jeudi 12 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-1902038 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | D'HERBOMEZ |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 1902038 en date du 30 décembre 2021, le Tribunal, avant de statuer sur les conclusions de la requête présentée par M. A B, tendant à l'indemnisation des préjudices subis en lien avec son accident survenu le 30 juillet 2014, a ordonné la réalisation d'une expertise afin de déterminer la nature et l'étendu de ces préjudices et a condamné la société Enedis à lui verser une provision de 1 000 euros.
Le rapport de l'expert a été enregistré le 17 mars 2023 au greffe du tribunal.
Par un mémoire enregistré le 9 mai 2023, M. B, représenté par la Selarl COREM, conclut à ce que la société Enedis soit condamnée à lui verser une somme de 34 548 euros en réparation de ses préjudices et que soit mis à la charge de cette société une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens, incluant les frais d'expertise.
Il soutient que :
- l'incidence professionnelle de son accident lui cause un préjudice évalué à 5 000 euros ;
- une somme de 5 208 euros, calculée sur la base d'un taux journalier de 30 euros, lui sera allouée en réparation de son déficit fonctionnel temporaire ;
- les souffrances endurées seront réparées par l'allocation d'une somme de 10 000 euros ;
- son préjudice esthétique temporaire justifie que lui soit versée une somme de 3000 euros ;
- son déficit fonctionnel permanent, fixé à 4%, justifie une indemnisation de 7840 euros, ou, à titre subsidiaire, la désignation d'un expert afin de déterminer l'étendue exacte de ses séquelles ;
- son préjudice d'agrément justifie le versement d'une somme de 3 000 euros ;
- 500 euros lui seront alloués au titre de son préjudice esthétique temporaire.
Par deux mémoires enregistrés le 27 juin 2023 et le 22 septembre 2023, la société Enedis, représentée par la SCP Levy Balzarini Sagnes Serres, conclut à ce qu'il soit sursis à statuer dans l'attente de l'arrêt rendu par la cour administrative d'appel sur l'appel formé contre le jugement avant-dire droit et, à titre subsidiaire, que le montant des préjudices dont se prévaut M. B ainsi que la somme demandée au titre des frais du litige soient réduits.
Elle fait valoir que :
- le préjudice d'agrément et le préjudice professionnel ne sont pas établis ;
- les arrêts de travail postérieurs au 1er mars 2016 sont sans lien avec l'accident de travail ;
- il y a lieu d'indemniser le déficit fonctionnel temporaire sur une base de 250 euros par mois ;
- le préjudice esthétique temporaire sera indemnisé à hauteur de 3 000 euros et le préjudice esthétique permanent à hauteur de 1 000 euros ;
- 3 000 euros seront alloués au titre des souffrances endurées.
Par un mémoire enregistré le 5 septembre 2023, la société Eurovia Languedoc Roussillon, représentée par l'AARPI d'Herbomez Lagrenade et Associés conclut :
1°) à titre principal, à ce qu'il soit sursis à statuer dans l'attente de l'arrêt rendu par la cour administrative d'appel sur l'appel formé contre le jugement avant-dire droit ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que le montant des préjudices dont se prévaut M. B soit réduit à la somme de 17 225,60 euros ;
3°) en toute hypothèse, au rejet des conclusions d'appel en garantie de la commune de Castelnau-le-Lez et à ce que celle-ci soit condamnée à la garantir de toutes condamnations prononcées à son encontre ;
4°) en toute hypothèse, à la condamnation de M. B et, subsidiairement, à la condamnation de la commune de Castelnau-le-Lez à lui verser une somme de 3 000 euros au titre des frais du litige.
Elle fait valoir que :
- le sursis à statuer se justifie par l'appel pendant ;
- les préjudices professionnels et d'agrément ne sont pas établis et les autres préjudices sont surévalués ;
- la réception sans réserve des travaux qu'elle a accomplis pour la commune de Castelnau-le-Lez rend irrecevable l'appel en garantie formée par cette commune à son encontre ;
- la commune de Castelnau-le-Lez a commis une faute qui justifie qu'elle la garantisse des éventuelles condamnations prononcées à son encontre.
Par un mémoire enregistré le 7 septembre 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault, représentée par la SCP d'avocats Cauvin-Leygue, demande de condamner solidairement la société Enedis et la commune de Castelnau-le-Lez à lui verser la somme de
31 149,29 euros avec intérêts au taux légal et capitalisation des intérêts au titre des prestations qu'elle a servies à son assuré et de lui allouer l'indemnité forfaitaire de gestion qui lui revient ainsi que la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative outre les entiers dépens.
Elle fait valoir que :
- elle a pris en charge 4 654,06 euros de frais hospitaliers, médicaux et pharmaceutiques ;
- elle a versé 22 385,17 euros d'indemnités journalières jusqu'au 28 février 2016 ;
- un capital rente de 4 110,06 euros a été alloué à M. B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public,
- les observations de Me Knispel, représentant M. B, celles de Me Huret, représentant la commune de Castelnau-le-Lez et celles de Me Sagnes pour la société Enedis.
Considérant ce qui suit :
1. Le 30 juillet 2014, M. A B, agent technique contractuel de la commune de Castelnau-le-Lez, qui était chargé d'effectuer, dans la chaussée communale, un trou à l'aide d'un marteau piqueur afin d'y fixer un panneau de signalisation, a percuté une gaine d'alimentation électrique basse tension, provoquant son électrocution en même temps qu'une double explosion et une gerbe de feu. Atteint de brûlures aux 1er et 2ème degrés au visage, au bras et à la main gauche puis ayant développé des séquelles psychologiques en lien avec son accident, il a demandé la condamnation de la commune et de la société Enedis à l'indemniser de ses préjudices. Par un jugement avant-dire droit du 30 décembre 2021, le Tribunal a reconnu la pleine responsabilité de la seule société Enedis et l'a condamnée à verser à M. B une indemnité provisionnelle de 1 000 euros en attendant les résultats de l'expertise médicale visant à préciser la nature et l'étendue des préjudices subis. A la suite du dépôt des conclusions de l'expert désigné par le Tribunal, M. B demande la condamnation de la société Enedis à lui verser une somme de 34 548 euros en réparation de ses préjudices.
Sur les conclusions à fin de non-lieu à statuer :
2. A la suite du dépôt du rapport d'expertise et aux échanges de mémoires entre les parties, le dossier étant en état, il y a lieu de déterminer le montant de la réparation mise à la charge de la société Enedis, nonobstant la circonstance que celle-ci a interjeté appel du jugement avant-dire droit.
Sur les préjudices subis par M. B :
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le déficit fonctionnel temporaire de
M. B peut être fixé à 100% durant les 6 jours d'hospitalisation que ce dernier a subi du 30 juillet au 4 août 2014. Ce déficit peut ensuite être fixé à 40% pendant une durée d'un mois, du 5 août au 5 septembre 2014, ainsi que le préconise l'expert, du fait des soins infirmiers alors subis, de la gêne de la gestuelle du membre supérieur gauche ainsi qu'au niveau des mimiques faciales. Enfin, M. B a subi un déficit fonctionnel temporaire de 20% jusqu'au 18 octobre 2016, date de consolidation de son état de santé lié aux gênes et contraintes résiduelles causées par ses brûlures mais surtout par un état d'angoisse post-traumatique, ayant fait l'objet de suivis psychiatriques et thérapeutiques. Eu égard aux éléments précités et à la durée relativement importante du préjudice temporaire subi par M. B, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire subi par l'intéressé, sur le fondement d'un taux journalier de 14 euros, en condamnant Enedis à verser une somme de 2 430 euros.
4. En deuxième lieu, il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées par
M. B avant sa consolidation, ci-dessus décrites et dont l'intensité a été évaluée à 3,5/7, en les indemnisant à hauteur de 3 500 euros.
5. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que le médecin conseil de la caisse primaire d'assurance maladie a estimé que l'état de santé de M. B était consolidé au 18 octobre 2016, alors que l'intéressé était âgé de 29 ans, avec un taux d'incapacité permanente de 9%, essentiellement dû à ses séquelles psychiques à raison d'un état de stress post-traumatique d'intensité modérée. M. B demande, dans ses écritures, à être indemnisé d'un déficit permanent de 4%, correspondant aux manifestations anxieuses phobiques spécifiques avec conduites d'évitement et syndrome de répétition. Eu égard au suivi psychiatrique et thérapeutique qui s'est poursuivi après consolidation de l'état de santé de l'intéressé et aux appréhensions dont fait état ce dernier vis-à-vis d'activités quotidiennes, il sera fait une juste appréciation de son déficit permanent en l'évaluant à la somme de 5 000 euros.
6. En quatrième lieu, le préjudice esthétique a été évalué à hauteur de 4/7 jusqu'au 5 septembre 2014, soit près d'un mois après l'accident, du fait des brûlures apparentes. Ce préjudice a ensuite été évalué par l'expert à hauteur de 1,5/7 pendant une période de six mois du fait de la résorption progressive des cicatrices, notamment faciales, et de l'évolution de la pigmentation dermique. Enfin, le préjudice esthétique peut ensuite être fixé de façon permanente, à 0,5/7 du fait d'une très discrète cicatrice nummulaire frontale car si le requérant fait état de la conservation d'autres stigmates physiques il ne les établit pas. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ces préjudices, temporaire et définitif, en les évaluant à la somme globale de 3 500 euros.
7. En cinquième lieu, l'expert relève que malgré l'absence de contre-indication physique, l'état de santé psychique et la crainte d'un accident sont à l'origine d'une appréhension de M. B à pratiquer des activités sportives susceptibles d'être physiquement exigeantes qu'il affectionnait auparavant, telles que le jet ski, le hockey sur glace ou le motocyclisme, sport pour lequel il détenait une licence en 2014. Si l'expert s'est refusé à se prononcer sur le caractère définitif de ce préjudice, sa durée, eu égard par ailleurs à l'âge de l'intéressé, justifie que soit allouée à M. B une somme de 1 000 euros au titre de ce préjudice d'agrément.
8. En sixième lieu, il n'est pas contesté que la caisse primaire d'assurance maladie a engagé 4 654,06 euros de frais hospitaliers et de frais médicaux et pharmaceutiques pour son assuré, en lien avec l'accident en litige. Il y a donc lieu de condamner Enedis à verser cette somme à la caisse primaire d'assurance maladie.
9. Enfin, il résulte de l'instruction que l'état de santé de M. B est incompatible avec l'exercice d'une activité professionnelle impliquant une présence prolongée sur la voirie et la médecine du travail a également préconisé que les temps de trajet du requérant soient réduits. S'il n'est ni allégué, ni établi que la modification des fonctions de M. B lui aurait causé un préjudice financier, il demeure que l'intéressé n'est plus en mesure d'effectuer l'ensemble des missions confiées aux agents techniques et que son accident a induit une modification, involontaire, de ses fonctions. Dès lors, M. B est fondé à soutenir qu'il subit un préjudice du fait de l'incidence professionnelle de son accident qui sera évaluée à la somme de 5 000 euros.
10. Par ailleurs, il résulte des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale que les prestations versées par un organisme de sécurité sociale à la suite d'un accident corporel ne peuvent être mises à la charge du responsable que par imputation sur le ou les postes de préjudice que ces prestations ont eu pour objet de réparer. Dans ce cadre, il importe de préciser que les indemnités journalières ont pour objet de réparer les pertes de revenus subies par la victime pendant la période d'incapacité temporaire. Eu égard à sa finalité de réparation d'une incapacité permanente de travail, qui lui est assignée par l'article L. 431-1, et à son mode de calcul, appliquant au salaire de référence de la victime le taux d'incapacité permanente défini par l'article L. 434-2, la rente d'accident du travail doit être regardée comme ayant pour objet exclusif de réparer, sur une base forfaitaire, les préjudices subis par la victime dans sa vie professionnelle en conséquence de l'accident, c'est-à-dire ses pertes de gains professionnels et l'incidence professionnelle de l'incapacité.
11. Si la caisse primaire d'assurance maladie déclare avoir versé des indemnités journalières à hauteur de 22 385,17 euros jusqu'au 28 février 2016 ainsi qu'une rente d'accident de travail à hauteur de 4 110,06 euros, le recours exercé par la caisse au titre de ces dépenses ne saurait s'exercer, conformément au principe précité, que sur les postes qu'elles ont pour objet de réparer, c'est-à-dire, s'agissant de la première, sur le poste de pertes de gains professionnels et s'agissant de la deuxième, sur les postes de pertes de gains professionnels et incidences professionnelles de l'incapacité.
12. Il résulte de l'instruction que M. B bénéficiait depuis près de trois ans de contrats à durée déterminée avec la commune de Castelnau-le-Lez, son employeur, et si l'accident en litige est survenu à la fin d'une période contractuelle, son engagement s'est néanmoins poursuivi puisqu'il était toujours en cours au jour de l'expertise. Dès lors, il est établi que M. B disposait de perspectives professionnelles et les indemnités journalières perçues depuis son accident jusqu'au 28 février 2016 lui ont nécessairement permis d'éviter ou de réduire les pertes de gains professionnels induits par ses arrêts de travail. Dès lors, il y a lieu de condamner Enedis à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault la somme de 22 385,17 euros. S'agissant de l'incidence professionnelle subie par M. B, doit être mise à la charge de la société Enedis, d'une part, une somme de 889,94 euros au profit du requérant, correspondant à la part non réparée par le versement de la rente d'accident de travail par la caisse primaire d'assurance maladie et, d'autre part, le versement d'une somme de 4 110,06 euros à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault.
13. La société Enedis est donc condamnée à verser à M. B une somme totale de 16 319,94 euros, incluant la provision de 1 000 euros déjà versée et à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault une somme de 31 149,29 euros.
Sur l'appel en garantie :
14. Aucune condamnation n'est prononcée à l'égard de la société Eurovia Languedoc Roussillon. Ainsi, les conclusions aux fins d'appel en garantie qu'elle présente à l'encontre de la commune de Castelnau-le-Lez ne peuvent qu'être rejetées comme dépourvues d'objet. Par ailleurs, le jugement avant-dire droit, rendu le 30 décembre 2021, a rejeté les conclusions d'appel en garantie dirigée par la commune de Castelnau-le-Lez à l'encontre de la société Eurovia Languedoc Roussillon. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur celles-ci.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
15. La caisse primaire d'assurance maladie a droit aux intérêts au taux légal correspondant à l'indemnité qui lui est due à compter du 13 août 2019, ainsi qu'elle le demande, dans la mesure où, à cette date, la société Enedis avait reçu sa demande indemnitaire.
16. Aux termes de l'article 1343-2 du code civil : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Pour l'application de ces dispositions, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond. Cette demande ne peut toutefois prendre effet que lorsque les intérêts sont dus au moins pour une année entière. Le cas échéant, la capitalisation s'accomplit à nouveau à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande. Ainsi, et en l'espèce, la caisse primaire d'assurance maladie qui a sollicité la capitalisation des intérêts dans son mémoire enregistré le 13 août 2019, est en droit de prétendre à celle-ci à compter du 13 août 2020, puis à chaque nouvelle échéance annuelle intervenue depuis lors.
Sur les frais d'expertise :
17. En vertu de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ". Les frais et honoraires d'expertise ont été taxés à la somme de 1 200 euros toutes taxes comprises par ordonnance du président du tribunal administratif de Montpellier en date du 27 avril 2023. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de les mettre à la charge définitive de la société Enedis.
Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :
18. Aux termes des dispositions du 9ème alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget () ". Pour leur application, l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 fixe respectivement à 115 euros et 1 162 euros les montants minimum et maximum de l'indemnité pouvant être recouvrée par l'organisme d'assurance maladie.
19. En vertu des dispositions précitées il y a lieu de condamner Enedis à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault une indemnité forfaitaire de 1 162 euros.
Sur les frais du litige :
20. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Enedis une somme de 1 000 euros à verser à M. B ainsi qu'une somme de 1 000 euros à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault au titre des frais exposés par eux en défense et non compris dans les dépens, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu de condamner M. B ou la commune de Castelnau-le-Lez, qui ne sont pas les parties perdantes dans le présent litige, à verser une somme à la société Eurovia Languedoc Roussillon.
D E C I D E :
Article 1er : La société Enedis est condamnée à verser à M. B en réparation de ses préjudices une somme de 15 319,94 euros, eu égard à la provision de 1 000 euros déjà versée.
Article 2 : La société Enedis est condamnée à verser à la caisse primaire d'assurance maladie la somme de 31 149,29 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 13 août 2019, et les intérêts échus au 13 août 2020, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : La société Enedis versera à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault une indemnité forfaitaire de 1 162 euros sur le fondement des dispositions du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 4 : La société Enedis versera une somme de 1 000 euros respectivement à M. B et à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Les frais d'expertise, taxés à la somme totale de 1 200 euros par ordonnance du 27 avril 2023 sont mis à la charge définitive de la société Enedis.
Article 6 : Le surplus des conclusions de l'ensemble des parties est rejeté.
Article 7 : La présente décision sera notifiée à M. A B, à la commune de Castelnau-le-Lez, à la société anonyme Enedis, à la société par actions simplifiée Entreprise Travesset, à la société Eurovia Languedoc-Roussillon et à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault.
Copie en sera adressée à l'expert, pour information.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 12 octobre 2023.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026