Le Tribunal Administratif de Bordeaux a été saisi par M. B... C... d'une requête visant à faire constater l'irrégularité de la communication électronique d'une liste candidate aux élections municipales et à ordonner la cessation de ces pratiques. Le juge a rejeté la requête comme manifestement irrecevable sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il a estimé que, d'une part, la demande était prématurée au regard de l'article L. 248 du code électoral, qui ouvre un recours en contestation des opérations électorales uniquement après le scrutin. D'autre part, le juge administratif n'est pas compétent pour intimer à un candidat de cesser un comportement, cette action relevant d'une autre procédure.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 février 2026 M. B... C... demande au tribunal, d’une part, de confirmer l’irrégularité au regard des règles de propagande de la communication électronique de la liste menée par M. A..., adjoint au maire, « cap sur l‘avenir » dans le cadre de la campagne pour les élections municipales du 15 mars 2026, d’autre part, d’intime à ce dernier de cesser ces pratiques irrégulières.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code électoral ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D’une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / ° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens. »
2. D’autre part, aux termes de l’article L. 248 du code électoral : « Tout électeur et tout éligible a le droit d'arguer de nullité les opérations électorales de la commune devant le tribunal administratif. »
3. Enfin, s’il appartient au juge administratif d’annuler les élections lorsque la sincérité du scrutin a été altéré, il n’est en revanche pas compétent pour intimer à des particuliers, fussent-ils candidats à des élections, de cesser certains comportements ni même de statuer sur la régularité de ces comportements.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête présente, à supposer qu’elle puisse être regardée comme une protestation électorale, présente un caractère prématuré au regard des dispositions précitées de l’article L. 248 du code électoral et qu’elle ne peut en tout état de cause qu’être rejetée comme manifestement irrecevable au regard de la teneur ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête est rejetée
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C....
Fait à Bordeaux, le 17 février 2026.
Le président de la 1ère chambre
M. D...
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,