LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2407363

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2407363

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2407363
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantHAAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 décembre 2024, Mme C B, représentée par Me Haas, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui indiquer dans un délai de vingt-quatre heures à compter de l'ordonnance à intervenir, un lieu d'hébergement stable susceptible de l'accueillir avec son enfant, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle justifie se trouver avec son enfant de 3 ans dans une situation de précarité matérielle et d'insécurité ; malgré les nombreuses diligences auprès de la veille sociale, elle ne dispose plus depuis le 2 décembre 2024 de solution de logement ;

- compte tenu du délai qui lui était imparti et compte tenu de l'existence de circonstances à caractère exceptionnel, l'absence de proposition d'hébergement révèle une carence caractérisée des autorités de l'Etat dans la mise en œuvre de leur droit à un hébergement d'urgence, constitutive d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ;

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C B, née le 25 décembre 1993, de nationalité ivoirienne, est entrée en France en octobre 2021. Mère d'un enfant, A, né le 13 novembre 2021, et déboutée du droit d'asile, elle a sollicité le 15 octobre 2023, l'admission exceptionnelle au séjour. Elle demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui indiquer un lieu d'hébergement stable susceptible de l'accueillir avec son enfant.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 dispose que " lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article, la circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée n'étant pas de nature, par elle-même, à caractériser l'existence d'une situation d'urgence. En vertu de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. L'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles prévoit que, dans chaque département, est mis en place sous l'autorité du préfet un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse. L'article L. 345-2-2 de ce code précise que toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale doit pouvoir avoir accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. Enfin, aux termes de l'article L. 345-2-3 du même code : " Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d'hébergement stable ou de soins, ou vers un logement () ". En vertu de ces dernières dispositions, il appartient aux autorités de l'Etat de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence, qui est ainsi reconnu à toute personne sans abri se trouvant en situation de détresse médicale, psychique et sociale. Une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette tâche peut faire apparaître, pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée. Il incombe au juge des référés d'apprécier dans chaque cas les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de santé et de la situation de famille de la ou des personnes intéressées.

4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que Mme B, entrée en France en octobre 2021, s'est vu refuser définitivement l'asile par une décision de la cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 27 mai 2022. Elle a fait l'objet, par arrêté du 13 juin 2022 du préfet de la Gironde, d'un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français sous délai de trente jours et interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an, décision confirmée par un jugement du tribunal administratif de Bordeaux en date du 27 septembre 2022. L'intéressée s'est toutefois maintenue en situation irrégulière en France jusqu'au dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour formée le 15 octobre 2024 auprès de la préfecture de la Gironde.

5. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que Mme B a été hébergée, de novembre 2021 à septembre 2022, dans un centre d'accueil des demandeurs d'asile (CADA). Elle a ensuite été prise en charge financièrement par le département de la Gironde et hébergée au titre du dispositif de mise à l'abri des mères isolées avec enfant de moins de trois ans, en application de l'article L. 222-5 4° du code de l'action sociale et des familles. Cette prise en charge a pris fin au 30 novembre 2024, date anniversaire de son enfant. Il résulte encore de l'instruction que Mme B et son fils ont pu bénéficier d'un maintien dans leur lieu d'hébergement jusqu'au 2 décembre 2024. Il s'en suit que la requérante a bénéficié d'un hébergement de façon continue depuis novembre 2021, sur l'un ou l'autre des dispositifs existants, et ce, jusqu'au jour de l'introduction de la présente requête. Il apparaît en outre que si elle a formé une demande d'orientation d'urgence auprès du préfet de la Gironde vers une structure d'hébergement ou un logement adapté, cette demande est datée du 2 décembre 2024, soit la veille de l'introduction de sa requête. Cette mise en demeure très récente du représentant de l'Etat, dont la réception par l'administration n'est d'ailleurs pas attestée, ne permet pas de considérer que le préfet de la Gironde ne l'aurait pas prise en considération. Enfin, si Mme B démontre avoir appelé à plusieurs reprises le 115 dans le courant du mois de novembre, alors qu'elle était encore prise en charge par le département de la Gironde, cette seule circonstance ne saurait à elle seule caractériser une carence de l'Etat dans l'exercice de ses missions au titre de l'hébergement d'urgence. Pour l'ensemble de ces raisons, et alors que la saturation chronique des dispositifs d'accueil et d'hébergement d'urgence dans le département de la Gironde n'est pas contesté, Mme B n'établit pas l'existence d'un manquement des autorités de l'Etat susceptible d'avoir porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.

6. En troisième lieu, et en toute hypothèse, Mme B, dont le fils A, scolarisé en maternelle à Bordeaux a plus de trois ans, et qui a bénéficié, comme cela vient d'être dit, d'un hébergement continu depuis 2021, ne démontre pas, en dépit de sa situation encore précaire, se trouver dans une situation de vulnérabilité telle qu'il y aurait urgence à ce que le juge, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, statue dans le délai contraint de quarante-huit heures.

7. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'établit aucune des conditions exigées par l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées selon la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du même code.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire et les frais de l'instance :

8. Aux termes de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : "L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement " et aux termes de l'article 20 de cette loi : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Il résulte des points précédents que la requête de Mme B ne satisfait pas de manière manifeste aux conditions posées par l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Dès lors, et en vertu des dispositions précitées de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991, il n'y a pas lieu de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la requérante au titre de ces mêmes dispositions.

ORDONNE :

Article 1er : La requête n° 2407363 de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B et Me Haas.

Copie sera transmise pour information au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 4 décembre 2024.

Le juge des référés,

M. Vaquero La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions