Le Tribunal administratif de Bordeaux a été saisi par M. B..., reconnu prioritaire par la commission de médiation de la Dordogne le 15 avril 2025, afin d’enjoindre au préfet de lui proposer un logement adapté. En cours d’instance, le requérant a accepté une proposition de logement à Hautefort le 18 novembre 2025. Constatant que la demande était devenue sans objet, le tribunal a prononcé un non-lieu à statuer sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. La décision applique les dispositions de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation relatives au droit au logement opposable.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 septembre 2025, M. A... B... demande au tribunal, saisi sur le fondement de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, d’enjoindre au préfet de la Dordogne de procéder à l’exécution de la décision de la commission de médiation de la Dordogne en date 15 avril 2025 en lui proposant un logement adapté à ses besoins.
Il soutient que :
- il a été reconnu prioritaire par la commission de médiation ;
- aucune proposition de logement ne lui a été faite ;
- il vit toujours dans son véhicule, ce qui fait obstacle à son insertion professionnelle.
Par un mémoire en défense et un mémoire en production de pièces enregistrés les 9 octobre et 3 novembre 2025, la préfète de la Dordogne doit être regardée comme concluant au non-lieu à statuer et subsidiairement au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- un logement a été proposé au requérant suite à la commission d’attribution du 24 octobre 2025 ;
- les agissements du requérant ont initialement fait obstacle à l’exécution de la décision de la commission de médiation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Willem, premier conseiller, en application des dispositions des articles R. 222-13 et R. 778-3 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / (…) / 3° Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) ».
2. M. B... a demandé au tribunal, saisi sur le fondement de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, d’enjoindre au préfet de la Dordogne d’assurer son relogement conformément à la décision de la commission de médiation du 15 avril 2025 qui l’a reconnue prioritaire et devant être logé d’urgence dans un logement répondant à ses besoins et capacités. Toutefois, il résulte de l’instruction qu’en cours d’instance, à la suite de la commission d’attribution du 24 octobre 2025, le bailleur Mesolia a proposé à M. B... un studio de 35 m² à Hautefort pour un loyer charges comprises de 340,88 euros et que l’intéressé a accepté cette proposition le 18 novembre 2025 après avoir visité le logement le 29 octobre 2025. Dans ces conditions, les conclusions à fin d’injonction doivent être regardées comme étant devenues sans objet. Il n’y a, dès lors, plus lieu d’y statuer.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur la requête de M. A... B....
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et à la préfète de la Dordogne.
Fait à Bordeaux, le 21 novembre 2025.
Le magistrat désigné,
E. WILLEM
La République mande et ordonne à la ministre chargée du logement en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,