mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2406411 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2406411, le 16 octobre 2024, M. E C, représenté par Me Cissé, demande à la juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au consulat général de France au Gabon de lui délivrer un passeport pour son fils A B C dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il souhaite que ses enfants vivent près de lui ; l'absence de délivrance des passeports prive ses enfants de leur liberté d'aller et venir et les empêche de rejoindre leur père qui réside en France ;
- l'administration porte une atteinte grave à la liberté d'aller et venir des enfants, à leur droit au respect d'une vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur de l'enfant tel que reconnu par l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2406412, le 16 octobre 2024, M. E C, représenté par Me Cissé, demande à la juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au consulat général de France au Gabon de lui délivrer un passeport pour son fils D B C dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soulève les mêmes moyens que ceux développés dans la requête enregistrée sous le n° 2406411.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Gay, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. E C, né le 2 novembre 1970 à Lille, de nationalité française, a déposé, le 21 février 2024, des demandes de passeport pour ces deux enfants, D et A B C, nés à Libreville respectivement les 27 janvier 2007 et le 26 janvier 2008. Il demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au consulat de France au Gabon de lui délivrer les passeports de ses enfants dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.
2. Les requêtes n° 2406411 et n° 2406412, présentées pour M. C présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
4. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative que lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative mais sur la procédure particulière instituée à l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
5. En l'espèce, M. C fait valoir, au titre des circonstances caractérisant une situation d'urgence, qu'il souhaite que ses enfants vivent près de lui et que l'absence de délivrance des passeports prive ses enfants de leur liberté d'aller et venir et de leur droit à une vie privée et familiale. En invoquant ces seules circonstances et en l'absence de tout élément permettant de démontrer la nécessité de la présence de ses enfants en France à brève échéance, il ne peut être regardée comme justifiant d'une situation d'extrême urgence telle qu'elle implique qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les requêtes de M. E C.
O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes n° 2406411 et n° 2406412 présentées par M. E C sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E C.
Fait à Bordeaux, le 16 octobre 2024.
La juge des référés,
N. Gay
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026