Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2406346
mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2406346 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 octobre 2024, M. B A a formé un recours en référé sous l'application " Télérecours Citoyens ". Il conteste la décision du 11 avril 2024 par laquelle le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) lui a accordé un don de 100 euros et a préconisé de solliciter une subvention auprès du fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE) et la décision du 24 mai 2024 rejetant sa demande d'aide spécifique. Il demande également au juge des référés d'ordonner au CROUS de lui délivrer une évaluation sociale afin qu'il puisse avoir accès au parc de logements sociaux publics en dehors du campus universitaire et qu'il puisse prétendre au fond social pour le logement (FSL) afin d'avoir les garanties nécessaires sans avoir recours à un garant.
Il soutient que :
- compte tenu de sa situation financière engendrée initialement par l'annulation de ses indemnités chômage, le rejet de l'attribution de l'allocation pour les adultes atteints de handicaps et le refus de l'octroi du revenu de solidarité active, il se trouve sans ressources, ce qui constitue une violation de ses droits fondamentaux au regard de la déclaration universelle des droits de l'Homme et de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- conformément à l'arrêté du 25 mai 2016 fixant le cadre national de la formation et les modalités conduisant à la délivrance du diplôme national de doctorat, la soutenance de sa thèse prévue pour le 16 décembre à l'université publique du Cap-Vert à Praia pourrait être prise en charge par le système d'aide ponctuelle spécifique du CROUS ; dès lors que la production scientifique résultant de ses travaux de recherche sera mise à disposition de la communauté académique par le biais du contrat de diffusion conclu avec l'université de Bordeaux, une contribution financière du CROUS est légitime car il s'est régulièrement acquitté des droits d'inscriptions à l'institut d'études politiques (IEP) ; il répond aux critères d'attribution des aides financières ; le juge national devrait faire application, dans les litiges dont il est saisi, de la notion d'aménagement raisonnable, corollaire du principe de non-discrimination à l'égard des personnes handicapées, tel que rappelé par la jurisprudence de la cour européennne des droits de l'homme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Gay, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 521-2 de ce code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Enfin, en vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Les demandes présentées devant le juge des référés statuant en urgence sont régies par les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative et sont instruites et jugées selon des règles différentes, suivant qu'elles s'appuient sur l'un ou l'autre de ces articles. Il appartient ainsi au requérant de préciser la procédure de référé sur le fondement de laquelle il présente sa requête sous peine d'irrecevabilité de la demande.
3. M. A, au terme d'écritures confuses, s'est borné lors du dépôt de sa requête, réalisé au moyen de l'application " Télérecours citoyens ", à indiquer qu'il contestait des décisions des 11 avril et 24 mai 2024 sans introduire de requête au fond tendant à l'annulation de ces décisions administratives. Il n'établit pas davantage l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Enfin, aucune mesure utile ne pourrait être ordonnée sans faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative. En toutes hypothèses, en contestant des décisions des 11 avril et 24 mai 2024 dans une requête enregistrée le 13 octobre 2024, M. A s'est lui-même placé en situation d'urgence en tardant à présenter sa requête en référé. Ainsi, il ne peut être regardé comme justifiant d'une urgence au sens des articles précités. Par suite, quel que soit le fondement sur lequel elle s'appuie, la requête doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Bordeaux, le 15 octobre 2024.
La juge des référés,
N. Gay
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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