jeudi 22 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2405118 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BORDERIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 août 2024, la commune de Gujan-Mestras, prise en la personne de son maire en exercice, représentée par Me Borderie, avocat, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'ordonner l'expulsion de MM. Laurent, Lucien et Allan Klissing ainsi que tous occupants sans droit ni titre de l'aire de stationnement située sur le complexe sportif Chante-Cigale, près de l'anneau de vitesse, route des sports, sur son territoire sous astreinte de 300 euros par jour de retard, et de mettre à leur charge solidaire la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- un groupe de véhicules s'est installé sur ses installations sportives en procédant à des branchements illégaux sur le réseau d'électricité, créant un danger pour la sécurité publique, et notamment un risque d'incendie ;
- l'absence d'accessibilité des occupants à la distribution d'eau potable, d'installations sanitaires et d'équipements de collecte sanitaire génère un risque pour la salubrité publique ;
- l'occupation porte atteinte au bon fonctionnement des activités de l'établissement et représente un risque de trouble à l'ordre public, à la sécurité et à la salubrité publiques.
Vu :
- les pièces desquelles il ressort que la requête a été communiquée aux occupants ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code pénal ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 22 août 2024 à 15h00, en présence de Mme Gioffré, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de M. Delvolvé, juge des référés ;
- les observations de Me Borderie, représentant commune de Gujan-Mestras, qui persiste dans ses conclusions.
Les occupants de l'aire de stationnement située sur le complexe sportif Chante-Cigale, près de l'anneau de vitesse, route des sports, sur le territoire de la commune de Gujan-Mestras n'étaient ni présents, ni représentés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de ces dispositions qui lui permettent de prononcer éventuellement une astreinte, d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
2. Il ressort d'un procès-verbal de constat dressé par les services de la police municipale de Gujan-Mestras le 8 août à 18h15, d'un rapport d'infraction dressé par ces mêmes services le 9 août 2024 à 9h00 que l'aire de stationnement située sur le complexe sportif Chante-Cigale, près de l'anneau de vitesse, route des sports, sur le territoire de la commune du Gujan-Mestras est occupée par un groupe de personnes constitué notamment de MM. Laurent, Lucien et Allan Klissing qui y stationne pour y résider de façon temporaire, sans autorisation, une quinzaine de véhicules et de caravanes.
3. Il résulte de l'instruction que la commune de Gujan-Mestras est propriétaire de l'installation sportive en litige, laquelle est affectée au service public du sport. Ladite parcelle n'est donc pas manifestement insusceptible d'appartenir au domaine public de la collectivité.
4. Il résulte également de l'instruction que les occupants de ce site ont procédé à des branchements électriques sauvages en se raccordant à un compteur d'un bâtiment situé sur la parcelle. Ce branchement dessert les caravanes par un réseau de câbles mal isolés et courant à même le sol, sans protection, générant un risque important d'incendie. Il suit de là que l'occupation de la parcelle concernée génère un risque important tant pour la sécurité publique.
5. Il suit des points précédents que les conditions d'urgence et d'utilité exigées par l'article L. 521-3 du code de justice administrative sont satisfaites.
6. Enfin, eu égard à ce qui vient d'être dit, la mesure d'expulsion sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la commune de Gujan-Mestras est fondée à demander qu'il soit enjoint à MM. Laurent , Lucien et Allan Klissing et à tous occupants sans droit ni titre de l'aire de stationnement située sur le complexe sportif Chante-Cigale, près de l'anneau de vitesse, route des sports, sur son territoire de quitter ce site dans un délai de 24 heures à compter de la notification de la présente ordonnance, et qu'il soit procédé à leur expulsion, y compris avec le concours de la force publique, à l'expiration de ce délai ainsi que de remettre les lieux en l'état. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par personne et par jour de retard.
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme de 1 000 euros à la charge solidaire de MM. Laurent, Lucien et Allan Klissing et de tous occupants de la parcelle en litige, à verser à la commune de Gujan-Mestras, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Il est enjoint à MM. Laurent, Lucien et Allan Klissing et à tous occupants sans droit ni titre de l'aire de stationnement située sur le complexe sportif Chante-Cigale, près de l'anneau de vitesse, route des sports, situé sur le territoire de la commune de Gujan-Mestras (33) dans un délai de 24 heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par personne et par jour de retard, sous peine d'en être expulsés avec le concours de la force publique.
Article 2 : La somme de 1 000 euros est mise à la charge solidaire de MM. Laurent, Lucien et Allan Klissing et de tous occupants sans droit ni titre de l'aire de stationnement située sur le complexe sportif Chante-Cigale, près de l'anneau de vitesse, route des sports, situé sur le territoire de la commune de Gujan-Mestras (33) en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Gujan-Mestras, à MM. Laurent, Lucien et Allan Klissing et à tous occupants sans droit ni titre de l'aire de stationnement située sur le complexe sportif Chante-Cigale, près de l'anneau de vitesse, route des sports, situé sur le territoire de la commune de Gujan-Mestras (33).
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 22 août 2024.
Le juge des référés,
Ph. Delvolvé La greffière,
C. Gioffré
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026