jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2000040 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | LERIDON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 4 janvier 2020 et le
7 octobre 2022, la société par actions simplifiées (SAS) François Fondeville, représentée par Me Meneau, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
A titre principal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Carcassonne à lui verser la somme de
58 317,22 euros toutes taxes comprises au titre du solde du décompte général et définitif ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Carcassonne à lui verser la somme de
27 210,47 euros au titre du préjudice financier subi du fait du retard à libérer la garantie à première demande ;
3°) de condamner le centre hospitalier de Carcassonne aux intérêts légaux et moratoires sur le solde du décompte général à compter du 12 décembre 2015, ces sommes portant intérêt à compter de la saisine de la juridiction.
A titre subsidiaire :
4°) de condamner la société AIA Life Designers à la relever et garantir de la somme de 4 224,60 euros toutes taxes comprises qui serait mise à sa charge au titre du décompte général ;
5°) de condamner la société Axima Concept à la relever et garantir de la somme de
46 320 euros toutes taxes comprises qui serait mise à sa charge au titre du décompte général ;
En tout état de cause :
6°) de condamner le centre hospitalier de Carcassonne à lui verser une somme de
2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société soutient que :
- elle est mandataire du groupement attributaire du marché de conception-réalisation ayant pour objet la construction du nouvel hôpital de Carcassonne ;
- le solde du décompte général du marché doit être fixé à la somme de 58 317,22 euros toutes taxes comprises ;
- la réfaction pour la pose des stores, pour un montant de 8 449,20 euros toutes taxes comprises, n'est pas justifiée dès lors que l'absence de stores était apparente lors de la réception, qu'ils ne figuraient pas dans les pièces du marché et n'ont pas donné lieu à l'émission de réserves et ne pouvaient figurer dans le décompte général ;
- la société AIA Life Designers devra la garantir intégralement de la somme mise à sa charge dès lors que l'absence de stores relève d'une erreur de conception ;
- la réfaction, opérée pour la pompe de médecine nucléaire pour un montant de 480,60 euros toutes taxes comprises, n'est plus contestée ;
- la réfaction pour l'installation des séparateurs climatiques n'est pas justifiée dès lors que le centre hospitalier ne démontre pas le caractère indispensable de ces travaux, ni que les températures de confort n'étaient pas atteintes ;
- ces travaux relèvent de la seule responsabilité des sociétés AIA Life Designers et Axima Concept, membres du groupement, qui devront la garantir intégralement ;
- la pénalité, appliquée en raison d'un défaut de fonctionnement du pneumatique pour un montant de 15 000 euros, n'est pas justifiée dès lors que ce dysfonctionnement ne résulte pas de la conception de l'appareil mais d'une mauvaise utilisation ;
- les frais de nettoyage, à hauteur de 14 038,08 euros toutes taxes comprises, ne sont plus contestés ;
- les frais d'électricité, réclamés à hauteur d'une somme de 32 321,91 euros toutes taxes comprises, doivent être diminués d'une somme de 17 022,20 euros toutes taxes comprises laquelle correspond aux consommations de fluides postérieures à la date de réception de l'ouvrage, en application de l'article 3-2 du CCAP ;
- le centre hospitalier de Carcassonne a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en libérant tardivement la garantie à première demande alors qu'il s'était engagé à la libérer immédiatement le 2 décembre 2015 ;
- il en est résulté un coût de 27 210,47 euros correspondant à un retard de 509 jours.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2022, le centre hospitalier de Carcassonne, représenté par Me Kamkar, conclut au rejet de la requête et à ce que le décompte définitif soit fixé à un solde négatif de 24 249,58 euros toutes taxes comprises, outre la condamnation de la société à lui verser une somme de 2 500 euros au titre des frais d'instance.
Il fait valoir que :
- la retenue au titre de la pose des stores est justifiée dès lors qu'une occultation était prévue par le programme technique, et que la pose de ces stores avait été décidée lors de la réunion du 2 décembre 2015 ;
- le remplacement de la pompe de médecine nucléaire justifiait une réfaction dès lors qu'il entre dans la garantie de bon fonctionnement et que la société François Fondeville s'était engagée à la changer ;
- la réfaction, relative à la pose de séparateurs climatiques, est justifiée dès lors que le programme technique détaillé prévoyait une obligation de résultat quant aux températures d'été et d'hiver à atteindre dans tous les locaux ; l'installation de ces séparateurs, bien que non prévue au marché, se justifiait ;
- la pénalité, relative au mauvais fonctionnement des pneumatiques, a été appliquée conformément à l'article 11.6.4 du CCAP en raison des dysfonctionnements constatés dès le 18 février 2015 ;
- les frais de nettoyage sont justifiés et ont été admis par la société François Fondeville ;
- la société Fondeville devait payer les frais d'électricité en application de l'article 3.2 du CCAP ;
- les demandes de rémunérations complémentaires ne sont pas justifiées ;
- elle ne justifie pas des sommes réclamées au titre de la libération tardive de la garantie à première demande.
Par un mémoire enregistré le 7 avril 2023, la société Axima Concept, représentée par Me Leridon, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SAS François Fondeville au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que l'appel en garantie dirigé par la société François Fondeville n'est pas fondé dès lors qu'elle n'a commis aucun manquement dans l'exécution du marché dont elle était titulaire et que l'installation de ces séparateurs, non prévus dans le marché initial, a été parfaitement réalisée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public,
- et les observations de Me Meneau pour la société SAS François Fondeville.
Considérant ce qui suit :
1. Par acte d'engagement du 22 juin 2010, le centre hospitalier de Carcassonne, maître d'ouvrage, a confié à un groupement constitué notamment de la Sas François Fondeville, la Sas Axima Concept et la Sas AIA Life Designers Life designers, la conception et la réalisation du nouvel hôpital de Carcassonne. Les travaux ont fait l'objet d'une réception avec réserves le 19 février 2014, réserves levées le 21 juillet 2014. Toutefois, en raison de la persistance de certains désordres, la société François Fondeville a accepté de terminer un certain nombre de prestations entre les mois de juillet 2014 et novembre 2014. Par courrier du 18 février 2015, le centre hospitalier de Carcassonne a décidé de prononcer la prolongation du délai de garantie de parfait achèvement jusqu'au 18 février 2016, en raison d'une mauvaise exécution du marché. Par courrier du 4 juin 2015, la Sas François Fondeville a transmis au centre hospitalier de Carcassonne un projet de décompte final que le maître d'ouvrage a refusé. Le 20 février 2019, le centre hospitalier de Carcassonne a adressé à la Sas François Fondeville un décompte général signé par le maître d'ouvrage, mettant à sa charge la somme de 24 249,58 euros toutes taxes comprises. La société François Fondeville a contesté ce décompte général par un mémoire en réclamation le 4 avril 2019. Par sa requête, la Sas François Fondeville demande au tribunal de fixer le décompte général et définitif à la somme de 58 317,22 euros toutes taxes comprises et de condamner le centre hospitalier de Carcassonne à lui verser ladite somme. Elle demande également la condamnation de ce dernier à lui verser la somme de 27 210,47 euros au titre du préjudice financier subi du fait du retard à libérer la garantie à première demande.
Sur le solde du marché :
En ce qui concerne la contestation de la réfaction pratiquée par le centre hospitalier sur le remplacement de la pompe de médecine nucléaire :
2. Dans le dernier état de ses écritures, la société Francois Fondeville ne conteste plus le bien-fondé de cette réfaction fixée à la somme de 810,60 euros toutes taxes comprises.
En ce qui concerne la contestation des réfactions pratiquées par le centre hospitalier sur la pose des stores et l'installation des séparateurs climatiques :
3. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de la réception des locaux de l'hôpital, le centre hospitalier de Carcassonne a adressé à la Sas Fondeville, en sa qualité de mandataire du groupement, un décompte de liquidation faisant apparaître, d'une part, une réfaction à hauteur d'une somme de 8 449,20 euros au titre de la pose de stores et, d'autre part, une seconde réfaction, à hauteur d'une somme de 46 320 euros toutes taxes comprises, concernant l'installation de séparateurs climatiques. La société requérante conteste ces réfactions en se prévalant du caractère apparent des désordres lors de la réception, de nature à faire obstacle à leur intégration dans le décompte de liquidation.
4. La réception est l'acte par lequel le maître de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage avec ou sans réserve et met fin aux rapports contractuels entre le maître de l'ouvrage et les constructeurs en ce qui concerne la réalisation de l'ouvrage. Si elle interdit, par conséquent, au maître de l'ouvrage d'invoquer, après qu'elle a été prononcée, et sous réserve de la garantie de parfait achèvement, des désordres apparents causés à l'ouvrage ou des désordres causés aux tiers, dont il est alors réputé avoir renoncé à demander la réparation, elle ne met fin aux obligations contractuelles des constructeurs que dans cette seule mesure. Ainsi la réception demeure, par elle-même, sans effet sur les droits et obligations financiers nés de l'exécution du marché, à raison notamment de retards ou de travaux supplémentaires, dont la détermination intervient définitivement lors de l'établissement du solde du décompte définitif. Seule l'intervention du décompte général et définitif du marché a pour conséquence d'interdire au maître de l'ouvrage toute réclamation à cet égard.
5. Il résulte de ce qui précède que le maître de l'ouvrage qui n'a pas émis de réserves concernant des désordres apparents lors de la réception ne peut pas, sauf si des stipulations contractuelles le prévoient, inscrire dans le décompte général du marché des sommes visant à procéder à leur réparation.
6. D'une part, il résulte du programme technique, annexé au marché de construction de l'hôpital, qu'une prestation d'occultation des vitres était prévue contractuellement, sans toutefois que les éléments produits par les parties ne mentionnent spécifiquement l'installation de stores au niveau de la borne d'accueil du bâtiment. Toutefois, il résulte de l'instruction que dans le cadre de la garantie de parfait achèvement, le centre hospitalier de Carcassonne a notifié à la société François Fondeville une difficulté de conception de cette borne d'accueil en raison d'une situation d'éblouissement des hôtesses d'accueil, situation dont la société requérante a reconnu la réalité et admis l'existence d'une erreur de conception de l'ouvrage, ainsi qu'il résulte du compte-rendu de réunion du 2 décembre 2015. Il ne résulte pas de l'instruction qu'un tel vice, dont il est constant qu'il est apparu et a été signalé dans l'année suivant la date de réception, aurait été connu lors de la réception par les participants à l'opération de construction et du maître d'ouvrage. Il ne résulte pas davantage de l'instruction que ces désordres auraient été détectables à la date de réception de l'ouvrage. Par suite, la société François Fondeville n'est pas fondée à soutenir que le caractère apparent des désordres lors de la réception fait obstacle à la réfaction opérée par le centre hospitalier de Carcassonne à raison de la pose de ces stores.
7. D'autre part, si la société François Fondeville soutient qu'aucune réfaction ne pouvait être opérée par le centre hospitalier de Carcassonne au titre de la pose des séparateurs climatiques faute d'en démontrer le caractère indispensable, elle n'établit ni le caractère apparent des désordres en cause, ni ne produit d'éléments techniques démontrant le fonctionnement normal du système de chauffage-rafraîchissement, alors qu'il résulte de l'instruction qu'elle n'en a jamais contesté le principe, et a accepté, le 2 décembre 2015, de prendre en charge l'installation desdits séparateurs, après avoir proposé plusieurs solutions techniques qui n'ont pas permis de faire cesser le désordre. Dans ces conditions, la société François Fondeville n'est pas fondée à contester la réfaction pratiquée par le centre hospitalier de Carcassonne à ce titre.
En ce qui concerne le bien-fondé de la pénalité relative au mauvais fonctionnement des pneumatiques :
8. Aux termes des stipulations de l'article 11.5 du cahier des clauses administratives particulières : " délai de garanties " : " Le délai d'intervention suite à une demande de l'ATMO ou du Maître d'Ouvrage dans le cadre de la garantie de parfait achèvement n'excède pas 7 jours calendaires ". L'article 11.6.4 " Pénalités pour non-respect des obligations en matière de garantie " stipule quant à lui " : En cas de non-respect du délai d'intervention, suite à une demande de l'ATMO ou du maitre d'ouvrage dans le cadre de la garantie de parfait achèvement ou des garanties particulières, une pénalité journalière de 1000 € HT pourra être appliquée au groupement. "
9. Il résulte de l'instruction qu'une pénalité d'un montant de 15 000 euros toutes taxes comprises a été appliquée par le maître d'ouvrage en raison de dysfonctionnements affectant le système de pneumatique, en application de l'article 11.6.4 du cahier des clauses administratives particulières. Si la société requérante conteste cette pénalité en se prévalant d'une utilisation excessive et donc anormale du système, elle ne conteste toutefois pas ne pas être intervenue dans les sept jours suivant la demande du maître d'ouvrage l'informant des difficultés affectant le système, qui ont été portées à sa connaissance dès le mois de novembre 2014. Sa contestation relative à l'application de cette pénalité doit être écartée.
En ce qui concerne les frais de nettoyage :
10. La retenue d'un montant de 14 038,08 euros toutes taxes comprises n'est plus contestée par la société François Fondeville.
En ce qui concerne les frais d'électricité :
11. Aux termes des stipulations de l'article 3.2 du cahier des clauses administratives particulières " contenu du prix " : " Les prix du marché sont hors T.V.A auxquels on applique le taux de T.V.A en vigueur au moment du règlement:/ " Les prix comprennent les dépenses liées aux essais avant réception (cout de l'eau, combustible consommé, électricité, gaz, essais acoustiques, mesures de vibrations, essais de désenfumages, de sécurité incendie, (). Dans le cas d'un raccordement à la plateforme logistique énergie du BEA, tous les frais (consommation, exploitation et loyer) sont dus par le titulaire jusqu'à la date de la réception. () / i) Le groupement prend en charge les dépenses de chantier, notamment celles mentionnées ci-après, comme dépenses d'investissement, d'entretien ou communes : () 4. frais relatifs aux consommations du chantier et aux installations communes du chantier (eau, électricité, téléphone, () ".
12. Le centre hospitalier de Carcassonne a inclus dans le décompte de liquidation la somme de 32 321,91 euros, toutes taxes comprises, correspondant à l'utilisation de fluides par le groupement dans le cadre de la période de levée de réserves. Si la société requérante soutient que les consommations d'énergie correspondant aux factures litigieuses sont afférentes à une période postérieure à la réception des ouvrages et ne sauraient donc lui être imputées, l'ensemble des consommations de fluides étant intervenues après le 19 février 2014. Toutefois, il résulte de l'instruction que les sociétés membres du groupement se sont maintenues sur le chantier après la date de réception de l'ouvrage et sont intervenues pour y achever les travaux, dans le cadre de la garantie de parfait achèvement actionnée par le centre hospitalier de Carcassonne. Ainsi la société requérante, qui du reste avait, dans un premier temps accepté de prendre en charge ces frais, n'établit pas que les consommations d'énergie afférentes aux factures litigieuses ne lui étaient pas imputables.
Sur les appels en garantie :
13. Dans le cadre d'un litige né de l'exécution de travaux publics, le titulaire du marché peut rechercher la responsabilité quasi-délictuelle des autres participants à la même opération de construction avec lesquels il n'est lié par aucun contrat, notamment s'ils ont commis des fautes qui ont contribué à l'inexécution de ses obligations contractuelles à l'égard du maître d'ouvrage, sans devoir se limiter à cet égard à la violation des règles de l'art ou à la méconnaissance de dispositions législatives et réglementaires. Il peut en particulier rechercher leur responsabilité du fait d'un manquement aux stipulations des contrats qu'ils ont conclus avec le maître d'ouvrage.
En ce qui concerne l'appel en garantie de la société François Fondeville à l'égard de la société Axima Concept et de la société AIA Life Designers relatif aux désordres thermiques :
14. Il résulte de ce qui a été dit au point 7, qu'à la suite de la survenance de désordres affectant le système de chauffage-rafraîchissement, le centre hospitalier de Carcassonne a constaté que les températures, contractuellement souhaitées en hiver et en été, n'étaient pas atteintes dans toutes les parties de l'hôpital, ce qui a rendu nécessaire la pose de séparateurs thermiques. Il résulte de l'instruction, et n'est du reste pas contesté par les parties, que ce désordre est imputable à un défaut de conception. Si la société François Fondeville sollicite la garantie de la société Axima Concept, en faisant valoir que celle-ci était titulaire du lot " génie-climatique ", elle ne soutient, ni même n'allègue, que cette société aurait manqué à ses obligations en raison d'une mauvaise exécution des travaux prévus dans le marché, ni qu'elle aurait manqué à son devoir de conseil en s'abstenant d'attirer son attention ou celle du maître d'ouvrage sur un tel défaut de conception. Par suite, la société François Fondeville n'établit pas que la société Axima Concept aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité à son égard. En revanche, ce défaut de conception, que la société AIA Life Designers, bien que mise en cause, n'a pas contesté, est de nature à engager sa responsabilité au regard de sa mission de maîtrise d'œuvre. Dans ces conditions, la société François Fondeville est uniquement fondée à demander à ce que la société AIA Life Designers la garantisse intégralement du paiement de la somme de 46 320 euros toutes taxes comprises.
En ce qui concerne l'appel en garantie de la société François Fondeville à l'égard de la société AIA Life Designers relatif à la pose des stores :
15. Il résulte de l'instruction que la pose des stores a, ainsi qu'il a été dit au point 6, été rendue nécessaire, afin de faire cesser l'éblouissement des hôtesses d'accueil dans l'entrée de l'hôpital, et est imputable à un défaut de conception. La société AIA Life Designers, à laquelle avait été confié la conception de l'ouvrage, a commis une faute de nature à engager sa responsabilité à l'égard de la société François Fondeville. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction qu'une faute aurait été commise par la société François Fondeville laquelle aurait contribué à la survenance du désordre. Par suite la société François Fondeville est fondée à demander à ce que la société AIA Life Designers concept la garantisse intégralement de la réfaction décidée par le centre hospitalier de Carcassonne relatif à la pose des stores, soit, en tenant compte du partage de responsabilité appliqué par le maître d'ouvrage, une somme de
4 224,60 euros toutes taxes comprises.
Sur la responsabilité du centre hospitalier de Carcassonne :
16. Aux termes des stipulations de l'article 7-1 du cahier des clauses administratives particulières " Garantie financière " : " Une retenue de garantie de 5,00 % est effectuée d'office sur les acomptes sur travaux (augmenté le cas échéant du montant des avenants de travaux). / Cette retenue de garantie peut être remplacée au gré du titulaire par une garantie à première demande, constituée en totalité au plus tard à la date à laquelle le titulaire remet la demande de paiement correspondant au premier acompte du marché. Il ne sera par contre pas accepté de caution personnelle et solidaire. () Le titulaire garde la possibilité, pendant toute la durée du marché, de substituer une garantie à première demande à la retenue de garantie. / La retenue de garantie est remboursée, et les établissements ayant accordés leurs garanties sont libérés, si le Maitre d'Ouvrage n'a pas, avant l'expiration du délai de garantie de parfait achèvement, notifié par lettre recommandée au groupement ou à l'Etablissement, selon le cas, que le marché n'a pas été correctement exécuté. En l'absence de cette notification, le remboursement de la retenue de garantie intervient dans le mois qui suit l'expiration du délai de garantie. ".
17. La société François Fondeville soutient que le centre hospitalier de Carcassonne a commis une faute en s'abstenant de libérer la garantie à première demande immédiatement, ainsi qu'il s'y était engagé le 3 décembre 2015, et réclame, à ce titre, le versement d'une somme de 27 210,47 euros correspondant au coût de cette garantie jusqu'au 12 juillet 2017 soit durant une période de 509 jours. Toutefois, si le centre hospitalier de Carcassonne avait notifié à la société requérante son engagement de lever une telle garantie lors d'une réunion du 2 décembre 2015, cette libération était conditionnée par la réalisation, par la société François Fondeville, des travaux restant à réaliser dans le cadre de la garantie de parfait achèvement. Or, par deux courriers des 14 janvier et 23 Mars 2016, le maître d'ouvrage a notifié au mandataire du groupement la mauvaise exécution du marché et a, ce faisant, fait application de l'article 7-1 du CCAP précité. En tout état de cause, la somme réclamée par la société requérante, qui fait valoir que le coût annuel d'une garantie à première demande est fixé à 0,5% du montant garanti et qu'elle aurait exposé un coût de 19 512,42 euros pour la garantie mobilisée sur ce contrat d'un montant de 3 902 483,97 €, n'en justifie pas. Il s'ensuit que la société François Fondeville n'est pas fondée à demander que la responsabilité du centre hospitalier de Carcassonne soit engagée, et ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge de ses frais d'instance.
DECIDE :
Article 1er : Le solde du marché est fixé à la somme de -24 249,58 euros toutes taxes comprises.
Article 2 : La société François Fondeville est condamnée à payer au centre hospitalier de Carcassonne la somme de 24 249,58 euros toutes taxes comprises.
Article 3 : La société AIA Life Designers est condamnée à garantir la société François Fondeville à hauteur d'une somme de 50 544,60 euros toutes taxes comprises.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à la société SAS François Fondeville, à la société AIA Life Designers, à la société Axima Concept et au centre hospitalier de Carcassonne, ainsi qu'à Me Gascon et Me Brenac, liquidateurs de la SAS Fondeville.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024 .
La rapporteure,
A. A
Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 juin 2024,
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026