jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2402509 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 avril 2024, Mme B A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les deux ordonnances du tribunal administratif de Bordeaux du 7 février 2024 n° 2400601 et n° 2400602 ;
3°) d'ordonner, si la demande d'annulation de ces ordonnances est rejetée, l'interruption des délais de recours concernant les ordonnances n° 2400601 et n° 2400602 rendues par la vice-présidente du tribunal administratif de Bordeaux ;
4°) d'ordonner la suspension des effets de l'arrêté du préfet de la Gironde du 7 février 2001 ordonnant son hospitalisation d'office ;
5°) d'ordonner la suspension des effets de l'arrêté du préfet de la Gironde du 29 janvier 2002 portant reconduction de la mesure d'hospitalisation d'office la concernant ;
6°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de mettre fin sans délai à son hospitalisation d'office ;
7°) d'enjoindre au directeur du centre hospitalier de Cadillac de s'expliquer sur les refus verbaux des médecins de cet établissement de lui remettre sans délai les décisions administratives et les certificats médicaux relatifs à la mesure d'hospitalisation d'office la concernant depuis son admission et de lui remettre divers documents administratifs qu'elle a demandés ;
8°) d'ordonner la destruction des certificats médicaux relatifs à la mesure d'hospitalisation d'office la concernant qui ont servi à fonder la mesure de soins psychiatriques sous contrainte la concernant ;
9°) d'ordonner la destruction des certificats médicaux produits par le préfet de la Gironde pour requérir le contrôle du Juge des libertés et de la détention de la mesure d'hospitalisation d'office la concernant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Katz, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
Sur les conclusions tendant à l'annulation d'ordonnances rendues par la vice-présidente du tribunal administratif de Bordeaux :
1. Aux termes de l'article R. 351-3 du code de justice administrative : " Lorsqu'une cour administrative d'appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence d'une juridiction administrative autre que le Conseil d'Etat, son président, ou le magistrat qu'il délègue, transmet sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente () ". Toutefois, aux termes de l'article R. 522-8- du même code : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ".
2. En vertu de ces dispositions, les conclusions de Mme A dirigées contre les ordonnances n° 2400601 et n° 2400602 rendues par la vice-présidente du tribunal administratif de Bordeaux le 7 février 2024, qui relèvent de la compétence de la cour administrative d'appel, doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'interruption de délais de recours :
3. Il n'appartient manifestement pas au juge des référés de prononcer l'interruption de délais de recours, lesquels délais sont d'ordre public. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.
Sur les conclusions dirigées contre la mesure d'hospitalisation d'office prononcée à l'encontre de la requérante et contre la reconduction de cette mesure et les conclusions tendant à enjoindre au préfet de la Gironde de mettre fin sans délai à cette mesure :
4. Aux termes de l'article L. 3216-1 du code de la santé publique, dans sa rédaction issue de la loi n° 2011-803 du 5 juillet 2011 relative aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge : " La régularité des décisions administratives prises en application des chapitres II à IV du présent titre ne peut être contestée que devant le juge judiciaire./ Le juge des libertés et de la détention connaît des contestations mentionnées au premier alinéa du présent article dans le cadre des instances introduites en application des articles L. 3211-12 et L. 3212-1. / Dans ce cas, l'irrégularité affectant une décision administrative mentionnée au premier alinéa du présent article n'entraîne la mainlevée de la mesure que s'il en est résulté une atteinte aux droits de la personne qui en faisait l'objet. / Lorsque le tribunal judiciaire statue sur les demandes en réparation des conséquences dommageables résultant pour l'intéressé des décisions administratives mentionnées au premier alinéa, il peut, à cette fin, connaître des irrégularités dont ces dernières seraient entachées ". En application de l'article 18 de ladite loi, ces dispositions sont entrées en vigueur le 1er janvier 2013, la juridiction administrative ne restant compétente que pour statuer sur les recours dont elle était saisie antérieurement à cette date.
5. Depuis l'entrée en vigueur de ces dispositions, le juge judiciaire est seul compétent pour apprécier le bien-fondé et la régularité des mesures d'admission et de maintien en soins psychiatriques prises sans le consentement des intéressés, et connaître des demandes en réparation des conséquences dommageables résultant de ces décisions.
6. Les conclusions de la requête dirigées contre la mesure d'hospitalisation sans consentement prononcée à l'encontre de Mme A et contre la reconduction de cette mesure, ainsi que les conclusions tendant à enjoindre au préfet de la Gironde de mettre fin sans délai à cette mesure, ne relèvent manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à obtenir des explications, à la communication documents et à la destruction de documents :
7. Il appartient au requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative de justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Or, Mme A ne justifie d'aucune circonstance particulière caractérisant la nécessité de prendre des mesures à très bref délai. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'accorder à la requérante l'aide juridictionnelle à titre provisoire, que toutes les conclusions de la requête doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Bordeaux, le 18 avril 2024.
Le juge des référés,
D. Katz
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde et au ministre de la justice en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026