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Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2406257

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2406257
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la demande de suspension présentée par M. B, qui contestait le refus de l'université de Bordeaux de l'admettre en première année de master "droit de la santé". Le juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a estimé qu'aucun des moyens soulevés (incompétence, défaut d'impartialité, erreur manifeste d'appréciation) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées. La condition d'urgence n'a pas été examinée. La requête a été rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 octobre 2024, M. A B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision de refus d'admission en première année de master mention " droit de la santé " au titre de l'année 2024-2025 du 23 juillet 2024, ensemble la décision rejetant son recours gracieux du 11 septembre 2024 ;

2°) d'enjoindre à l'université de Bordeaux de le réintégrer dans le Master 1 droit de la santé le temps du jugement de la requête en annulation.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors que l'absence de réinscription lui fait perdre un temps précieux et considérable pour réviser ses potentiels examens du premier semestre qui auraient lieu dans moins de deux mois ; son avenir professionnel est mis en péril faute de possibilité d'accéder à un autre Master similaire ; l'incertitude quant à sa situation étudiante engendre des difficultés psychologiques difficiles à surmonter ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension est demandée ; la décision est entachée d'incompétence dès lors qu'aucun élément ne précise la compétence, la composition et les modalités de convocation des membres du jury ; la décision n'a pas été soumise à l'avis de l'ensemble de l'équipe pédagogique, ce qui crée un doute sérieux quant à l'impartialité de la décision de refus de redoublement rendant par conséquent la décision entachée d'incompétence ; la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation car il n'a été tenu compte ni du justificatif médical, ni de sa situation personnelle, ni de la progression des notes entre le premier et le second semestre, ni de l'avis de l'ensemble de l'équipe pédagogique.

Par un mémoire enregistré le 18 octobre 2024, l'université de Bordeaux conclut au rejet de la requête.

Elle soutient :

- la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision.

Vu :

- la requête enregistrée le 5 octobre 2024 sous le n° 2406255 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision contestée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Gay, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le vendredi 18 octobre 2024 à 14h30, en présence de Mme Souris, greffière d'audience, Mme Gay a lu son rapport et entendu :

- M. B ;

- Mme C, représentant l'université de Bordeaux.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a sollicité, le 4 juillet 2024, son admission en première année de master mention " droit de la santé " au titre de l'année 2024-2025, à la suite de son échec aux examens terminaux de cette même formation suivie au cours de l'année 2023-2024. Par une décision du 23 juillet 2024, le président de l'université de Bordeaux a rejeté sa demande. Par une décision du 11 septembre 2024, cette même autorité a rejeté le recours gracieux formé par M. B le 19 août 2024. M. B doit être regardé comme demandant la suspension de l'exécution de la décision du 23 juillet 2024 refusant de l'admettre en première année de master mention " droit de la santé " au titre de l'année 2024-2025, ensemble la décision rejetant son recours gracieux.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M. B n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.

4. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que les conclusions à fin de suspension présentées par M. B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins d'injonction.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête n° 2406257 présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à l'université de Bordeaux.

Fait à Bordeaux, le 18 octobre 2024.

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,