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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2403069

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2403069

vendredi 7 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2403069
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantROUGET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 mai 2024, complétée par des pièces enregistrées le 27 mai 2024, le syndicat mixte des ports du bassin d'Arcachon (SMPBA), demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner à la société Gagnette Fishing, propriétaire du navire " Le Gagnette " de libérer le domaine public portuaire occupé par ce navire dans un délai de quarante-huit-heure suivant l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard.

Il soutient que :

- le navire " Le Gagnette " occupe un emplacement du port sans droit ni titre, cet emplacement ayant été attribué, par la voie d'une autorisation temporaire d'occupation du domaine public, à un tiers ; ce tiers est empêché d'occuper l'emplacement en cause et se trouve également empêché d'accoster ; l'urgence est donc constituée ; l'occupation du domaine public se fait sans droit ni titre et en méconnaissance des règlements et des injonctions de l'autorité.

Par mémoire en défense enregistré le 29 mai 2024, la société Gagnette Fishing, représentée par M. A, demande au juge des référés :

1°) de rejeter la requête ;

2°) à titre reconventionnel, d'enjoindre au SMPBA de lui accorder le droit d'occuper une place au sein du port de Cassy jusqu'à ce que les décisions litigieuses aient fait l'objet d'une décision de justice devenue définitive, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte ;

3°) de mettre à la charge du SMPBA la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;

- il existe une contestation sérieuse dès lors que les décisions de refus de renouvellement de son autorisation d'occupation temporaire du domaine public sont illégales et qu'elle les a contestées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code des transports ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Katz, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, le 30 mai 2024 à 14h00, en présence de Mme Gioffré, greffière :

- le rapport de M. Katz, juge des référés ;

- les observations de M. B, représentant le SMPBA ;

- et les observations de Me A représentant la SARL Gagnette Fishing.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions de la requête :

1. Aux termes de l'article R. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi, sur le fondement de ces dispositions, de conclusions tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'occupants sans titre du domaine public, le juge des référés y fait droit dès lors qu'au jour où il statue, la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité.

2. D'une part, il résulte de l'instruction que le navire " Le Gagnette ", qui est la propriété de la société Gagnette Fishing, occupe sans droit ni titre l'emplacement n° D31C du port de Cassy, alors que cet emplacement a été attribué, par la voie d'une autorisation temporaire d'occupation du domaine public contre redevance, à un tiers. Il est constant que ce tiers ne peut user de cet emplacement. En conséquence, et compte tenu de l'intérêt public attaché à la gestion du domaine portuaire, les conditions d'urgence et d'utilité sont remplies.

3. D'autre part, la circonstance que la société Gagnette Fishing a contesté devant le tribunal administratif, par des recours qui sont encore pendants, les refus de renouvellement de l'autorisation d'occupation du domaine public dont elle bénéficiait, ne saurait constituer une contestation sérieuse s'opposant à la mesure sollicitée par le SMPBA, dès lors qu'une annulation de ces refus n'entrainerait pas nécessairement la délivrance de l'autorisation sollicitée et que la société défenderesse ne peut se prévaloir d'aucun droit à bénéficier d'une autorisation du domaine public sur l'emplacement portuaire qu'elle occupe actuellement. En outre, la circonstance que la société Gagnette Fishing a connu des difficultés est sans incidence. Par suite, la mesure sollicitée par le SMPBA ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

4. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à la société Gagnette Fishing de libérer, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, l'emplacement occupé irrégulièrement par le navire " Le Gagnette " sur le port de Cassy, sous astreinte de 50 euros par jours de retard. A défaut pour la société Gagnette Fishing d'avoir libérer les lieux dans ce délai, le SMPBA pourra recourir à la force publique pour faire procéder à la libération de l'emplacement concerné.

Sur les conclusions reconventionnelles présentées par la société Gagnette Fishing :

5. Comme indiqué au point 3, l'issue des recours formés contre le refus de renouveler l'autorisation d'occupation du domaine public dont bénéficiait la société Gagnette Fishing n'a aucune influence sur le présent litige. Par suite, et en tout état de cause au regard de l'urgence, les conclusions reconventionnelles présentées par cette société tendant à différer l'injonction prononcée par la présente ordonnance doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du SMPBA qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint à la société Gagnette Fishing de libérer, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, l'emplacement n° D31C du port de Cassy actuellement occupé par le navire " Le Gagnette ", sous astreinte de 50 euros par jour de retard. A l'expiration de ce délai de sept jours, le SMPBA pourra procéder à l'enlèvement de ce navire et le placer dans l'enceinte sécurisée du port aux frais et risques de la société Gagnette Fishing.

Article 2 : Les conclusions reconventionnelles de la société Gagnette Fishing et ses conclusions tendant au bénéfice d'une somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat mixte des ports du bassin d'Arcachon et à la société Gagnette Fishing.

Fait à Bordeaux, le 7 juin 2024.

Le juge des référés,

D. Katz

La greffière,

C. Gioffré La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme :

La greffière, 3

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