lundi 6 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2402636 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL BIROT-RAVAUT ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 18 avril, le 17 juillet et le 8 août 2024, M. A C, représenté par Me Antoine Chambolle, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de prescrire une expertise médicale aux fins de déterminer l'imputabilité de sa neuromyélite optique au vaccin anti-COVID 19, déclenchée dans les suites de sa vaccination et d'évaluer l'ensemble de ses préjudices. Il demande en outre de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- l'expertise sollicitée est utile pour déterminer précisément les circonstances des séquelles liées à cette vaccination et afin d'évaluer et chiffrer l'ensemble de ses préjudices.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mai 2024, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Jane Birot, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. C les entiers dépens.
Il soutient que selon une expertise qu'il a diligentée le lien de causalité direct et certain entre la vaccination contre la Covid-19 dont a bénéficié M. C et la survenue de la neuromyélite optique est exclu ;
Par un mémoire, enregistré le 18 juillet 2024, la Caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde déclare qu'elle n'entend pas, à ce stade de la procédure, intervenir dans la présente instance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. Les 10 juin et 21 juillet 2021, M. C a bénéficié à l'âge de 22 ans de deux injections de vaccin Comirnaty produit par le laboratoire Pfizer contre la Covid-19. Dans la soirée du 21 juillet 2021, M. C a présenté un syndrome pseudo-grippal associé à des vomissements passagers. Le 19 août 2021 il a noté l'apparition de paresthésies soudaines intéressant les membres inférieurs jusqu'à l'hémithorax droit. M. C s'est rendu aux urgences de la Clinique Médipôle à Villeurbanne et a immédiatement été transféré vers l'Hôpital neurologique de Wertheimer où il est resté hospitalisé jusqu'au 27 septembre 2021, en raison de la dégradation de son état général. Les examens réalisés au cours de cette hospitalisation ont permis d'écarter le diagnostic de sclérose en plaque et d'infection virale. En revanche, l'IRM cérébrale effectuée a démontré un hyper signal Flair du nerf optique gauche et du chiasma optique sans atteinte clinique visuelle a permis de poser le diagnostic de myélite transverse subaiguë étendue du niveau C6 au cône terminal. Du 27 septembre 2021 au 13 mai 2022, M. C a été placé sous corticothérapie et rééducation fonctionnelle. Le 11 novembre 2022, une seconde poussée de sa maladie inflammatoire est apparue par la survenue d'une pseudo tumeur temporale et du tronc cérébral, secondairement hémorragique. Dans ce contexte, les médecins ont posé un nouveau diagnostic plus précis de neuromyélite optique. Pour obtenir réparation de son préjudice, M. C a saisi l'ONIAM. Ce dernier a diligenté une expertise de son propre chef confiée aux professeurs Aslangul et Denier qui conclut à l'absence de lien de causalité entre la vaccination et le préjudice de M. C. L'ONIAM soutient qu'une nouvelle expertise n'est pas utile. Cependant il résulte de l'instruction et notamment du rapport de l'organisme de pharmacovigilance américain (VAERS) qu'ont été répertoriés 16 évènements au cours desquels se sont manifestés des symptômes de neuromyélite optique dans les suites d'une vaccination Pfizer / Biontech. Le requérant, compte tenu des préjudices qu'il estime avoir subis suite à sa vaccination demande au juge des référés de désigner un expert aux fins de déterminer les conditions de sa prise en charge et d'évaluer et chiffrer l'ensemble de ses préjudices devant être indemnisés par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM). Par suite, la mesure d'expertise médicale judiciaire demandée par le requérant, qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, est utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dès lors, pour le juge des référés, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les dépens :
3. Tout d'abord, l'instance en cours n'a pas donné lieu à dépens. Ensuite, en application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, il appartient, non au juge des référés, mais au seul président de la juridiction administrative, lorsqu'il fixe les frais et honoraires de l'expertise, de désigner celle des parties qui devra s'en acquitter. Enfin, en vertu de l'article R. 761-1 de ce code, la mise à la charge définitive des dépens, au nombre desquels figurent les honoraires et frais d'expertise, ressortit à la compétence du juge du fond qui, sous réserve de dispositions spéciales et sauf circonstances particulières de l'affaire, doit mettre ces dépenses à la charge de la partie perdante. Par suite, les conclusions tendant à ce que le juge des référés statue sur les dépens ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
4. En l'absence de partie perdante, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : Le docteur D E (neurologue) et le professeur F B (pharmacologue) sont désignés en qualité d'expert. Ils auront pour mission :
1°) de se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de M. A C et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, et aux diagnostics pratiqués sur lui lors de sa vaccination les 10 juin et 21 juillet 2021 puis lors de ses prises en charge par la clinique Médipôle à Villeurbanne, par l'hôpital neurologique de Wertheimer puis par le centre de rééducation de la Tour de Gassies et lors de son hospitalisation en neurologie du 23 novembre au 6 décembre 2022 ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de M. C ainsi qu'à son examen clinique ;
2°) de décrire l'état de santé de M. C et les soins et prescriptions antérieurs à sa vaccination les 10 juin et 21 juillet 2021 ; de décrire l'état de santé de M. C lors de ses prises en charge par la clinique Médipôle à Villeurbanne, par l'hôpital neurologique de Wertheimer puis par le centre de rééducation de la Tour de Gassies et lors de son hospitalisation en neurologie du 23 novembre au 6 décembre 2022 ;
3°) de donner son avis sur le point de savoir si le dommage corporel constaté a un rapport avec l'état initial de M. C, ou l'évolution prévisible de cet état ;
4°) d'indiquer au regard des données acquises de la science actuelles si la vaccination anti Covid 19 Pfizer est susceptible d'être en lien avec la neuromyélite optique diagnostiquée dans les suites chez M. C ; Dans l'affirmative, préciser si ce vaccin a pu être à l'origine de cette maladie ou d'une révélation plus précoce, d'une accélération ou d'une aggravation de sa forme ;
5°) En l'absence de lien entre la vaccination et la maladie développée par M. C, préciser si ces conclusions peuvent être amenées à évoluer en fonction de la littérature scientifique à venir ;
6°) de dire si l'état de M. C est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;
7°) dire si l'état de santé de M. C a entraîné des déficits fonctionnels temporaires résultant de troubles physiologiques ou psychologiques et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ; préciser, s'il y a lieu, la part des déficits imputables à une erreur, une négligence ou un manquement dans la prise en charge du patient, ou encore à un accident non fautif ;
8°) de donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément spécifique, préjudice sexuel, préjudice psychologique) et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté ou à un acte médical non fautif de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée ;
9°) de donner son avis sur la répercussion de l'incapacité médicalement constatée sur la vie personnelle et professionnelle de M. C et si le cas échéant l'aide d'une tierce personne à domicile est nécessaire ainsi que des soins postérieurs à la consolidation de son état de santé ;
10°) d'une façon générale recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies.
Article 2 : Les experts accompliront leur mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Ils ne pourront recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, les experts prêteront serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre M. C, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde.
Article 5 : Les experts avertiront les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert communiquera aux parties les conclusions qu'il envisage de tirer des constatations auxquelles il a procédé. Cette communication sera réalisée par la transmission d'un pré-rapport ou selon toute autre modalité équivalente. Après avoir accordé aux parties un délai leur permettant de faire valoir leurs observations, l'expert recueillera et consignera leurs dires dans un rapport définitif. Il déposera le rapport définitif au greffe par voie électronique dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, à l'association MSA Tutelle, à l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde, au docteur D E et au professeur F B, experts.
Fait à Bordeaux, le 6 janvier 2025.
Le juge des référés,
David Katz
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026