LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2404501

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2404501

mardi 30 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2404501
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantSCP CORNILLE - FOUCHET - MANETTI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a été saisi en référé provision par la société TMH, titulaire du lot n°4 d'un marché public de construction, afin d'obtenir le paiement de travaux supplémentaires qu'elle estimait dus. La commune du Taillan-Médoc s'opposait à cette demande, arguant que ces travaux avaient été intégrés et soldés par un avenant signé par la société. Le juge des référés a rejeté la requête, considérant que l'avenant n°2, signé par la société TMH, constituait un accord contractuel synallagmatique et non un acte unilatéral, et que la mention "sous réserve de réclamation" ne permettait pas de remettre en cause l'accord financier ainsi conclu. En conséquence, l'obligation de paiement invoquée par la société TMH a été jugée comme sérieusement contestable, ne remplissant pas les conditions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative pour l'octroi d'une provision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 juillet 2024 et un mémoire enregistré le 31 juillet 2025, la société TMH, représentée par Me Manetti, demande au juge des référés :

1°) de condamner la commune du Taillan-Médoc à lui verser une provision de 103.572,96 euros TTC assortie des intérêts moratoires dus à la date de réception de son mémoire de réclamation par la commune dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de la commune du Taillan-Médoc une somme de 3 000 euros au titre des frais exposés pour l’instance.

Elle soutient que :
- elle a droit à une juste rémunération des travaux supplémentaires qu’elle a réalisés conformément aux dispositions des articles L. 2194-3 du code de la commande publique et 14 du CCAG dès lors que ceux-ci lui ont été demandés ou étaient indispensables à la réalisation de l’ouvrage dans les règles de l’art ;
- elle a droit au paiement des intérêts moratoires conformément aux dispositions de l’alinéa 2 de l’article 10.3 du CCAP ;
- l’avenant n°2 ne lui est pas opposable dès lors qu’en le signant avec réserves, elle n’a pas renoncé à ses précédentes réclamations ;
- le retard avec lequel les travaux ont été achevés ne lui est pas imputable.

Par des mémoires en défense enregistrés les 11 juin et 25 septembre 2025, la commune du Taillan-Médoc, représentée par la société HMS Atlantique Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société TMH au titre des frais exposés pour l’instance.

Elle soutient que :
Les travaux supplémentaires relatifs à la modification de la terre d’argile ou encore aux moins-values financières induites par la suppression de certaines prestations dont la requérante demande le paiement ont été pris en compte dans l’avenant n°2 et leur montant ne peut dès lors plus être contesté ;
Ces travaux ne lui ont pas été demandés, n’étaient pas indispensables à la réalisation de l’ouvrage dans les règles de l’art mais ont fait, au contraire l’objet d’une opposition du maître d’œuvre ; en outre, leur montant n’est pas établi ;
Les travaux ayant été achevés avec 75 jours de retard qui sont imputables à la société TMH, elle est susceptible d’infliger à cette société des pénalités d’un montant pouvant aller jusqu’à 60 000 euros dès lors que le décompte général du marché n’a pas été établi.


Vu :
- le code civil ;
- le code de la commande publique ;
- l’arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Manuel Bourgeois, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé en application des dispositions du livre V du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 541-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, même en l’absence d’une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l’a saisi lorsque l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable. Il peut, même d’office, subordonner le versement de la provision à la constitution d’une garantie ». Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s’assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l’existence avec un degré suffisant de certitude.

2. Par un acte d’engagement du 9 février 2021, le lot n° 4 « Mur en pisé enduit terre » du marché de construction d’un groupe scolaire écoresponsable et performant sur le territoire de la commune du Taillan-Médoc a été attribué à la société TMH. Par avenant n°2 du 30 août 2023, le montant de ce marché a été réduit de 492 066, 24 euros à 391 818, 50 euros TTC. La réception des travaux est intervenue le 20 octobre 2023 et les réserves qu’elle comportait ont été levées le 19 avril 2024. La société TMH demande au tribunal de condamner la commune du Taillan-Médoc à lui verser une provision de 103.572,96 euros TTC au titre des travaux supplémentaire ou modifiés qu’elle a dû réaliser.

Sur l’avenant n°2 :

3. Aux termes de l’article 1102 du code civil : « Chacun est libre de contracter ou de ne pas contracter, de choisir son cocontractant et de déterminer le contenu et la forme du contrat dans les limites fixées par la loi. » L’article 1104 du même code précise que : « Les contrats doivent être négociés, formés et exécutés de bonne foi. »

4. L’avenant n°2 au marché dont s’agit « a pour objet la prise en compte des contraintes techniques relatives à la fabrication du pisé des murs, contraignant à la modification de la provenance de la terre d'argile pour la fabrication de pisé (remplacement de l'argile « Barp » par de l'argile « Storm ») et entraînant la suppression de certaines prestations » et constate l’accord des parties sur une moins-value globale sur le montant du lot n°4 de 100 247,74 euros. Cet avenant a été signé par la société requérante avec la mention « sous réserve de réclamation ».

5. La société TMH soutient qu’en signant ainsi sous réserve cet avenant, elle ne peut être regardé comme ayant renoncé aux réserves qu’elle a précédemment formulé sur le paiement des travaux supplémentaires qu’elle a réalisés. Toutefois, cet avenant ne constitue pas un acte unilatéralement décidé par l’acheteur à l’égard duquel il lui appartenait de signer en formulant des réserves en cas de désaccord conformément aux dispositions du cahier des clauses administratives générales applicable (CCAG Travaux) mais une modification synallagmatique du contrat qui acte l’accord notamment financier des parties sur son contenu. Par suite, en cas de désaccord avec le contenu de cet avenant, il appartenait à la société requérante de refuser de le signer. Au demeurant, la mention « sous réserve de réclamation » ne permet aucunement, eu égard à son caractère particulièrement lapidaire, de fixer les limites que la société aurait ainsi entendu apporter à son consentement au contenu de cet avenant.

6. Il résulte de ce qui précède, d’une part, que la société requérante ne pouvait plus demander le paiement des sommes qu’elle réclame au titre des contraintes techniques relatives à la fabrication du pisé des murs et au remplacement de l’argile choisi, en particulier les sommes de 9 909, 12 € HT au titre de l’excavation des terres, mélangés et stockés, non mise en œuvre à la suite de la suppression de certains travaux, de 14 926, 17 € HT au titre de ses pertes d’exploitation et de 7 515 € HT relatif au changement de couleur de l’argile « Barp » alors, au demeurant, concernant cette dernière somme correspondant au devis n°1 du 22 mars 2021, que les travaux correspondant n’ont pas été retenus puisque le choix a finalement été fait de remplacement cet argile par de l’argile Storm, raison pour laquelle, la société a établi un devis n°2 dès le 7 avril suivant pour une somme de 33.007,60 euros dont il ressort de ses propres écritures qu’elle en obtenu le paiement.

7. D’autre part, il résulte également de la signature par la société de l’avenant n°2 que celle-ci ne peut plus contester la moins-value constatée sur le montant du lot n°4, en dépit de la prise en compte des travaux mentionnés au point précédent, pour un montant total de 100 247, 74 euros TTC quand bien même elle avait précédemment formulé des réserves sur les ordres de services constatant des moins-values.

8. Enfin, après prise en compte de ces moins-values, le montant total du marché s’élevait à la somme de 391 818,5 euros TTC. Or il ressort du projet de décompte final établi par la société TMH qu’elle a d’ores et déjà perçu une somme de 407 468,29 euros TTC en paiement des travaux qu’elle a réalisés. La société était donc redevable à la commune, avant prise en compte d’éventuels travaux supplémentaires non pris en compte dans l’avenant n°2 d’une somme de 15 649,79 euros.

Sur l’augmentation de l’épaisseur des murs (Devis n°3) :

9. Lorsque le titulaire d’un marché public de travaux conclu à prix global et forfaitaire exécute des travaux supplémentaires à la demande, y compris verbale, du maître d’ouvrage ou du maître d’œuvre, il a droit au paiement de ces travaux, quand bien même la demande qui lui en a été faite n’a pas pris la forme d’un ordre de service notifié conformément à ce que prévoient en principe les stipulations de l’article 14 du CCAG Travaux. En revanche, lorsque le titulaire du marché exécute de sa propre initiative des travaux supplémentaires, il n’a droit au paiement de ces travaux que s’ils étaient indispensables à la réalisation de l’ouvrage dans les règles de l’art

10. D’une part, la société soutient que, par courriel du 6 septembre 2021, le maître d’œuvre lui a demandé d’augmenter l’épaisseur des murs ainsi qu’elle le réclamait. Il ressort toutefois de ce courriel qu’il avait seulement pour objet de réclamer à la société un devis intégrant les moins-values consécutives à la réduction de la taille des murs et murets « en intégrant la plus-value déjà signée du devis pour re-formulation de la terre ». D’autre part, si la société TMH fait valoir qu’elle n’a cessé d’alerter le maître d’ouvrage sur les risques inhérents aux épaisseurs de murs contractuellement prévus et que la réalisation des travaux correspondants n’est pas contestée en défense, elle ne produit pas d’éléments permettant de considérer que cette augmentation de l’épaisseur des murs était indispensable à la réalisation de l’ouvrage dans les règles de l’art alors que le maître d’œuvre s’est au contraire opposé, par ordre de service n°4, à la réalisation des travaux correspondant ainsi qu’à l’ajout de sapins de renfort et de geo-grille. Au demeurant, la société n’établit pas davantage pour quel motif elle réclame à ce titre le paiement d’une somme de 43 811,87 euros HT correspondant à son devis n°3 « actualisé » alors que le devis n°3 qu’elle a présenté au maître d’ouvrage le 7 septembre 2021 ne s’élevait, pour les mêmes travaux, qu’à la somme de 10 274,71euros HT.

11. Enfin, si la société soutient que la commune lui a demandé de réaliser d’autre travaux supplémentaires pour un montant total de 35 301,26 euros, elle ne produit aucun élément permettant de considérer que ces travaux lui ont effectivement été demandés ou qu’ils étaient indispensables à la réalisation de l’ouvrage dans les règles de l’art.

12. Il résulte de tout ce qui précède que cette société ne justifie pas être titulaire à l’égard de la commune du Taillan-Médoc d’une créance non sérieusement contestable alors, au demeurant, qu’aucun décompte général du marché, susceptible de prévoir des pénalités de retard à l’encontre de la société TMH, dont les travaux ont été achevés avec 75 jours de retard, n’a encore été établi ainsi que le fait valoir le maître d’ouvrage,

13. Dans ces conditions, la requête de la société TMH doit être rejetée, y compris ses conclusions tendant à l’application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

14. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la société requérante une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de la société TMH est rejetée.


Article 2 : La société TMH versera à la commune du Taillan-Médoc une somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.




Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société TMH et à la commune du Taillan-Médoc.

Fait à Bordeaux le 30 septembre 2025.

Le juge des référés,





M. A...


La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière


Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions