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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2002795

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2002795

lundi 30 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2002795
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP TRIAS VERINE VIDAL GARDIER-LEONIL ROYER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par requête, enregistrée le 15 juillet 2020, Mme B A, représentée par Me Vidal, demande au tribunal la condamnation du centre hospitalier universitaire (CHU) de Montpelier à lui verser une somme globale de 161 602,32 euros réparant ses préjudices.

Elle soutient que :

- le CHU est responsable du dommage résultant de l'infection nosocomiale, sur le fondement de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, car aucune cause étrangère n'est invoquée, et elle n'a pas été soignée en temps et heure ;

- son déficit fonctionnel temporaire total est de 720 euros, et est de 3 525 euros pour celui de classe 4, de 600 euros pour celui de classe 2, et 182 euros pour celui de classe 1 ;

- son préjudice physique est de 10 000 euros, le préjudice esthétique temporaire et permanent de 9 000 euros, l'aide par une tierce personne de 114 575,32 euros, le déficit fonctionnel permanent de 20 000 euros, et le préjudice d'agrément de 3 000 euros.

Par mémoire, enregistré le 17 septembre 2020, le centre hospitalier universitaire de Montpellier, représenté par Me Armandet, conclut au rejet du recours.

Il soutient que les experts ont relevé que le lymphocèle survenu après l'opération du 30 novembre 2017 constituait un accident médical non fautif, les infections étant en rapport avec lui et sans lien avec l'infection nosocomiale, et que l'écoulement du 27 décembre 2017, non infectieux, est bénin.

Par mémoire, enregistré le 13 octobre 2020, la CPAM de la Haute-Garonne, intervenant pour le compte de la CPAM des Pyrénées-Orientales, indique ne présenter aucune demande.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rabaté, rapporteur ;

- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.

- et les observations de Me Armandet, pour le CHU de Montpellier.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ". Si ces dispositions font peser sur l'établissement de santé la responsabilité des infections nosocomiales, qu'elles soient exogènes ou endogènes, à moins que la preuve d'une cause étrangère soit rapportée, seule une infection survenant au cours ou au décours d'une prise en charge et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de la prise en charge peut être qualifiée de nosocomiale.

2. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de l'expertise établi le 11 décembre 2019 à la demande de la commission régionale de conciliation et d'indemnisation, que Mme A, née en juin 1952 et qui a levé le secret médical, a subi du fait d'un cancer du sein gauche une masectomie partielle avec oncoplastie au CHU de Montpellier le 30 novembre 2017. L'intéressée a présenté en juillet 2018 des douleurs et fièvre qui ont été traitées par antibiotiques, et un scanner a révélé la présence d'un lymphocèle sous mammaire important avec pus, dont le prélèvement a mis en évidence des phénomènes infectieux, divers épisodes infectieux survenant les 13 août et 14 septembre 2018, et 8 février et en juillet 2019. Mme A, sur le fondement de l'article cité point 1, demande la condamnation du CHU de Montpellier à lui verser une somme globale de 161 602, 32 euros réparant les préjudices subis du fait d'une infection qu'elle qualifie de nosocomiale.

3. Il résulte des conclusions du rapport d'expertise, qui sont critiquées par la requérante mais ne sont infirmées par aucun autre document médical produit, que son infection est survenue non en décembre 2017 comme elle le prétend, mais sept mois après l'opération, et qu'elle ne peut donc être qualifiée d'infection nosocomiale, au sens de l'article cité point 1.

4. Si Mme A fait aussi valoir qu'elle n'a pas été soignée en temps et heure au CHU, toute faute de ce dernier est exclue par le rapport d'expertise, qu'aucune autre pièce n'infirme, qui note que les soins médicaux qui y ont été donnés étaient conformes aux règles de l'art, et que le lymphocèle constitue un accident médical non fautif. Par suite, aucune faute ne peut être imputée au CHU de Montpellier.

5. Il résulte de ce qui précède que la responsabilité du CHU ne peut être engagée, et que les conclusions indemnitaires du recours dirigées à son encontre doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au centre hospitalier universitaire de Montpellier, et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 16 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Rabaté, président,

Mme Couégnat, première conseillère,

Mme Viallet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2023.

Le président,

V. Rabaté

L'assesseure la plus ancienne,

M. C

Le greffier,

F. Balicki

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 31 janvier 2023.

Le greffier,

F. Balicki fb

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