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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2406837

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2406837

lundi 16 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2406837
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bordeaux rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Le sujet principal est le refus d'ouverture de droits au RSA notifié par la CAF de la Dordogne. La juridiction constate que la requérante n'a pas exercé le recours administratif préalable obligatoire devant le président du conseil départemental, prévu à l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, et n'a pas régularisé sa requête malgré une mise en demeure. La décision s'appuie sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 novembre 2024, Mme A... B... doit être regardée comme demandant au tribunal d’annuler la décision du 21 octobre 2024 par laquelle la caisse d’allocations familiales de la Dordogne lui a notifié un refus opposé par le président du conseil départemental à sa demande d’ouverture de droits au revenu de solidarité active.

Par deux lettres des 3 et 16 janvier 2025, la requérante a été invitée à régulariser sa requête dans un délai d’un mois.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Willem, premier conseiller, en application des dispositions des articles R. 222-1 et R. 222-13 du code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
2. Aux termes de l’article L. 262-47 du code de l’action sociale et des familles : « Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l’objet, préalablement à l’exercice d’un recours contentieux, d’un recours administratif auprès du président du conseil départemental (…) ». L’institution par ces dispositions d’un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l’autorité compétente pour en connaître le soin d’arrêter définitivement la position de l’administration. Il s’ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue nécessairement à la décision initiale et qu’elle est seule susceptible d’être déférée au juge de la légalité.

3. Mme B... conteste une décision du 21 octobre 2024 portant refus d’ouverture de droits au revenu de solidarité active qui lui a été notifiée par la caisse d’allocations familiales de la Dordogne et qui comportait la mention des voies et délais de recours. Toutefois, elle ne justifie pas avoir formé le recours administratif préalable obligatoire prévu à l’article L. 262-47 du code de l’action sociale et des familles, qui s’exerce devant le président du conseil départemental et non directement devant le juge administratif, ni ne produit la décision qui aurait rejeté un tel recours préalable. Par deux courriers des 3 et 16 janvier 2025, la requérante a ainsi été invitée à régulariser sa requête dans un délai d’un mois par la production de la décision prise sur recours administratif préalable obligatoire ou la justification que celui-ci a été exercé et qu’il est resté sans réponse. Ces courriers, qui ont été adressés à l’adresse communiquée par la requérante, ont été retournés au greffe du tribunal avec la mention « pli avisé et non réclamé » et doivent ainsi être regardés comme régulièrement notifiés. En dépit de ces demandes, Mme B... n’a pas procédé à la régularisation demandée dans le délai imparti ni d’ailleurs à la date de la présente ordonnance. Par suite, sa requête est manifestement irrecevable et doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A... B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....

Fait à Bordeaux, le 16 mars 2026.


Le magistrat désigné,

E. WILLEM



La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.


Pour expédition conforme,

La greffière,

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