fixe les frais et honoraires de l'expertise, de désigner celle des parties qui devra s'en acquitter. Enfin, en vertu de l'article R. 761-1 de ce code, la mise à la charge définitive des dépens, au nombre desquels figurent les honoraires et frais d'expertise, ressortit à la compétence du juge du fond qui, sous réserve de dispositions spéciales et sauf circonstances particulières de l'affaire, doit mettre ces dépenses à la charge de la partie perdante. Par suite, les conclusions de la SMABTP tendant à ce que le juge des référés statue sur les dépens ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E
Article 1er : M. A B est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :
1°) de se rendre sur les lieux ; d'entendre les parties et tous sachants ; de prendre connaissance de tous documents utiles, notamment les pièces contractuelles, à la bonne fin de l'expertise ;
2°) de rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties ; décrire les missions confiées par le maître de l'ouvrage à la SOPREMA assurée par la SMABTP, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de service et tous autres documents utiles ;
3°) de dresser un état descriptif technique et qualitatif précis des travaux réalisés et dire si ces travaux présentent des dégradations, vices ou désordres et s'ils compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination ;
4°) de dresser un compte-rendu de ses constatations à l'issue de sa première visite ;
5°) de déterminer les causes de ces désordres, en particulier des infiltrations, en précisant si et, le cas échéant, dans quelle mesure ils sont imputables à des erreurs de conception, à des déficiences dans l'exécution ou le contrôle des travaux ou à toute autre cause ; de dire si les travaux ont été conduits conformément aux documents contractuels et aux règles de l'art.
6°) de déterminer et chiffrer les travaux nécessaires pour remédier aux désordres constatés ;
7°) d'évaluer les préjudices subis par la commune de Bruges, en conséquence directe et certaine des désordres relevés ;
8°) d'apporter tous éléments utiles à la détermination des responsabilités encourues et à la solution amiable ou contentieuse du litige opposant les parties ;
9°) de concilier éventuellement les parties sur la base d'une transaction qui pourrait se révéler en cours d'expertise et d'engager éventuellement une médiation entre les parties ;
10°) d'une manière générale, de recueillir tout élément et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre la Commune de Bruges, la société SOPREMA et la société Mutuelle d'assurances du bâtiment et des travaux publics.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert communiquera aux parties les conclusions qu'il envisage de tirer des constatations auxquelles il a procédé. Cette communication sera réalisée par la transmission d'un pré-rapport ou selon toute autre modalité équivalente. Après avoir accordé aux parties un délai leur permettant de faire valoir leurs observations, l'expert recueillera et consignera leurs dires dans un rapport définitif. Il déposera le rapport définitif au greffe par voie électronique dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Bruges, à la société SOPREMA, à la société mutuelle d'assurances du bâtiment et des travaux publics et à M. A B, expert.
Fait à Bordeaux, le 9 décembre 2024.
Le juge des référés,
David Katz
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026