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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2600040

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2600040

mardi 27 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2600040
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL ULDRIF ASTIE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. A... contestant le refus implicite de délivrance d’un titre de séjour. Le juge a estimé que le silence gardé par le préfet de la Gironde valait refus implicite d’enregistrement de la demande, et non décision implicite de rejet, car le dossier était incomplet (absence de photographies d’identité). Or, un tel refus d’enregistrement ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de recours pour excès de pouvoir. La décision est fondée sur les articles R. 222-1 du code de justice administrative et R. 431-11, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 janvier 2026, M. C... A..., représenté par Me Astié, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision par laquelle le préfet de la Gironde a implicitement refusé de lui délivrer le titre de séjour qu’il a sollicité le 24 novembre 2024 ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour, subsidiairement de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l’attente, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement (...) peuvent, par ordonnance, (...) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser (…) ».

2. D’une part, aux termes de l’article R. 431-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code. ». L’annexe 10 à ce code, dans sa version applicable au litige, prévoit que, dans tous les cas, les demandes doivent être assorties, notamment, de « 3 photographies d'identité de face, tête nue, récentes et parfaitement ressemblantes (format 35 mm × 45 mm-norme ISO/ IEC 19794-5 : 2005) ; Enfin, L’article R. 431-12 de ce code dispose que : « L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. (…) ».

3. D’autre part, aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers en France et du droit d’asile : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Selon l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. »

4. Le refus d’enregistrer une demande de titre de séjour motif pris du caractère incomplet du dossier ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir lorsque le dossier est effectivement incomplet, en l’absence de l’un des documents mentionnés à l’article R. 431-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ou lorsque l’absence d’une pièce mentionnée à l’annexe 10 à ce code, auquel renvoie l’article R. 431-11 du même code, rend impossible l’instruction de la demande. Le silence gardé par le préfet sur une demande de titre de séjour fait en principe naître, au terme du délai mentionné au point 3, une décision implicite de rejet de cette demande. Il en va autrement lorsqu’il est établi que le dossier de la demande était incomplet, le silence gardé par l’administration valant alors refus implicite d’enregistrement de la demande, lequel ne constitue pas une décision susceptible de recours.

5. La demande de titre de séjour adressée par M. A... au préfet de la Gironde et réceptionnée le 18 novembre 2024 n’est pas assortie de la liste des documents qui y auraient été joints. En outre, à supposer même que cette demande était assortie des mêmes pièces que celles qu’il a jointes à sa requête, ces pièces ne permettent de considérer que cette demande était complète dès lors que le requérant ne produit, en particulier, aucune photographie d’identité en méconnaissance de l’article R. 431-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et de l’annexe auquel il renvoie. Enfin, le requérant n’établit ni même ne soutient que le préfet lui aurait néanmoins délivré un récépissé autorisant sa présence sur le territoire et attestant qu’il était admis à souscrire une demande de titre de séjour ainsi que le prévoit l’article R. 431-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Dans ces conditions, le silence gardé par le préfet sur la demande de M. A... n’a pas eu pour conséquence de faire naitre une décision implicite de rejet mais vaut refus implicite d’enregistrement de cette demande, lequel ne constitue pas une décision susceptible de recours.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... est entachée d’une irrecevabilité manifeste insusceptible d’être couverte en cours d’instance et doit, par suite, être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E




Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... et au préfet de la Gironde.


Fait à Bordeaux, le du 27 janvier 2026.


Le président de la 1ère chambre




M. B...


La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,



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