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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2501406

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2501406

lundi 17 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2501406
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantSELARL CABINET CHANGEUR

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté la requête de M. B... contestant la décision 48 SI du ministre de l'intérieur invalidant son permis de conduire pour solde de points nul. Le juge a estimé que la requête, enregistrée le 3 mars 2025, était tardive car la décision avait été régulièrement notifiée le 28 juin 2023, date de présentation du pli recommandé revenu non réclamé. L'administration a apporté la preuve de cette notification par des mentions claires et concordantes sur l'avis de réception, conformément aux articles R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative. En conséquence, le recours a été rejeté comme manifestement irrecevable sur le fondement de l'article R. 222-1 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 mars 2025, M. A... B..., représenté par Me Changeur, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision référencée 48 SI par laquelle le ministre de l’intérieur a prononcé l’invalidation de son permis de conduire ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de reconstituer le capital de points affecté à son permis de conduire dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 600 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


M. B... soutient que :
- la décision 48 SI ne lui a jamais été notifiée et ne lui est donc pas opposable ;
- il peut bénéficier de la reconstitution du capital de points affecté à son permis de conduire en application de l’article R.223-6 du code de la route.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mars 2025, le ministre de l’intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir, à titre principal, que la requête est tardive et, à titre subsidiaire, que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : (…)4° rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ».

2. Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ». Aux termes de l’article R. 421-5 du même code : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu’à la condition d’avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ».

3. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d’une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l’intéressé. En cas de retour à l’administration du pli contenant la décision, cette preuve peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes portées sur l’enveloppe, soit, à défaut, d’une attestation de l’administration postale ou d’autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal, conformément à la réglementation en vigueur, d’un avis d’instance prévenant le destinataire de ce que le pli était à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d’une notification régulière le pli recommandé retourné à l’administration auquel est rattaché un volet « avis de réception » sur lequel a été apposé par voie de duplication la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l’enveloppe ou l’avis de réception, l’indication du motif pour lequel il n’a pu être remis.

4. D’une part, le ministre de l'intérieur a produit, dans le cadre de la présente instance, une copie de l’avis de réception du courrier, mentionnant le n° 2C 06204562429, numérotation qui correspond à celle apparaissant sur le relevé intégral d’information de l’intéressé. Ces mentions impliquent que le pli contenait la décision référencée « 48 SI » par laquelle le ministre de l’intérieur récapitule les retraits de points intervenus et prononce la perte de validité du permis de conduire de l’intéressé pour solde de points nul. Cette décision, établie selon un modèle-type, comportait nécessairement, au verso, la mention des voies et délais de recours.

5. D’autre part, il résulte de l’instruction, et notamment de l’avis de réception produit par le ministre, que le pli de notification de la décision « 48 SI » contestée portant invalidation du permis de conduire de M. B..., envoyé à l’adresse connue du destinataire à Argenteuil, a été présenté le 28 juin 2023 et est revenu revêtu de la mention « pli avisé et non réclamé ». Si M. B... soutient que la lettre a été envoyée à une mauvaise adresse, l’accusé de réception n’indique pas que le pli a été retourné au motif que son destinataire « n’habite pas à l’adresse indiquée ». Par ailleurs s’il produit plusieurs documents mentionnant une adresse à Sannois, il n’établit pas que l’adresse mentionnée sur l’accusé de réception ne correspondrait pas à l’une de ses résidences. Ces éléments sont suffisamment clairs, précis et concordants pour permettre de considérer que ce pli doit être, dès lors, regardé comme régulièrement notifié à la date de sa présentation, soit le 28 juin 2023. Dans ces conditions, le ministre est fondé à soutenir que les conclusions à fin d’annulation présentées par M. B..., enregistrées au greffe du tribunal le 3 mars 2025, ont été présentées après l’expiration du délai de recours contentieux de deux mois et sont, par suite, tardives et irrecevables. La requête de M. B... doit donc être rejetée en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.


Fait à Bordeaux, le 17 novembre 2025


Le président du tribunal,




G. CORNEVAUX


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


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