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Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2402649

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2402649
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantJOUTEAU

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bordeaux a été saisi par Mme C d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté du préfet de la Gironde du 20 octobre 2023 lui refusant un titre de séjour et l’obligeant à quitter le territoire. Le préfet ayant abrogé cet arrêté le 10 juin 2024, la requérante s’est désistée de ses conclusions principales. Le tribunal a donné acte de ce désistement et a condamné l’État à verser 1 200 euros à son avocate au titre des frais de justice, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les 18 avril, 18 et 20 juin 2024, Mme A C, représentée par Me Jouteau, avocate, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 octobre 2023 par lequel le préfet de la Gironde lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée à défaut de se conformer à cette mesure ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 10, 13 et 24 juin 2024, le préfet de la Gironde informe le tribunal que l'arrêté du 20 octobre 2023 a fait l'objet d'un arrêté d'abrogation en date du 10 juin 2024 et conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions tendant au versement des frais liés au litige.

Par un mémoire, enregistré le 4 juillet 2024, Mme C informe le tribunal qu'elle prend acte de cette abrogation mais maintient ses conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif (), les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : 1° Donner acte des désistements ; () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

2. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 10 juin 2024, postérieur à l'introduction de la requête, le préfet de la Gironde a abrogé l'arrêté attaqué par lequel il a rejeté la demande de délivrance d'un titre de séjour présentée par Mme C, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle serait éloignée à défaut de se conformer à la date obligation. Par un mémoire enregistré le 4 juillet 2024, Mme C prend acte de l'abrogation de l'arrêté attaqué et précise maintenir sa requête en tant qu'elle porte sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle doit ainsi être regardée comme s'étant désistée de ses conclusions aux fins d'annulation et d'injonction. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à Me Jouteau, sous réserve qu'elle renonce à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle, en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions à fin d'annulation et d'injonction de Mme C.

Article 2 : L'Etat versera à Me Jouteau la somme de 1 200 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C, au préfet de la Gironde et à Me Jouteau.

Fait à Bordeaux, le 1er octobre 2024.

Le président de la 1ère chambre

M. B

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,