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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-1906736

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-1906736

mardi 26 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-1906736
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantS.C.P. CHICHET-HENRY AVOCATS - HG&C

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 18 décembre 2019, 14 octobre et 8 novembre 2021 et le 10 juin 2022, Mme C B, représentée par Me Cacciapaglia, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre communal d'action sociale (CCAS) de Saint-Cyprien à lui verser une indemnité de 5 322,10 euros en réparation des préjudices consécutifs à la gestion par ce centre de ses droits à l'aide au retour à l'emploi, assortie des intérêts de droit à compter de la réception de sa demande préalable et de la capitalisation des intérêts ;

2°) de condamner le CCAS à lui verser la somme de 4 000 euros en réparation de son préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence, assortie des intérêts de droit à compter de la réception de sa demande préalable et de la capitalisation des intérêts ;

3°) d'enjoindre au CCAS de Saint-Cyprien de lui verser l'allocation chômage avec effet rétroactif au 1er février 2019, déduction faite de la somme de 5 322,10 euros versée par Pôle emploi, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge du CCAS de Saint-Cyprien une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la responsabilité du CCAS est engagée du fait de son erreur d'appréciation dans le versement de l'allocation chômage d'aide au retour à l'emploi ; le régime d'auto-assurance justifiait que le CCAS lui verse l'aide au retour à l'emploi suite à son licenciement ;

- il n'a été procédé à aucun contrôle de son aptitude au travail ;

- elle réclame, au titre des préjudices en lien direct et certain avec la faute du CCAS, une indemnité de 5 322,10 euros au titre du préjudice matériel constitué du trop-perçu réclamé par Pôle Emploi, une indemnité de 4 000 euros au titre du préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence ainsi que le versement des allocations d'aide au retour à l'emploi avec effet rétroactif au 1er février 2019, en déduisant la somme versée au titre du trop-perçu ;

- elle justifie avoir remboursé à Pôle-emploi le trop-perçu réclamé.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er juillet 2020, 10 novembre 2021, 18 février, 20 mai et 30 juin 2022, le Centre Communal d'Action Sociale (CCAS) de Saint-Cyprien, représentée par la SCP d'avocats HG et C, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'il n'a commis aucune illégalité ; il n'a pas refusé de verser à Mme B le revenu de remplacement et s'est borné à lui indiquer que son dossier était en cours d'instruction et de vérification s'agissant de son aptitude physique à l'exercice d'un emploi ; il est toujours dans l'attente de la réponse des services préfectoraux, seuls compétents pour se prononcer sur l'aptitude au travail de la requérante ; la responsabilité de Pôle emploi peut être recherchée en raison des erreurs commises par ce service.

Par des mémoires, enregistrés les 16 novembre 2021 et 9 juin 2022, Pôle Emploi demande au tribunal, dans le cas où le tribunal reconnaîtrait que la charge de l'indemnisation de Mme B au titre de l'aide au retour à l'emploi incombe au CCAS de Saint-Cyprien, de le condamner à lui verser la somme de 4 322,10 euros en compensation du trop-perçu par la requérante.

Il fait valoir que :

- la prise en charge de l'aide au retour à l'emploi de Mme B incombe au CCAS de Saint-Cyprien ;

- la requérante n'a pas acquitté la somme de 5 322,10 euros correspondant au remboursement d'un trop-perçu en raison de la procédure de rétablissement personnel avec effacement de toutes les dettes de l'intéressée par la commission de surendettement de la banque de France incluant cet indu et les frais de mise en demeure ;

- Mme B a été licenciée pour inaptitude médicale sur son poste de travail d'aide à domicile et non sur tout poste ou tout emploi et n'est donc pas inapte médicalement au travail au sens de l'article R. 5411-10 du code du travail ; aucun motif légitime ne justifiait que soit prescrite une visite médicale auprès de la médecine de la main d'œuvre dès lors que l'aptitude au travail de Mme B résulte de l'attribution du statut d'invalidité en 1ère catégorie et de travailleur handicapé et de son accompagnement par Cap Emploi ; dès lors que Madame B est inscrite à Pôle emploi en qualité de demandeur d'emploi, son aptitude médicale est présumée et le CCAS doit considérer que cette condition est remplie.

Un moyen d'ordre public a été adressé aux parties, le 17 juin 2022, tiré de l'irrecevabilité des conclusions présentées par Pôle emploi tendant à la condamnation du CCAS à lui verser la somme de 4 322,10 euros, dès lors qu'elles relèvent d'un litige distinct et que Pôle emploi, observateur, n'a pas la qualité de partie à l'instance.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 18 octobre 2019.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômage ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Lafon, rapporteur public,

- et les observations de Me Delépine, substituant Me Cacciapaglia, représentant Mme B, et de Me Agier, représentant le centre communal d'action sociale de Saint Cyprien.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, licenciée pour inaptitude physique par le CCAS de Saint-Cyprien, a bénéficié de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) du 11 juin 2018 au 11 février 2019, date à laquelle un indu lui a été notifié par les services de Pôle Emploi. Elle a sollicité du CCAS le remboursement de ce trop-perçu ainsi que le versement de l'aide au retour à l'emploi puis a présenté une demande indemnitaire le 6 aout 2019 tendant à ce que le CCAS lui verse une indemnisation correspondant à la somme de 5 322,10 euros au titre du trop-perçu, la somme de 4 000 euros au titre du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence qu'elle subit, ainsi que le versement à titre rétroactif de ses indemnités de chômage. Par sa requête, Mme B demande la condamnation du CCAS de Saint-Cyprien à lui verser les sommes réclamées dans sa demande préalable qui a été rejetée par décision du 12 août 2019.

Sur les conclusions présentées par Pôle Emploi :

2. Les conclusions présentées par Pôle emploi tendant à la condamnation du CCAS à lui verser la somme de 4 322,10 euros sont irrecevables dès lors qu'elles relèvent d'un litige distinct et que Pôle emploi, observateur, n'a pas la qualité de partie à l'instance. Elles doivent donc être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires présentées par Mme B :

En ce qui concerne la responsabilité pour faute :

3. D'une part, aux termes de l'article L. 5421-1 du code du travail : " En complément des mesures tendant à faciliter leur reclassement ou leur conversion, les travailleurs involontairement privés d'emploi (), aptes au travail et recherchant un emploi, ont droit à un revenu de remplacement dans les conditions fixées au présent titre ". L'article L. 5422-1 du même code dispose que " I.- Ont droit à l'allocation d'assurance les travailleurs aptes au travail et recherchant un emploi () ". L'article 1er du règlement général annexé à la convention du 14 mai 2014 relative à l'indemnisation du chômage agréée par l'arrêté du 25 juin 2014 du ministre du travail, de l'emploi et du dialogue social prévoit que : " Le régime d'assurance chômage assure un revenu de remplacement dénommé allocation d'aide au retour à l'emploi, pendant une durée déterminée, aux salariés involontairement privés d'emploi qui remplissent des conditions d'activité désignées période d'affiliation, ainsi que des conditions d'âge, d'aptitude physique, de chômage, d'inscription comme demandeur d'emploi, de recherche d'emploi ". Ces dispositions sont applicables aux agents des collectivités territoriales dans les conditions prévues par l'article L. 5424-1 du code du travail. Il appartient aux collectivités territoriales qui assurent la charge et la gestion de l'indemnisation de leurs agents en matière d'allocation d'aide au retour à l'emploi de s'assurer, lorsqu'ils demandent le bénéfice de cette allocation, qu'ils remplissent l'ensemble des conditions auxquelles son versement est subordonné.

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 5421-3 du même code : " La condition de recherche d'emploi requise pour bénéficier d'un revenu de remplacement est satisfaite dès lors que les intéressés sont inscrits comme demandeurs d'emploi et accomplissent, à leur initiative ou sur proposition de l'un des organismes mentionnés à l'article L. 5311-2, des actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer ou de reprendre une entreprise ". L'article de l'article 4 du règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômage dispose que " Les salariés privés d'emploi justifiant d'une durée d'affiliation telle que définie aux articles 3 et 28 doivent : a) être inscrits comme demandeur d'emploi ou accomplir une action de formation inscrite dans le projet personnalisé d'accès à l'emploi ; () d) être physiquement aptes à l'exercice d'un emploi ; () ".

5. Il résulte de ces dispositions que l'ouverture du droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi est subordonnée à la condition, prévue à l'article L. 5421-1 du code du travail cité au point 2 et à l'article 4 du règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômage, que l'intéressé soit physiquement apte au travail. Le contrôle de cette condition d'aptitude au travail relève, en vertu de l'article R. 5426-1 de ce code, de la compétence du préfet, l'article R. 5426-2 prévoyant que les agents chargés de ces opérations peuvent se faire communiquer par Pôle emploi tous documents et informations nécessaires à l'accomplissement de leur mission de contrôle. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 341-4 du code de la sécurité sociale : " En vue de la détermination du montant de la pension, les invalides sont classés comme suit : / 1°) invalides capables d'exercer une activité rémunérée ; / 2°) invalides absolument incapables d'exercer une profession quelconque ; / 3°) invalides qui, étant absolument incapables d'exercer une profession, sont, en outre, dans l'obligation d'avoir recours à l'assistance d'une tierce personne pour effectuer les actes ordinaires de la vie. " .

6. Il appartient aux collectivités territoriales qui assurent la charge et la gestion de l'indemnisation de leurs agents en matière d'allocation d'aide au retour à l'emploi de s'assurer, lorsqu'ils demandent le bénéfice de cette allocation, qu'ils remplissent l'ensemble des conditions auxquelles son versement est subordonné. Un ancien agent public satisfait à la condition d'aptitude à l'emploi, à laquelle l'ouverture du droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi est subordonnée en vertu de l'article L. 5421-1 du code du travail, aussi longtemps qu'il demeure inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi mentionnée à l'article L. 5421-3 du même code.

7. Enfin, l'ancien employeur ne peut utilement opposer à l'intéressé l'avis concluant à son inaptitude totale et définitive à toutes fonctions émis par le comité médical départemental dans le cadre de la procédure préalable à son licenciement de la fonction publique territoriale, cette procédure étant indépendante de celle selon laquelle s'apprécie l'aptitude au travail des personnes involontairement privées d'emploi.

8. Il résulte de l'instruction que le CCAS de Saint-Cyprien, qui employait Mme B et l'a licenciée le 27 mai 2018 en raison d'une inaptitude définitive à son poste d'aide à domicile à la suite d'un congé de grave maladie, dispose d'un régime d'auto-assurance au titre de l'allocation d'aide au retour à l'emploi pour ses agents titulaires ayant fait l'objet d'une mesure de privation d'emploi. A ce titre, il était responsable de l'examen de la demande de Mme B formée pour bénéficier de cette aide, sans pouvoir opposer à cette dernière, ainsi qu'exposé aux points qui précèdent, l'avis du comité médical départemental concluant à son inaptitude à toutes fonctions, à l'origine de son licenciement.

9. Mme B, inscrite comme demandeur d'emploi le 4 juin 2018, a sollicité auprès de Pôle Emploi le bénéfice de l'aide au retour à l'emploi. Pôle Emploi a refusé sa demande en l'informant le 26 juin 2018 que son employeur, relevant du secteur public, assurait lui-même l'indemnisation de ses anciens salariés et devait, de ce fait, lui transmettre une attestation d'employeur en auto-assurance. Mme B s'est alors adressée au CCAS de Saint-Cyprien, lequel a transmis à Pôle Emploi une attestation indiquant à tort qu'il avait adhéré " à titre révocable " au régime général d'assurance chômage depuis le 1er janvier 2005. Cette attestation erronée a déclenché l'indemnisation de la requérante au titre de l'aide au retour à l'emploi à compter du 11 juin 2018 par Pôle Emploi, en générant un indu d'un montant de 5 322,10 euros pour la période de juin 2018 à janvier 2019. Pôle Emploi, ayant détecté le caractère erroné de l'attestation, a informé Mme B, par courrier du 11 février 2019 qu'elle était redevable de cet indu, et qu'elle ne percevrait plus l'allocation chômage dès lors qu'il appartenait à son ancien employeur de lui verser les allocations pour perte d'emploi, si elle remplissait les conditions pour y prétendre. Il s'ensuit que le CCAS de Saint-Cyprien a commis une faute, à l'origine de l'indu, susceptible d'engager sa responsabilité à l'égard de Mme B pour les préjudices en résultant.

10. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que Mme B a informé le CCAS, par courrier du 11 mars 2019, qu'elle percevait une pension d'invalidité de catégorie 1, servie aux personnes invalides capables d'exercer une activité rémunérée. Le CCAS avait donc connaissance, à cette date, de l'aptitude physique au travail de la requérante et, dès lors qu'il était établi que Mme B remplissait la condition d'aptitude à l'emploi pour pouvoir prétendre au versement de l'aide au retour à l'emploi, il n'était pas tenu de saisir le préfet des Pyrénées-Orientales sur le fondement de l'article R. 5426-1 du code du travail. Dans ces conditions, c'est à tort que le CCAS a refusé de verser à Mme B l'aide au retour à l'emploi au motif que le contrôle de son aptitude au travail n'était pas encore réalisé et cette faute est également de nature à engager sa responsabilité.

En ce qui concerne les préjudices :

11. Il résulte de l'instruction que Mme B a fait l'objet d'une procédure de rétablissement personnel et que sa dette auprès de Pôle Emploi a été effacée le 24 décembre 2020 par la commission de surendettement de la banque de France. Ainsi, contrairement à ce qu'elle affirme, la requérante n'a donc pas remboursé la somme de 5 322,10 euros qu'elle a perçu au titre de l'aide au retour à l'emploi pour la période du 11 juin 2018 au 11 février 2019 et ne peut, par suite, se prévaloir d'un préjudice qui résulterait de ce remboursement. En revanche, Mme B a droit à une indemnisation équivalente à son droit au bénéfice de l'aide au retour à l'emploi depuis le 1er février 2019, date à laquelle elle a cessé de percevoir l'allocation par Pôle Emploi, jusqu'à la date à laquelle elle est arrivée en fin de droits. L'état de l'instruction ne permettant pas de déterminer le montant exact dû à la requérante, il y a lieu de renvoyer Mme B devant le CCAS de Saint Cyprien pour qu'il soit procédé à la liquidation des sommes qui doivent lui être versées.

12. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que la carence du CCAS à verser à Mme B l'aide au retour à l'emploi a contribué à la situation de surendettement de la requérante et à son état anxio-dépressif lié à sa précarité financière, attesté par son médecin traitant le 22 juillet 2019. Il sera fait une juste appréciation des préjudices subis par Mme B en lui allouant la somme globale de 2 000 euros.

13. Les sommes dues à Mme B seront assorties des intérêts au taux légal à compter du 6 août 2019, date de réception par le CCAS de Saint-Cyprien de sa demande indemnitaire préalable, et de la capitalisation de ces intérêts à compter du 6 août 2020 puis à chaque échéance annuelle.

Sur les conclusions en injonction sous astreinte :

14. Dès lors que le présent jugement renvoie Mme B devant le CCAS afin de déterminer et de liquider ses droits à l'allocation de l'aide au retour à l'emploi à compter du 1er février 2019 et jusqu'à la date de fin de droits, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions aux fins d'injonction sous astreinte présentées par la requérante.

Sur les frais liés au litige :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la CCAS au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

16. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du CCAS de Saint-Cyprien une somme de 1 200 euros à verser à Me Cacciapaglia, avocate de la requérante, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation au versement de la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre communal d'action sociale de Saint Cyprien est condamné à verser à Mme B le montant de l'indemnité correspondant à son droit à l'allocation au retour à l'emploi depuis le 1er février 2019. Mme B est renvoyée devant le centre communal d'action sociale de Saint Cyprien afin qu'il soit procédé à la liquidation des sommes dues à ce titre, assorties des intérêts au taux légal calculés à compter du 6 août 2019 et capitalisés à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Article 2 : Le centre communal d'action sociale de Saint Cyprien est condamné à verser à Mme B la somme de 2 000 euros en réparation des préjudices subis, assortie des intérêts au taux légal calculés à compter du 6 août 2019 et capitalisés à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Article 3 : Le centre communal d'action sociale de Saint-Cyprien versera à Me Cacciapaglia une somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Les conclusions indemnitaires présentées par Pôle emploi sont rejetées.

Article 6 : Les conclusions présentées par le centre communal d'action sociale de Saint Cyprien au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme B, au centre communal d'action sociale de Saint-Cyprien, au préfet des Pyrénées-Orientales, à Pôle emploi et à Me Cacciapaglia.

Délibéré après l'audience du 1er juillet 2021, à laquelle siégeaient :

Mme Encontre, présidente,

M. Myara, premier conseiller,

Mme Crampe, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2022.

La rapporteure

S. ALa présidente,

S. EncontreLa greffière,

L. Rocher

La République mande et ordonne à la ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 26 juillet 2022.

La greffière

L. Rocher

dl

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