Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en urgence sur le fondement de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, a été saisi par M. A..., reconnu prioritaire et devant être logé d’urgence par la commission de médiation de la Gironde le 5 décembre 2024. Constatant qu’aucune offre de logement adaptée ne lui avait été proposée dans les délais réglementaires, et en l’absence d’observations du préfet, le tribunal a enjoint au préfet de la Gironde de proposer un logement à M. A... dans un délai de deux mois. La solution retenue applique les dispositions du code de la construction et de l’habitation relatives au droit au logement opposable (DALO).
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 octobre 2025, M. B... A... demande au tribunal, saisi sur le fondement de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, d’enjoindre au préfet de la Gironde de procéder à l’exécution de la décision de la commission de médiation DALO en date du 5 décembre 2024 en lui proposant un logement adapté à ses besoins.
Il soutient que :
- il a été reconnu comme prioritaire par la commission de médiation ;
- aucune proposition de logement ne lui a été faite ;
- il réside depuis 2012 dans une résidence sociale, sans qu’il puisse accueillir son épouse de façon stable.
La requête a été communiquée au préfet de la Gironde qui n’a pas produit d’observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Willem, premier conseiller, en application des dispositions des articles R. 222-13 et R. 778-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience publique qui s’est tenue le 3 novembre 2025 à 14 heures.
Le rapport de M. Willem, magistrat désigné, a été entendu au cours de l’audience publique.
En l’absence des parties, la clôture de l’instruction est intervenue après appel de l’affaire à l’audience en application des dispositions de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation : « I.- Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. (…). / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu’il désigne statue en urgence, dans un délai de deux mois à compter de sa saisine. Sauf renvoi à une formation collégiale, l’audience se déroule sans conclusions du commissaire du Gouvernement (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 441-16-1 du code de la construction et de l’habitation : « À compter du 1er décembre 2008, le recours devant la juridiction administrative prévu au I de l’article L. 441-2-3-1 peut être introduit par le demandeur qui n’a pas reçu d’offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités passé un délai de trois mois à compter de la décision de la commission de médiation le reconnaissant comme prioritaire et comme devant être logé d’urgence. Dans les départements d’outre-mer et dans les départements comportant au moins une agglomération, ou une partie d’une agglomération, de plus de 300 000 habitants, ce délai est de six mois ».
3. Il résulte de l’instruction que le 5 décembre 2024, la commission de médiation de la Gironde, en application du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, a reconnu M. A... prioritaire et devant être logé d’urgence dans un logement répondant à ses besoins et capacités de type T1-T2. Il n’est pas contesté, en l’absence d’observations en défense, qu’il n’a pas été proposé à l’intéressé, depuis la décision du 5 décembre 2024, un logement répondant à ses besoins et capacités. Il ne résulte pas par ailleurs de l’instruction qu’à la date du présent jugement, l’urgence aurait complètement disparu ou que le comportement du bénéficiaire de la décision de la commission de médiation serait de nature à faire obstacle à l’exécution de cette décision. Dans ces conditions, il y a lieu d’enjoindre au préfet de la Gironde de proposer un logement à M. A... dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
DÉCIDE :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de la Gironde de proposer à M. B... A... un logement, conformément à la décision de la commission de médiation du 5 décembre 2024, dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement. Le préfet tiendra le greffe du juge social du tribunal immédiatement informé des dispositions prises pour répondre à cette injonction. Le requérant fera connaître au tribunal toute évolution de sa situation et, s’il entend renoncer au bénéfice de la mesure d’injonction ordonnée, il l’en informera.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A..., à la ministre chargée du logement et au préfet de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2025.
Le magistrat désigné,
E. WILLEM
La greffière,
C. AHIN
La République mande et ordonne à la ministre chargée du logement en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,