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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2407827

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2407827

vendredi 27 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2407827
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de la société Enedis. Celle-ci demandait au juge d'enjoindre à un propriétaire de laisser ses agents pénétrer sur sa parcelle pour remettre en service une ligne électrique à haute tension tombée au sol. Le juge a estimé que cette demande était manifestement insusceptible de relever de la compétence de la juridiction administrative, car il n'appartient pas à celle-ci de contraindre un particulier à laisser un tiers pénétrer dans son domicile contre sa volonté. La requête a été rejetée par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 décembre 2024, la société Enedis, représentée par Me Paitier, demande au tribunal :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à M. B A de laisser ses salariés, ses préposés ou ceux des entreprises qu'elle aura mandatées, pénétrer su la parcelle cadastrée section B n° 602 à Paillet afin de remettre en service le réseau public de distribution d'électricité ou, qu'à défaut, elle pourra se faire assister, au besoin, de la force publique ;

2°) de mettre à la charge de M. A une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le juge administratif est compétent pour ordonner les mesures sollicitées compte tenu de la mission de service public dont elle à la charge ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors que la continuité du service public de distribution d'électricité et la sécurité exigent de rétablir la ligne à haute tension tombée sur la parcelle en litige et que M. A n'a répondu à aucune de ses sollicitations pour intervenir avec son accord ;

- la condition d'utilité est remplie dès lors que, en l'absence de réponse de M. A, la présente requête constitue la seule voie de droit dont elle dispose pour remettre en état les ouvrages du réseau public de distribution d'électricité et garantir ainsi la continuité du service public de l'électricité ;

- les mesures sollicitées ne font obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne s'opposent à aucune contestation sérieuse.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution du 4 octobre 1958 ;

- le code civil ;

- le code de l'énergie ;

- le code pénal ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Roussel Cera, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Le 21 novembre 2024, la ligne à haute tension aérienne traversant la commune de Paillet s'est retrouvée à terre sur la parcelle cadastrée B n° 602 appartenant à M. A, en raison de vents violents. Tout en mettant en place une ligne provisoire, la société Enedis a cherché à entrer en contact avec M. A afin d'obtenir de celui-ci l'autorisation d'entrer sur sa propriété et, ainsi, de procéder aux travaux nécessaires à la remise en état du réseau de distribution électrique. En l'absence de réponse de l'intéressé, la société Enedis demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à M. A de laisser ses salariés, ses préposés ou ceux des entreprises qu'elle aura mandatées, pénétrer sur la parcelle cadastrée section B n° 602 afin de remettre en service le réseau public de distribution d'électricité ou, qu'à défaut, elle pourra se faire assister, au besoin, de la force publique.

2. Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

4. Il n'appartient pas à la juridiction administrative de contraindre un particulier à laisser un tiers, fût-il en charge d'un service public, s'introduire dans son domicile contre sa volonté. Par suite, la demande d'Enedis est manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative. Il y a donc lieu de la rejeter selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Enedis est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société ENEDIS.

Copie en sera adressée à M. B A.

Fait le 27 décembre 2024.

Le juge des référés,

R. ROUSSEL CERA

La République mande et ordonne ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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