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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2600382

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2600382

mardi 17 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2600382
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de Mme B... contestant le classement sans suite de sa demande de naturalisation par le préfet de la Gironde. Le tribunal a jugé que ce classement, fondé sur l’incomplétude du dossier malgré une mise en demeure, ne constitue pas une décision faisant grief et n’est donc pas susceptible de recours pour excès de pouvoir. L’ordonnance s’appuie sur l’article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 et l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2026, Mme A... B... demande au tribunal l’annulation de la décision du 15 décembre 2025 par laquelle le préfet de la Gironde a procédé au classement sans suite de sa demande en vue d’acquérir la nationalité française et d’enjoindre à l’administration compétente de procéder au réexamen de son dossier de naturalisation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- elle méconnait le principe de proportionnalité ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen de sa situation personnelle et professionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables (…) ».

2. Aux termes de l’article 40 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : « L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande./ Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement. ». Il résulte de ce texte que le défaut de production de pièces complémentaires dans le délai imparti peut, à lui seul, légalement justifier une décision de classement sans suite. Dans le cas où le dossier présenté est effectivement incomplet, le courrier de classement sans suite de la demande d’acquisition de nationalité ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir.

3. Pour procéder au classement sans suite de la demande de naturalisation de Mme B..., le préfet de la Gironde s’est fondé sur la circonstance que celle-ci n’avait pas produit, malgré une invitation du 3 octobre 2025, son acte de naissance apostillé accompagné de sa traduction, les trois derniers bulletins de salaire de son conjoint, les bulletins de salaire de son conjoint de novembre et décembre 2023 et de novembre et décembre 2024, le certificat de scolarité de son enfant pour l’année 2025-2026, les trois dernières quittances de loyer, l’intégralité de son avis d’imposition 2025 sur les revenus 2024, de son avis d’imposition 2024, sur les revenus 2023, un bordereau de situation fiscale modèle P237 de moins de trois mois portant sur ses impositions des trois dernières années, son contrat de travail en cours, ses trois derniers bulletins de salaire et ses bulletins de salaire de novembre et décembre 2023 et de novembre et décembre 2024. Si Mme B... fait valoir à l’appui de son recours, qu’elle n’a pu transmettre les documents demandés dans le délai imparti en raison d’une période particulièrement chargée sur les plans professionnel et personnel, elle ne conteste pas ce faisant utilement le motif du courrier de classement dont elle demande l’annulation, à savoir l’incomplétude de son dossier. Dans ces conditions, le classement sans suite de sa demande d’acquisition de la nationalité française n’a pas le caractère d’une décision faisant grief, et n’est pas susceptible d’être déféré au juge de l’excès de pouvoir. Il suit de là que la requête de Mme B..., qui est manifestement irrecevable, doit être rejetée en application des dispositions de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

4. Cette circonstance ne fait toutefois pas obstacle à ce que Mme B..., si elle s’y croit fondée, renouvelle sa demande, ainsi qu’elle y a d’ailleurs été invitée par le préfet de la Gironde, en déposant un nouveau dossier de naturalisation et en produisant devant cette autorité toutes les pièces nécessaires à l’instruction de sa demande.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Copie sera adressée au préfet de la Gironde.


Fait à Bordeaux, le 17 février 2026.


La présidente de la 5ème chambre,

A. Chauvin




La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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