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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2600520

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2600520

jeudi 5 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2600520
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la demande de Mme A... qui sollicitait une injonction à l’encontre de France Travail afin d’obtenir une décision expresse sur le versement de l’aide à la reprise et à la création d’entreprise (ARCE). Le juge estime que le litige relatif à cette aide, servie pour le compte de l’État, relève de la compétence de la juridiction judiciaire et non administrative, en application des articles L. 5312-1 et L. 5312-12 du code du travail et de l’article 35 du décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019. Par conséquent, la requête est manifestement irrecevable et rejetée sans examen de l’urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 janvier 2026, Mme B... C... A... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’enjoindre à France Travail de statuer expressément sur sa demande tendant au second versement de l’aide à la reprise et à la création d’entreprise (ARCE) dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir.

Elle soutient que :
- la mesure sollicitée est urgente en ce que le versement de l’ARCE constitue son seul moyen de subsistance et qu’elle ne peut prétendre à d’autres revenus, ce qui la place dans une situation financière critique ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu’elle enjoint uniquement à France Travail de statuer expressément sur sa demande ; que l’absence de décision la prive de tout recours effectif et qu’elle ne fait obstacle à aucune décision existante.

Vu
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code du travail ;
- le décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019, et notamment son article 35 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Gay, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :

1. Mme B... C... A... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à France travail de statuer expressément sur sa demande tendant au second versement de l’aide à la reprise et à la création d’entreprise dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir.

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». Aux termes de l’article L. 522-3 de ce code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ». Enfin, aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 dudit code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. »

3. Saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque les effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

4. Aux termes de l’article L. 5312-1 du code du travail : « Une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière a pour mission de : / (…) / 4° Assurer, pour le compte de l'organisme gestionnaire du régime d'assurance chômage, le service de l'allocation d'assurance et de l'allocation des travailleurs indépendants et, pour le compte de l'Etat (…) de l'aide prévue au II de l'article 136 de la loi n° 96-1181 du 30 décembre 1996 de finances pour 1997 [l’aide à la reprise et à la création d'entreprise], (…) ». Aux termes de l’article L. 5312-12 du même code : « Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l'institution, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage ou de l'Etat sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution. ». Aux termes de l’article 35 du décret du 26 juillet 2019 relatif au régime de l’assurance chômage : « Une aide à la reprise ou à la création d'entreprise est attribuée à l'allocataire qui justifie de l'obtention de l'exonération mentionnée à l'article L. 131-6-4 du code de la sécurité sociale (…) ».

5. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 13 février 2008 relative à la réforme de l'organisation du service public de l'emploi dont elles sont issues, que le législateur a souhaité que la réforme, qui s’est notamment caractérisée par la substitution de Pôle emploi, devenu France Travail, à l’Agence nationale pour l’emploi et aux associations pour l'emploi dans l'industrie et le commerce, reste sans incidence sur le régime juridique des prestations et sur la juridiction compétente pour connaître du droit aux prestations, notamment sur la compétence de la juridiction judiciaire s’agissant des prestations servies au titre du régime d’assurance chômage.

6. Mme C... A... saisit le juge des référés d’un litige afin que France Travail statue expressément sur sa demande tendant au second versement de l’aide à la reprise ou à la création d'entreprise. Toutefois, il résulte de ce qui précède qu’il n’appartient qu’au juge judiciaire de connaître de telles conclusions. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de Mme C... A....





O R D O N N E :




Article 1er : La requête n° 2600520 présentée par Mme C... A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... C... A....

Copie en sera adressée à France Travail.

Fait à Bordeaux, le 5 février 2026.

La juge des référés,




N. Gay
La République mande et ordonne au ministre du travail, des solidarités et des familles en ce qui le concerne ou à à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,





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