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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2501253

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2501253

lundi 15 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2501253
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de Mme A... contestant un indu d’allocation de logement de 1 683 euros réclamé par la CAF de la Gironde. La requérante n’a pas justifié avoir exercé le recours administratif préalable obligatoire prévu par les articles L. 825-2 et R. 825-1 du code de la construction et de l’habitation, malgré une demande de régularisation. En application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête a été jugée manifestement irrecevable et rejetée par ordonnance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 février 2025, Mme B... A... doit être regardée comme demandant au tribunal d’annuler la décision par laquelle la caisse d’allocations familiales de la Gironde lui a réclamé un indu d’allocation de logement d’un montant de 1 683 euros au titre de la période du 1er novembre 2022 au 31 juillet 2023, subsidiairement de lui accorder la remise gracieuse de cette dette.

Elle soutient :
- elle est en situation de concubinage depuis le 5 septembre 2024 et non depuis le 9 octobre 2022 comme l’a retenu la CAF ;
- eu égard à leur situation, elle n’est pas en mesure de régler la dette.

Par une lettre du 21 mars 2025, la requérante a été invitée à régulariser sa requête dans un délai d’un mois.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Willem, premier conseiller, en application des dispositions des articles R. 222-1 et R. 222-13 du code de justice administrative.






Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ». Aux termes de l’article R. 611-8-2 de ce code : « Toute juridiction peut adresser par le moyen de l’application informatique mentionnée à l’article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier (…) ». Aux termes de l’article R. 611-8-6 du même code : « (…) Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l’accusé de réception délivré par l’application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l’application, à l’issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l’adresse choisie par elles (…) ».

2. Aux termes de l’article L. 825-2 du code de la construction et de l’habitation : « Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement (…) par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur (…) ». Aux termes de l’article L. 825-3 du même code : « Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : / 1° Les contestations des décisions prises par l'organisme payeur au titre des aides personnelles au logement (…) ; / 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ». Aux termes de l’article R. 825-1 du code précité : « L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement (…) est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif (…) ». L’institution par ces dispositions d’un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l’autorité compétente pour en connaître le soin d’arrêter définitivement la position de l’administration. Il s’ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue nécessairement à la décision initiale et qu’elle est seule susceptible d’être déférée au juge de la légalité.

3. Mme A... demande au tribunal l’annulation de la décision, révélée sur son compte personnel à la CAF, lui réclamant un indu d’allocation de logement, et à tout le moins de lui accorder la remise gracieuse de sa dette. Toutefois, elle ne justifie pas avoir formé un recours administratif préalable obligatoire pour contester le bien-fondé de l’indu ou pour en obtenir la remise gracieuse. Par un courrier du 21 mars 2025, adressé au moyen de l’application électronique Télérecours citoyens, Mme A... a été invitée à régulariser son recours dans un délai d’un mois par la production de la décision prise sur recours administratif préalable obligatoire ou la justification que celui-ci a été exercé et qu’il est resté sans réponse. En dépit de cette invitation l’intéressée n’a pas procédé à la régularisation demandée dans le délai imparti. Par suite, sa requête, présentée directement devant le juge sans avoir été précédée d’un recours administratif préalable, est manifestement irrecevable et doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B... A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Fait à Bordeaux, le 15 décembre 2025.


Le magistrat désigné,

E. WILLEM



La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.


Pour expédition conforme,

la greffière,

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