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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2501585

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2501585

mardi 10 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2501585
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge social

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de Mme B, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, l'injonction au préfet de la Gironde de lui fournir un logement d'urgence de type T3. La requérante, reconnue prioritaire par la commission de médiation le 6 juin 2024, n'a pas démontré que la proposition de logement reçue le 18 avril 2025 était inadaptée à ses besoins. Le tribunal a jugé que les motifs invoqués (éloignement de la garde de son enfant et absence d'inclusion des charges) ne suffisaient pas à établir l'inadaptation de l'offre. En conséquence, la demande a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 mars 2025, et cinq mémoires enregistrés le 12, le 18, le 22 et le 29 mai 2025, Mme A B demande au tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, d'enjoindre au préfet de la Gironde de procéder à l'exécution de la décision de la commission de médiation de la Gironde en date du 6 juin 2024 la reconnaissant prioritaire et devant être logée d'urgence dans un logement répondant à ses besoins et à ses capacités de type T3.

Elle soutient que :

* elle a été reconnue prioritaire par la commission de médiation ;

* elle n'a pas reçu d'offre de logement adaptée à sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2025, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la requérante a refusé une proposition de logement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

* le code de la construction et de l'habitation ;

* le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Naud, premier conseiller, en application des dispositions des articles R. 222-13 et R. 778-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Naud, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " I. Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. / () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne statue en urgence, dans un délai de deux mois à compter de sa saisine. Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du commissaire du Gouvernement. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'État et peut assortir son injonction d'une astreinte. () ".

2. Aux termes de l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation : " À compter du 1er décembre 2008, le recours devant la juridiction administrative prévu au I de l'article L. 441-2-3-1 peut être introduit par le demandeur qui n'a pas reçu d'offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités passé un délai de trois mois à compter de la décision de la commission de médiation le reconnaissant comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence. Dans les départements d'outre-mer et dans les départements comportant au moins une agglomération, ou une partie d'une agglomération, de plus de 300 000 habitants, ce délai est de six mois ".

3. Le 6 juin 2024, la commission de médiation de la Gironde, en application du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, a reconnu Mme B prioritaire et devant être logée d'urgence dans un logement répondant à ses besoins et à ses capacités de type T3. Alors que le délai de six mois prévu à l'article R. 441-16-1 du même code est dépassé, l'intéressée a saisi le tribunal, sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, afin qu'il soit enjoint au préfet de la Gironde de procéder à l'exécution de cette décision.

4. Toutefois, le préfet de la Gironde justifie en défense qu'il a été adressé à Mme B, le 18 avril 2025, une proposition pour un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités de type T3 situé à Bordeaux. Si la requérante fait valoir que ce logement serait trop éloigné de la résidence à Cadaujac de sa mère qui garde son enfant de deux ans, elle ne démontre pas par cette seule circonstance que la proposition ne serait pas adaptée à sa situation. Il en va de même s'agissant du fait que les frais d'eau et d'énergie ne seraient pas compris dans les charges du loyer. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu d'enjoindre au préfet de lui proposer un autre logement.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre chargée du logement. Copie en sera adressée au préfet de la Gironde.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juin 2025.

Le magistrat désigné,

G. NAUD

La greffière,

C. AHIN

La République mande et ordonne à la ministre chargée du logement en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

la greffière,

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