Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 février 2026, M. B... A..., représenté par Me Abadel, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder, à titre provisoire, l’aide juridicitionnelle ;
2°) d’enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer une décision favorable à la demande de certificat de résidence dans un délai de 48 heures à compter de l’ordonnance à venir ;
3°) d’enjoindre au préfet de la Gironde de procéder à la fabrication du certificat de résidence, et ce dans un délai de deux mois à compter de l’ordonnance à venir ;
4°) d’enjoindre au préfet de la Gironde de le convoquer pour le retrait du certificat de résidence renouvelé, et ce dans un délai de trois mois à compter de l’ordonnance à venir ;
5°) de mettre à la charge de l’Etat, la somme de 880 euros, à verser au conseil, au titre de l’article L 761-1du code de justice administrative, et en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
la mesure sollicitée est urgente dès lors qu’il existe une présomption en ce sens en cas de refus de renouvellement d’un titre de séjour ; il ne peut en outre justifier de la régularité de son séjour en France auprès des organismes institutionnels, le requérant étant allocataire d’une pension de retraite ;
la mesure sollicitée est utile et légitime dès lors que le préfet de la Gironde est tenu à
une compétence liée, de mettre à la disposition de l’intéressé une attestation de décision favorable à la demande de certificat de résidence ; les deux demandes ne se heurtent pas à une contestation sérieuse, dès lors que la demande de renouvellement du certificat de résidence a fait l’objet d’une décision favorable de la part de la préfecture.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2026, le préfet de la Gironde conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d’injonction et au rejet du surplus des conclusions.
Il fait valoir que la carte de résident, signée du requérant et valable du 16 octobre 2024 au 15 octobre 2034, a été mise en fabrication le 9 janvier 2026, que dès réception du titre, il en sera informé et convoqué en préfecture pour le réceptionner.
Par un mémoire complémentaire, enregistré le 19 février 2026, M. A... déclare se désister de ses conclusions tendant à enjoindre au préfet de la Gironde la fabrication du certifcat de résidence et maintient ses autres conclusions. Ce mémoire n’a pas été communiqué.
Vu la demande d’aide juridictionnelle de M. A....
Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d’aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ». Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu d’admettre, à titre provisoire M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Le juge des référés, saisi en application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative pour prendre en cas d’urgence toute mesure utile, peut se prononcer sans tenir d’audience publique. Il peut également, dans le cadre de son office, donner acte d’un désistement ou constater un non-lieu.
3. Il résulte de l’instruction que, le 9 janvier 2026, le préfet de la Gironde a mis en fabrication la carte de résident du requérant, comportant sa signature, et valable du 16 octobre 2024 au 15 octobre 2034. Le préfet fait valoir que compte tenu du délai moyen d’acheminement des titres en préfecture, la livraison de la carte de résident de M. A... est imminente. L’intéressé en sera informé dès réception afin de venir retirer le titre en préfecture.
4. En premier lieu, par un mémoire du 19 février 2026, M. A... déclare de désister de ces conclusions tendant à ce qu’il soit enjoint au préfet de la Gironde de mettre en fabrication sa carte de résident. Rien ne s’oppose à ce qu’il soit donné acte de ce désistement.
5. En second lieu, eu égard à la date de mise en fabrication du titre de séjour le 9 janvier 2026 et du délai de réception en préfecture du titre compris entre quatre et six semaines, à la date de la présente ordonnance, le caractère imminent de la délivrance de la carte de résident n’implique pas qu’il soit enjoint au préfet de la Gironde de convoquer le requérant pour remise de son titre de séjour ou qu’il soit enjoint au préfet de lui délivrer une attestation de décision favorable dans l’attente du retrait du certificat de résidence. Les demandes de M. A... ne présentent, sur ce point et en l’espèce, ni un caractère d’urgence, en l’absence au demeurant de toute présomption en ce sens, ni un caractère d’utilité.
6. Il résulte de ce qui a été dit au point 1 qu’il y a lieu d’admettre provisoirement M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve que Me Abadel, avocat de M. A..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat et sous réserve de l’admission définitive de son client à l’aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l’Etat, qui doit être regardé comme la partie perdante à l’instance, le versement à Me Abadel de la somme de 880 euros. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A... par le bureau d’aide juridictionnelle, la somme de 880 euros sera versée à ce dernier.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A... est admis à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Article 2 :Il est donné acte du désistement de M. A... de ses conclusions tendant à ce qu’il soit enjoint au préfet de la Gironde de mettre en fabrication sa carte de résident.
Article 3 : Les autres conclusions de la requête présentées à fin d’injonction sont rejetées.
Article 4 : L’Etat versera à Me Abadel, sous réserve pour ce dernier de renoncer à percevoir la part contributive de l’Etat à l’aide juridictionnelle, une somme de 880 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’alinéa 2 de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant par le bureau d’aide juridictionnelle, la somme de 880 euros sera versée à ce dernier.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., à Me Abadel et au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 19 février 2026
Le juge des référés
M. Vaquero
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,