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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2600775

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2600775

mardi 17 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2600775
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision du ministre de l’intérieur invalidant le permis de conduire de M. A... pour solde de points nul. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas justifiée, faute pour le requérant d’apporter des éléments précis et circonstanciés sur le préjudice subi dans sa vie quotidienne. En conséquence, la requête a été rejetée sans examen du moyen tiré de l’erreur matérielle liée au classement sans suite d’une infraction, par application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 janvier 2026, M. B... A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision référencée « 48 SI » du 5 juin 2025 par laquelle le ministre de l’intérieur l’a informé de l’invalidation de son permis de conduire à raison d’un solde nul de points ;

2°) de l’autoriser à conduire jusqu’au jugement au fond à intervenir.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que l’invalidation de son permis de conduire lui cause un préjudice important dans sa vie quotidienne ;
- il existe un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension est demandée ; la décision est fondée sur une erreur matérielle dès lors que l’infraction du 4 avril 2025 a fait l’objet d’un classement sans suite par décision de l’officier du ministère public du 16 juillet 2025.

Vu :
- la requête enregistrée le 29 janvier 2026 sous le n° 2600774 par laquelle M. A... demande l’annulation de l’arrêté contesté ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné Mme Gay, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l’audience publique (...) ». Selon l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande (…) qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ». Enfin, aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 dudit code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Enfin, l’urgence n’est pas admise lorsque le requérant s’est placé lui-même dans une situation d’urgence en raison de sa propre négligence.

3. Pour justifier de l’urgence à suspendre l’exécution de la décision référencée « 48 SI » du 5 juin 2025 invalidant son permis de conduire, M. A... fait valoir que l’invalidation de son permis lui cause un préjudice important dans sa vie quotidienne. Toutefois, il n’apporte aucun élément précis et circonstancié permettant de justifier de la condition d’urgence exigée par les dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. Par suite, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur l’existence d’un doute réel et sérieux quant à la légalité de la décision, il y a lieu de rejeter sa requête par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



ORDONNE :



Article 1er : La requête n° 2600775 présentée par M. A... est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Copie sera adressée pour information au ministre de l’intérieur.


Fait à Bordeaux, le 17 février 2026.

La juge des référés,

N. Gay


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
La greffière,



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