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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2500601

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2500601

vendredi 14 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2500601
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par une ressortissante vénézuélienne demandant qu'il soit enjoint à la préfète de la Dordogne de lui fixer un rendez-vous et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour. En cours d'instance, la préfète a délivré à l'intéressée une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 4 mai 2025. Le juge a constaté que cette délivrance rendait sans objet les conclusions principales de la requête et a prononcé un non-lieu à statuer, tout en rejetant la demande de frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 et 11 février 2025, Mme C B A, représentée par Me A B, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète de la Dordogne de fixer un rendez-vous et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'absence de convocation fait obstacle à toute possibilité de régularisation alors que son visa expire en février 2025 ;

- la mesure demandée est utile en ce que l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous la prive de toute voie de droit permettant de faire examiner sa demande de carte de séjour ;

- la mesure sollicitée qui ne limite à obtenir un rendez-vous et un récépissé de demande de titre de séjour, ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire enregistré le 11 février 2025, la préfète de la Dordogne conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Elle soutient que le caractère complet du dossier a été notifié à la requérante via l'ANEF le 4 février 2025 et l'instructeur a pu générer une attestation de prolongation d'instruction valable du 5 février au 4 mai 2025.

Vu

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Gay, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, née le 11 avril 1965, de nationalité vénézuélienne, qui a déposé une demande de renouvellement de titre de séjour le 9 novembre 2024, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de la Dordogne de fixer un rendez-vous en préfecture et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.

Sur les conclusions à fin de non-lieu à statuer :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. " Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

3. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, la préfète de la Dordogne a délivré à Mme B A une attestation de prolongation de l'instruction valable du 5 février au 4 mai 2025. Dans ces conditions, les conclusions tendant à l'application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Aucune disposition de cet article n'interdit au juge administratif de mettre à la charge d'une partie le versement à l'autre des sommes exposées par elle et non comprises dans les dépens dans le cas où elle constate qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions principales de la requête.

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme au titre des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B A et à la préfète de la Dordogne.

Fait à Bordeaux, le 14 février 2025.

La juge des référés,

N. Gay

La République mande et ordonne à la préfète de la Dordogne en ce qui la concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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