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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2501619

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2501619

mercredi 17 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2501619
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bordeaux a été saisi par Mme A... pour contester trois décisions de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la Gironde du 17 février 2025, refusant la carte mobilité inclusion stationnement, l'allocation aux adultes handicapés (AAH) et la prestation de compensation du handicap (PCH). Statuant par ordonnance sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, le tribunal a rejeté les conclusions relatives à l'AAH et à la PCH comme portées devant une juridiction incompétente. Il a jugé que le contentieux de l'AAH relève du contentieux général de la sécurité sociale (articles L. 821-5 et L. 142-8 du code de la sécurité sociale) et que celui de la PCH relève des tribunaux judiciaires (articles L. 241-6, L. 241-9 du code de l'action sociale et des familles et L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire). La requête est ainsi rejetée pour ces deux chefs, seul le tribunal judiciaire étant compétent.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 mars 2025, et des pièces complémentaires enregistrées le 8 avril 2025, Mme B... A... doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 17 février 2025 par laquelle la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de la Gironde a refusé, après recours administratif préalable obligatoire, de lui délivrer une carte mobilité inclusion mention stationnement pour personnes handicapées ;

2°) d’annuler la décision du 17 février 2025 par laquelle la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de la Gironde a refusé, après recours administratif préalable obligatoire, de lui accorder le bénéfice de l’allocation pour adultes handicapées ;

3°) d’annuler la décision du 17 février 2025 par laquelle la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de la Gironde a refusé, après recours administratif préalable obligatoire, de lui accorder le bénéfice de la prestation de compensation du handicap.

Elle soutient que ses symptômes altèrent ses capacités d’autonomie, ses capacités au quotidien et sa mobilité, elle est dans l’incapacité de marcher sur de longues distances.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative (...) / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. ».

Sur l’allocation aux adultes handicapés (AAH) :

2. Aux termes de l’article L. 821-5 du code de la sécurité sociale : « L’allocation aux adultes handicapés est servie comme une prestation familiale. (…) / Les différends auxquels peut donner lieu l'application du présent titre et qui ne relèvent pas d'un autre contentieux sont réglés suivant les dispositions régissant le contentieux général de la sécurité sociale. ». L’article L. 142-8 du même code prévoit : « Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : / 1° Au contentieux général de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 (…) ».

3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme A... dirigées contre la décision du 17 février 2025 par laquelle la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de Gironde a refusé de lui accorder le bénéfice de l’AAH, qui relève du contentieux général de la sécurité sociale et non du contentieux de l’admission à l’aide sociale tel que défini par le code de l’action sociale et des familles ou par le code de la sécurité sociale, ne sont pas de la compétence de la juridiction administrative. Dès lors, ces conclusions doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître, seul étant compétent le tribunal judiciaire.

Sur la prestation de compensation du handicap (PCH) :

4. Aux termes de l’article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles : « I. La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : (…) 3° Apprécier : / b) Si les besoins de compensation de l'enfant ou de l'adulte handicapé justifient l'attribution de la prestation de compensation dans les conditions prévues à l'article L. 245-1 ; (…) ». Aux termes de l’article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : « Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : (…) 8° Aux décisions de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnées au premier alinéa de l'article L. 241-9 du code de l'action sociale et des familles ; (…) ». L’article L. 241-9 du code de l'action sociale et des familles dispose que : « Les décisions relevant du 1° du I de l'article L. 241-6 prises à l'égard d'un enfant ou un adolescent handicapé, ainsi que celles relevant des 2°, 3° et 5° du I du même article peuvent faire l'objet de recours devant les tribunaux judiciaires spécialement désignés en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire. (…) ». Enfin, aux termes de l’article L. 211-16 du code de l’organisation judiciaire : « Des tribunaux judiciaires spécialement désignés connaissent : / 1° Des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale, à l'exception de ceux mentionnés au 7° du même article L. 142-1 ; (…) ».

5. Il résulte de ces dispositions que les tribunaux de l’ordre judiciaire sont seuls compétents pour connaître des litiges relatifs à l’attribution de la prestation de compensation du handicap. Dès lors, les conclusions de Mme A... relatives à cette prestation, ne relève pas de la compétence du tribunal administratif, elles doivent donc être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre, seul étant compétent le tribunal judiciaire.

Sur la carte mobilité inclusion mention stationnement pour personnes handicapées :

6. La carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » permet à son titulaire ou à la tierce personne l’accompagnant d’utiliser, à titre gratuit et sans limitation de la durée de stationnement, toutes les places de stationnement ouvertes au public. Ses conditions d’attribution sont régies par les articles L. 241-3 et R. 241-12-1 du code de l’action sociale et des familles et par l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et à la perte d’autonomie dans le déplacement individuel. Aux termes de l’annexe audit arrêté : « 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : / La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : / - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou / - la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : / - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; / - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou / - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie ».

7. À l’appui de sa requête, Mme A... produit de nombreuses pièces médicales, constituées notamment de certificats médicaux ou de comptes-rendus d’hospitalisation ou de consultation médicales, ou encore des radiographies toutefois aucune de ces pièces ne permettent de démontrer que sa situation corresponde aux critères posés par l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel. En outre, si l’intéressée produit le certificat médical établi par son médecin traitant le 14 mai 2024 et utilisé pour faire ses demandes auprès de la MPDH qui précise qu’elle nécessite un accompagnement pour ses déplacements à l’extérieur, cette pièce n’est toutefois corroborée par aucune des autres pièces produites par Mme A.... Par suite, ses conclusions, qui ne comporte que des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles d’aller à leur soutien, doivent être rejetées en application du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.






8. Il résulte de tout ce qui précède qu’il y a lieu, par application des dispositions précitées des 2° et 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : Les conclusions de Mme A... tendant à l’annulation des décisions du 17 février 2025 par laquelle la commission des droits de l’homme et de l’autonomie des personnes handicapées de Gironde a refusé de lui accorder le bénéfice de l’AAH et de la PCH sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre et sont transmises au tribunal judiciaire de Bordeaux (pôle social).

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Copie en sera adressée à la maison départementale des personnes handicapées de la Gironde.


Fait à Bordeaux, le 17 décembre 2025.



Le président du tribunal,






G. CORNEVAUX


La République mande et ordonne au préfet de la région Aquitaine, préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
La greffière







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