Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 avril et le 22 août 2024, l’association de défense des eaux du Bassin d’Arcachon (ADEBA), représentée par Me Vieira, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative de prescrire une expertise aux fins de :
1°) se prononcer sur les causes du débordement des réseaux usées, gérés par le syndicat intercommunal du Bassin d’Arcachon (SIBA), qui a affecté plusieurs secteurs du Bassin d’Arcachon et provoqué des inondations et pollutions depuis le mois de décembre 2023 ;
2°) proposer les mesures propres à remédier aux débordements qui ont eu lieu ;
3°) de mettre à la charge du SIBA la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient qu’entre fin octobre et décembre 2023, des débordements des réseaux d’eaux usées ont été signalés tout autour du bassin d’Arcachon ; ces débordements ont entrainé diverses pollutions sur le bassin d’Arcachon ; elle est susceptible d’engager la responsabilité de l’administration à raison du dysfonctionnement des installations de gestion des eaux pluviales et des eaux usées et de la carence des autorités chargés de ces installations ; la responsabilité de l’administration est susceptible d’être engagée pour que soient indemnisés un préjudice écologique et un préjudice moral de l’association requérante.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 29 avril et le 2 septembre 2024, le syndicat intercommunal du Bassin d’Arcachon (SIBA), représenté par Me Ducos-Ader déclare qu’il ne s’oppose pas à la mesure d’expertise sollicitée mais fait part de ses réserves quant à son éventuelle responsabilité. Il demande en outre au juge des référés de joindre les instances n°2402605 et n°2402695 et demande, dans le dernier état de ses écritures, que soient mis en cause dans la procédure les parties suivantes et que les opérations d’expertise se déroulent au contradictoire de ces mêmes parties : l’Earl Cap Huitres, la Earl Laban, la Earl les huitres du banc d’Hardouin, la Earl les trois B, la Earl Ostreatlantique Nord Sud, l’entreprise individuelle Destrian Lea, l’entreprise individuelle Lafond Christophe, l’entreprise individuelle Mazurier Cyril, l’entreprise individuelle Nadeau Lionel, l’entreprise individuelle Ortiz Ludovic, l’Earl Picot, la société Aloir et Fille, C..., la SCEO Cap’Olivier, le comité national de la conchyculture, le comité régional de la conchyculture Arcachon Aquitaine, la communauté de communes des Grands Lacs, la communauté de communes du Val de l’Eyre, le syndicat mixte départemental d’équipement des communes des Landes, la société du bassin d’Arcachon assainissement, la société Saur, la société Agur, la société Suez Eau France, la commune de Carcans, la commune de Hourtin, la commune de Naujac-sur-Mer, la commune de Saint -Vivien-de-Médoc, à la SIAEPA de Castelnau-de-Médoc, la SIAEP de Saumos et du Temple, la commune de Brach, la commune du Porge, la commune de Sainte-Hélène, la commune de Saumos, la commune du Temple, le préfet la région Nouvelle-Aquitaine, le préfet de la Gironde, le préfet des Landes, le commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, la commune de Salaunes, la commune de Saint-Magne, la commune de Belin-Béliet, la commune de Lugos, la commune du Barp, la commune de Salles, la commune de Hostens, la commune de Biscarrosse et la commune de Sanguinet.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2024, la commune de Vendays-Montalivet demande sa mise hors de cause.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mai 2024, la commune du Verdon-sur-Mer demande sa mise hors de cause.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mai 2024, la commune de Soulac-sur-Mer, représentée par HMS Atlantique Avocats, demande sa mise hors de cause.
Elle soutient qu’en raison de son éloignement et du fait qu’elle ne fait pas partie du bassin versant du Bassin d’Arcachon ni l’un quelconque de ses réseaux de gestion des eaux pluviales et d’eaux usées elle ne saurait donc être concernée par les missions d’expertise demandées.
Par un mémoire enregistré le 16 mai 2024, la commune de Vensac demande sa mise hors de cause.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2024, la commune de Brach, demande sa mise hors de cause.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juin 2024, la commune d’Hourtin, représentée par Me William Tissot, déclare qu’elle ne s’oppose pas à la mesure d’expertise sollicitée sous réserves des protestations et réserves d’usage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2024, la commune de Parentis-en-Born, représentée par HMS Atlantique Avocats, conclut à titre principal à sa mise hors de cause et à titre subsidiaire fait part de ses plus expresses protestations et réserves quant à sa responsabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2024, la Communauté de communes des Grands Lacs, représentée par HMS Atlantique Avocats, déclare ne pas s’opposer à la mesure d’expertise sollicitée mais formule les plus expresses protestations et réserves quant à sa responsabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2024, la société SAUR, représentée par Me Cabanes, déclare ne pas s’opposer à la mesure d’expertise sollicitée mais formule les plus expresses protestations et réserves quant à sa responsabilité. Elle demande que la mission de l’expert soit complétée par le fait de donner son avis sur les solutions techniques préconisées pour éviter toute nouvelle contamination de la zone en norovirus et de déterminer et chiffrer les travaux nécessaires pour éviter toute nouvelle contamination de la zone en norovirus. Elle demande enfin la jonction des deux instances n°2402605 et n°2402695.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2024, la commune de Salles, représentée par Me Fouchet, demande à titre principal au juge des référés de la mettre hors de cause et à titre subsidiaire formule les plus expresses protestations et réserves quant à sa responsabilité. Elle demande enfin que les opérations d’expertise soient réalisées aux frais avancés des requérants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2024, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, représenté par Me Garancher, demande à titre principal au juge des référés de rejeter la requête, à titre subsidiaire de le mettre hors de cause et de condamner solidairement les requérants et le SIBA à lui verser la somme de 1500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2024, le Syndicat intercommunal d’aménagement des eaux du bassin versant des étangs du littoral girondin (SIAEBVELG), demande à titre principal au juge des référés de le mettre hors de cause et à titre subsidiaire formule les plus expresses protestations et réserves quant à sa responsabilité. Il demande enfin que les opérations d’expertise soient réalisées aux frais avancés des requérants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2024, la commune de Belin-Béliet, représentée par Me Laveissière, demande à titre principal au juge des référés de la mettre hors de cause et rejeter la demande de jonction des instances n°2402605 et 2402695 et à titre subsidiaire formule les plus expresses protestations et réserves quant à sa responsabilité. Elle demande enfin que les opérations d’expertise soient réalisées aux frais avancés des requérants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2024, la société du Bassin d’Arcachon Assainissement, représentée par Me Mabile et Me Emmanuel Tordjman, déclare qu’elle ne s’oppose pas à l’expertise sollicitée mais fait part de ses protestations et réserves d’usage. Elle demande que l’expertise soit limitée à l’échelle du bassin versant du Bassin d’Arcachon et que soit mis à la charge de l’ADEBA la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2024, la commune de Biscarosse demande à titre principal au juge des référés de la mettre hors de cause et à titre subsidiaire formule les plus expresses protestations et réserves quant à sa responsabilité. Elle demande enfin que les opérations d’expertise soient réalisées aux frais avancés des requérants.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Katz, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d’expertise sollicitée :
1. Aux termes du premier alinéa de l’article R. 532-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l’absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d’expertise ou d’instruction. (…) ».
2. Entre fin octobre et décembre 2023, des débordements des réseaux d’eaux usées ont été signalés tout autour du bassin d’Arcachon et ces débordements ont entrainé diverses pollutions sur le bassin d’Arcachon. L’association requérante soutient qu’elle est susceptible d’engager la responsabilité de l’administration à raison du dysfonctionnement des installations de gestion des eaux pluviales et des eaux usées dont a la charge le syndicat intercommunal du bassin d’Arcachon (SIBA) et que seraient susceptibles d’être indemnisés un préjudice écologique et un préjudice moral. Les mesures d’expertise sollicitées par la requérante, qui demande qu’un expert se prononce sur les causes du débordement des réseaux usées, gérés par le syndicat intercommunal du Bassin d’Arcachon (SIBA), qui a affecté plusieurs secteurs du Bassin d’Arcachon et provoqué des inondations et pollutions depuis le mois de décembre 2023, et propose des mesures propres à remédier aux débordements qui ont eu lieu, ne préjugent en rien des responsabilités encourues. Ces mesures sont utiles et entrent dans le champ d’application des dispositions précitées de l’article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dès lors, pour le juge des référés, d’y faire droit et de fixer la mission de l’expert comme précisé à l’article 1er de la présente ordonnance.
Sur les mises hors de cause :
3. L’association de défense des eaux du Bassin d’Arcachon (ADEBA) se plaint principalement du dysfonctionnement des ouvrages d’assainissement collectif et de gestion des eaux pluviales urbaines gérés par le SIBA. Si ce dernier demande, dans le dernier état de ses écritures, la mise en cause de la communauté de communes des Grands Lacs, de la communauté de communes du Val de l’Eyre, du syndicat mixte départemental d’équipement des communes des Landes, de la société du bassin d’Arcachon assainissement, de la société Saur, de la société Agur, de la société Suez Eau France, de la commune de Carcans, de la commune de Hourtin, de la commune de Naujac-sur-Mer, de la commune de Saint -Vivien-de-Médoc, de la SIAEPA de Castelnau-de-Médoc, de la SIAEP de Saumos et du Temple, de la commune de Brach, de la commune du Porge, de la commune de Sainte-Hélène, de la commune de Saumos, de la commune du Temple, du préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, du préfet de de la Gironde, du préfet des Landes, du commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, de la commune de Salaunes, de la commune de Saint-Magne, de la commune de Belin-Béliet, de la commune de Lugos, de la commune du Barp, de la commune de Salles, de la commune de Hostens, de la commune de Biscarrosse et de la commune de Sanguinet, afin que les opérations d’expertises soient réalisées au contradictoire de ces personnes, il ne démontre pas en quoi ces collectivités ou autorité auraient contribué aux dysfonctionnements dont se plaint l’ADEBA. Dans ces conditions, la présence aux opérations d’expertise des personnes morales et autorités précitées ne présente pas un caractère utile et il y a lieu de mettre celles-ci hors de cause.
Sur les dépens :
4. Tout d’abord, l’instance en cours n’a pas donné lieu à dépens. Ensuite, en application de l’article R. 621-13 du code de justice administrative, il appartient, non au juge des référés, mais au seul président de la juridiction administrative, lorsqu’il fixe les frais et honoraires de l’expertise, de désigner celle des parties qui devra s’en acquitter. Enfin, en vertu de l’article R. 761-1 de ce code, la mise à la charge définitive des dépens, au nombre desquels figurent les honoraires et frais d’expertise, ressortit à la compétence du juge du fond qui, sous réserve de dispositions spéciales et sauf circonstances particulières de l’affaire, doit mettre ces dépenses à la charge de la partie perdante. Par suite, les conclusions tendant à ce que le juge des référés statue sur les dépens ne peuvent qu’être rejetées.
Sur les frais de l’instance :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de rejeter l’ensemble des conclusions des parties présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : M. B... A... est désigné en qualité d’expert. Il aura pour mission :
1°) de se prononcer sur les causes exactes du phénomène d’inondations par ruissellement et de pollution des eaux qui a affecté le bassin d’Arcachon entre les mois d’octobre et décembre 2023 ;
2°) dans l’hypothèse où serait en cause un dysfonctionnement des ouvrages d’assainissement collectif et de gestion des eaux pluviales urbaines gérés par le SIBA ou une carence de ce syndicat, déterminer les mesures propres à remédier aux dysfonctionnements constatés.
3°) d’une façon générale recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l’examen des questions précédemment définies.
Article 2 : L’expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l’autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l’expert prêtera serment dans les formes prévues à l’article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : Les opérations d’expertise auront lieu contradictoirement entre l’Association de défense des eaux du bassin d’Arcachon et le syndicat intercommunal du Bassin d’Arcachon (SIBA).
Article 5 : L’expert avertira les parties conformément aux dispositions de l’article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L’expert communiquera aux parties les conclusions qu’il envisage de tirer des constatations auxquelles il a procédé. Cette communication sera réalisée par la transmission d’un pré-rapport ou selon toute autre modalité équivalente. Après avoir accordé aux parties un délai leur permettant de faire valoir leurs observations, l’expert recueillera et consignera leurs dires dans un rapport définitif. Il déposera le rapport définitif au greffe par voie électronique dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l’expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s’opérer sous forme électronique. L’expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 8 : Les frais et honoraires de l’expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l’ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée à l’Association de défense des eaux du bassin d’Arcachon, à la Earl Cap Huitres, à la Earl Laban, à la Earl les huitres du banc d’Hardouin, à la Earl les trois B, à la Earl Ostreatlantique Nord Sud, à l’entreprise individuelle Destrian Lea, à l’entreprise individuelle Lafond Christophe, à l’entreprise individuelle Mazurier Cyril, à l’entreprise individuelle Nadeau Lionel, à l’entreprise individuelle Ortiz Ludovic, à l’Earl Picot, à la société Aloir et Fille, à C..., à la SCEO Cap’Olivier, au Comité National de la Conchyculture, au Comité Régional de la Conchyculture Arcachon Aquitaine, au syndicat intercommunal à vocation unique alimentation eau potable Saint-Vivien de Médoc, au syndicat intercommunal du bassin d’Arcachon, à la communauté de communes des Grands Lacs, à la communauté de communes du Val de l’Eyre, au syndicat mixte départemental d’équipement des communes des Landes, à la société du bassin d’Arcachon assainissement, à la société Saur, à la société Agur, à la société Suez Eau France, à la SIAEPA du Médoc, à la SIAEP de Saint-Vivien du Médoc, à la commune de Carcans, à la commune de Hourtin, à la commune de Lacanau, à la commune de Naujac sur Mer, à la commune de Soulac-sur-Mer, à la commune de Vendays-Montalivet, à la commune du Verdon sur Mer, à la commune de Grayan et l’Hôpital, à la commune de Saint Vivien de Médoc, à la commune de Talais, à la commune de Vensac, à la SIAEPA de Castelnau-de-Médoc, à la SIAEP de Saumos, à la commune de Brach, à la commune du Porge, à la commune de Sainte-Hélène, à la commune de Saumos, à la commune du Temple, à la Préfecture de la région aquitaine, préfet de la gironde, à la Préfecture des Landes, préfète des Landes, au commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, à la commune de Salaunes, à la commune de Saint Magne, à la commune de Belin-Béliet, à la commune de Lugos, à la commune de Le Barp, à la commune de Salles, à la commune de Hostens, à la commune de Biscarrosse, à la commune de Sanguinet, à la commune de Parentis-en-Born, au syndicat mixte départemental d’équipement des communes des Landes, au syndicat intercommunal d’alimentation en eau potable et d’assainissement du Médoc, au syndicat intercommunal d’aménagement des eaux du bassin versant, au syndicat intercommunal d’alimentation en eau potable et d’assainissement, à la communauté de communes des Grands Lacs, au syndicat intercommunal à vocation unique alimentation eau potable et à M. B... A..., expert.
Fait à Bordeaux, le 5 décembre 2025.
Le juge des référés,
David Katz
La République mande et ordonne au Préfet de la Région Nouvelle Aquitaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,