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Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2406345

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2406345
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bordeaux, statuant en référé, rejette la requête de M. A qui contestait le refus du conseil départemental de la Gironde de lui attribuer le revenu de solidarité active (RSA) à titre dérogatoire en raison de son statut d'étudiant. Le juge constate que le requérant n'a pas précisé le fondement juridique de sa demande (L. 521-1, L. 521-2 ou L. 521-3 du code de justice administrative) et n'a pas introduit de requête au fond en annulation. Il estime également que M. A ne démontre ni une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, ni une urgence justifiée, ayant tardé à saisir le juge. La requête est donc rejetée comme manifestement irrecevable et mal fondée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 octobre 2024, M. B A a formé un recours en référé sous l'application " Télérecours Citoyens " par lequel il conteste la décision du 3 juillet 2024 du conseil départemental de la Gironde rejetant sa demande d'attribution du revenu de solidarité active à titre dérogatoire en raison de son statut d'étudiant.

Il soutient que :

- sa demande de logement en résidence du centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) lui a été refusée le 17 juillet 2024 ;

- un refus DALO lui a été opposé le 14 août 2024 ;

- le parc de logement privé lui est également fermé ;

- il est victime de représailles administratives au niveau du département et de la région, en raison de sa dénonciation des actes discriminatoires qu'il subit de la part d'une assistante sociale du CROUS ;

- il est victime de pressions psychologiques au niveau du système judiciaire local, ce qui a une incidence sur la vie sociale et le met en situation d'isolement ;

- il a saisi la Ligue des droits de l'Homme (LDH), le défenseur des droits (DDD), la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), les députés de la Gironde, la présidence de la République française, le cabinet du Premier ministre, le ministère de l'Europe et des affaires étrangères, le ministère de l'intérieur, la direction de la police nationale française, sans obtenir gain de cause ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Gay, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 521-2 de ce code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Enfin, en vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Les demandes présentées devant le juge des référés statuant en urgence sont régies par les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative et sont instruites et jugées selon des règles différentes, suivant qu'elles s'appuient sur l'un ou l'autre de ces articles. Il appartient ainsi au requérant de préciser la procédure de référé sur le fondement de laquelle il présente sa requête sous peine d'irrecevabilité de la demande.

3. M. A, au terme d'écritures confuses, s'est borné lors du dépôt de sa requête, réalisé au moyen de l'application " Télérecours citoyens ", à indiquer qu'il contestait la décision du 3 juillet 2024 par laquelle le conseil départemental de la Gironde a rejeté sa demande d'attribution du revenu de solidarité active à titre dérogatoire en raison de son statut d'étudiant, sans introduire de requête au fond tendant à l'annulation de cette décision administrative. Il n'établit pas davantage l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Enfin, aucune mesure utile ne pourrait être ordonnée sans faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative. En toutes hypothèses, en contestant la décision du 3 juillet 2024 dans une requête enregistrée le 12 octobre 2024, M. A s'est lui-même placé en situation d'urgence en tardant à présenter sa requête en référé. Ainsi, il ne peut être regardé comme justifiant d'une urgence au sens des articles précités. Par suite, quel que soit le fondement sur lequel elle s'appuie, la requête doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Bordeaux, le 15 octobre 2024.

La juge des référés,

N. Gay

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,