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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2404515

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2404515

jeudi 20 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2404515
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSCP BOUYSSOU ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2024, la commune de Nontron, représentée par Me Vincent Malbert, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise aux fins de décrire l'ensemble des désordres affectant le revêtement de ses courts de tennis n°3 et n°4 situés sur la parcelle cadastrée section AC n°71 sur le territoire de la commune de Saint-Martial-de-Valette, de déterminer les causes de ces désordres, de déterminer et chiffrer les travaux nécessaires pour remédier aux désordres constatés et d'évaluer les préjudices de toute nature qu'elle a subis.

Elle soutient que :

- Elle a confié le 27 avril 2021 les travaux de rénovation de deux courts de tennis n°3 et n°4 à la société Terres de sport Distribution pour un total de 11 286 euros.

L'association Tennis Club Le Gui a pris possession des terrains le 29 mai 2021 pour le compte de la commune.

Peu de temps après ces travaux complets de rénovation, des désordres évolutifs sont progressivement apparus, caractérisés notamment par des boursoufflures des revêtements des courts, rendant ces derniers impropres à leur utilisation.

Les démarches amiables envers la société Terre de sport Distribution se sont révélées infructueuses. Le 1er juin 2023 la commune a fait dresser un procès-verbal de constat, par Me Gaboriau Commissaire de justice.

- s'agissant de difficultés d'exécution d'une commande publique, l'expertise est utile dans le cadre d'un litige ultérieur devant le juge du fond dans le cadre d'une action liée à l'exécution ou dans le cadre d'une action indemnitaire.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 août 2024, la société Terres de Sports Distribution, représentée par Me Dorothée Bondat, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise mais formule les plus expresses protestations et réserves d'usage, notamment quant à sa reconnaissance de responsabilité. Elle demande en outre que la commune de Nontron soit condamnée aux entiers dépens.

La requête a été communiquée à l'association Tennis Club Le Gui qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. David Katz, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur la mesure d'expertise sollicitée :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".

2. Le 27 avril 2021 la commune de Nontron a confié les travaux de rénovation de deux courts de tennis n°3 et n°4 à la société Terres de sport Distribution pour un total de 11 286 euros. L'association Tennis Club Le Gui a pris possession des terrains le 29 mai 2021. Malheureusement, peu de temps après ces travaux complets de rénovation, des désordres évolutifs sont progressivement apparus, caractérisés notamment par des boursoufflures des revêtements des courts, rendant ces derniers impropres à leur utilisation. Les démarches amiables envers la société Terre de sport Distribution se sont révélées infructueuses. Le 1er juin 2023 la commune de Nontron a fait dresser un procès-verbal de constat, par Me Gaboriau Commissaire de justice.

3. La commune de Nontron sollicite, par la présente requête, l'organisation d'une expertise aux fins de décrire l'ensemble des désordres affectant le revêtement de ses courts de tennis n°3 et n°4 situés sur la parcelle cadastrée section AC n°71 sur le territoire de la commune de Saint-Martial-de-Valette, de déterminer les causes de ces désordres, de déterminer et chiffrer les travaux nécessaires pour remédier aux désordres constatés et d'évaluer les préjudices de toute nature qu'elle a subis. La mesure d'expertise sollicitée, qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, est utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite il y a lieu, dès lors, de faire droit à cette demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

Sur les dépens :

4. Tout d'abord, l'instance en cours n'a pas donné lieu à dépens. Ensuite, en application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, il appartient, non au juge des référés, mais au seul président de la juridiction administrative, lorsqu'il fixe les frais et honoraires de l'expertise, de désigner celle des parties qui devra s'en acquitter. Enfin, en vertu de l'article R. 761-1 de ce code, la mise à la charge définitive des dépens, au nombre desquels figurent les honoraires et frais d'expertise, ressortit à la compétence du juge du fond qui, sous réserve de dispositions spéciales et sauf circonstances particulières de l'affaire, doit mettre ces dépenses à la charge de la partie perdante. Par suite, les conclusions tendant à ce que le juge des référés statue sur les dépens ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E

Article 1er : M. B A, est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :

1°) de se rendre sur les lieux ; d'entendre les parties et tous sachants ; de prendre connaissance de tous documents utiles, notamment les pièces contractuelles, à la bonne fin de l'expertise ;

2°) de dresser un état descriptif technique et qualitatif précis des travaux réalisés ; de dire si ces travaux présentent des dégradations, vices ou désordres ;

3°) de décrire l'ensemble de désordres affectant les deux courts de tennis n° 3 et n° 4 appartenant à la commune de Nontron, situés sur la parcelle cadastrée section AC n° 71 sur la commune de Saint-Martial-de-Valette ; de déterminer leur date d'apparition ; de dire s'ils compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination ; préciser si ces désordres sont évolutifs ; dire si des désordres actuellement non apparents sont susceptibles de survenir, en indiquant le degré de probabilité et les délais vraisemblables d'une telle éventualité ;

4°) de déterminer les causes de ces désordres, en précisant si et, le cas échéant, dans quelle mesure, ils sont imputables à des erreurs de conception, à des déficiences dans l'exécution ou le contrôle des travaux ou à toute autre cause ; de dire si les travaux ont été conduits conformément aux documents contractuels et aux règles de l'art ; En cas de pluralité de causes, déterminer la part imputable à chacune d'entre elles (pourcentage) ;

5°) de déterminer et chiffrer les travaux nécessaires pour remédier aux désordres constatés, en précisant la plus-value éventuelle apportée par ces travaux ;

6°) d'évaluer les préjudices de toute nature, directs ou indirects, matériels ou immatériels subis par la commune de Nontron, en conséquence directe et certaine des désordres relevés ou pouvant résulter des travaux de remise en état ;

7°) de dire si des travaux urgents sont nécessaires soit pour empêcher l'aggravation des désordres et du préjudice qui en résulte, soit pour prévenir les dommages aux biens ; dans l'affirmative, de décrire ces travaux de sauvegarde nécessaires et d'en faire une estimation sommaire ; de dire, le cas échéant, si les éventuels travaux de reprise entraînent une plus-value ou une amélioration de l'ouvrage, et la chiffrer ;

8°) d'une façon générale, de recueillir tout élément et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre la commune de Nontron, la société Terre de sport Distribution et l'association Tennis Club Le Gui.

Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.

Article 6 : L'expert communiquera aux parties les conclusions qu'il envisage de tirer des constatations auxquelles il a procédé. Cette communication sera réalisée par la transmission d'un pré-rapport ou selon toute autre modalité équivalente. Après avoir accordé aux parties un délai leur permettant de faire valoir leurs observations, l'expert recueillera et consignera leurs dires dans un rapport définitif. Il déposera le rapport définitif au greffe par voie électronique dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.

Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.

Article 8 : Le surplus des conclusions de la société Terres de Sports Distribution est rejeté.

Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Nontron, à la société Terre de sport Distribution, à l'association Tennis Club Le Gui et à M. B A, expert.

Fait à Bordeaux, le 20 février 2025.

David Katz,

Juge des référés,

La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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