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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2003229

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2003229

lundi 26 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2003229
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP FAVEL - TRIBILLAC - MAYNARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 juillet 2020, 19 avril et 20 juillet 2021, M. E C, représenté par Me Tribillac, demande au tribunal :

1°) - de condamner le centre hospitalier de Perpignan à lui verser la somme de 127 568,99 euros en réparation des préjudices résultant d'une prise en charge fautive, soit au titre du :

Cout viager de traitement hormonal 12 632,40 eurosFrais divers :

Frais de déplacement

Frais de cryoconservation

2 583,09 euros

162,00 eurosPerte de revenus 1 470 eurosDéficit fonctionnel temporaire 2 580,50 eurosDeficit fonctionnel permanent 20 000 eurosSouffrances endurées15 000 euros Préjudice esthétique 5 000 euros Préjudice d'agrément 5 000 euros Préjudice sexuel60 000 euros

2°) - de mettre à la charge du centre hospitalier de Perpignan une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) - de mettre à la charge du centre hospitalier de Perpignan les dépens, sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il devra être tenu compte des rapports d'expertise du Dr B des 2 juillet 2015 et 20 novembre 2018 ainsi que du rapport d'expertise du Dr A du 20 mars 2020 ;

- l'atrophie testiculaire ainsi que l'intégralité de ses préjudices de tous ordres dont il est victime, résultent du défaut de diagnostic à l'issue de l'intervention chirurgicale pratiquée le 6 mai 2014 ;

- en l'état des séquelles et en l'état de l'absence d'antériorité de troubles testiculaires droit, il convient de retenir une perte de chance de 100 % de sauver le testicule droit ;

- la date de consolidation est celle du 8 février 2016, correspondant à la date de première cryoconservation des spermatozoïdes ;

- la société hospitalière d'assurance mutuelle, assureur du centre hospitalier de Perpignan avait fait une proposition à minima d'un montant de 16 500 euros.

Par un mémoire en défense et des mémoires complémentaires enregistrés les 18 mars, 17 mai, 4 août et 15 septembre 2021, le centre hospitalier de Perpignan, représenté par Me Grillon, conclut, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à ce que le montant des préjudices soit fixé comme suit :

Dépenses de santé

Cout viager de traitement hormonal

-Frais divers :

Frais de déplacement

Frais de cryoconservation

-

-Perte de revenus -Déficit fonctionnel temporaire 2 580,50 euros Déficit fonctionnel permanent 5 800 eurosSouffrances endurées2 600 eurosPréjudice esthétique1 000 eurosPréjudice sexuel -Préjudice d'agrément - ou subsidiairement 2 000 euros

2°) au rejet de la demande de remboursement de la caisse primaire d'assurance maladie comme étant injustifiée ;

3°) au rejet de la demande de capitalisation des frais futurs présentée par la caisse primaire d'assurance maladie comme étant injustifiée ;

4°) à la limitation du montant fixé au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à la somme de 1 500 euros ;

5°) à ce qu'il soit statué sur ce que de droit sur les frais de l'expertise du Dr B.

Il soutient que :

- Il devra être tenu compte des expertises contradictoires du Dr B auxquelles a participé le médecin conseil de la société hospitalière d'assurance mutuelle ;

- l'atrophie du testicule droit et les douleurs neuropathiques résultent d'un accident médical non fautif survenu lors de l'intervention de chirurgie inguinale du 6 mai 2014 ;

- il ne peut être retenu qu'une perte de chance de 50% de sauver le testicule droit du fait d'une absence de diagnostic de lésion vasculaire du cordon droit dans les suites post opératoires immédiates ;

- la demande de remboursement des frais du rapport d'expertise privé du

Dr A est injustifiée.

Par mémoires, enregistrés les 23 février, 22 juillet et 25 août 2021, la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne, représentée par Me Noy, demande au tribunal de :

1°) condamner le centre hospitalier de Perpignan à lui verser la somme de 51 561,90 € avec intérêts de droit à compter de l'enregistrement de son premier mémoire ;

2°) de condamner le centre hospitalier de Perpignan à lui verser une somme de 1 098 € au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;

3°) de condamner le centre hospitalier de Perpignan à lui verser une somme de 500 € sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La caisse soutient verser aux débats une notification de ses débours, distinguant les arrérages échus des arrérages à échoir.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pater, première conseillère ;

- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public ;

- les observations de Me Roche, représentant le centre hospitalier de Perpignan.

Considérant ce qui suit :

1. M. C a été opéré le 6 mai 2014 dans le service de chirurgie ambulatoire du centre hospitalier de Perpignan pour une hernie crurale droite. Les suites ont été marquées par une atrophie du testicule droit et des douleurs neuropathiques au niveau du cordon spermatique droit. Les échographies effectuées les 24 mai et 2 juin 2014 ont confirmé une nécrose testiculaire droite par ischémie en relation avec une lésion per opératoire de l'artère spermatique droite. Par requête n° 1404723-8 du 14 octobre 2014, M. C a saisi le juge des référés qui a ordonné une expertise diligentée par le Dr B. A la suite d'une nouvelle requête n° 1605929, une expertise complémentaire a été diligentée par le même expert. Par la présente requête, M. C met en cause la responsabilité fautive du centre hospitalier de Perpignan et demande sa condamnation à lui verser une réparation indemnitaire à hauteur de 127 568,99 euros.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la faute du centre hospitalier :

2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, () tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".

3. S'il est constant que le centre hospitalier de Perpignan n'a pas été appelé à participer aux opérations d'expertise réalisées par le Dr A à la demande de M. C, cette circonstance ne fait pas obstacle à ce que le rapport d'expertise non contradictoire du Dr A soit retenu par le Tribunal à titre d'élément d'information.

4. Il résulte de l'instruction que l'opération a été décidée sur l'indication d'une hernie crurale droite invalidante et a consisté, sous anesthésie générale, en une incision transversale, une cure pariétale et la fermeture cutanée par points séparés intradermiques. M. C est sorti de l'hôpital le jour même avec une ordonnance de traitement antalgique et un rendez-vous post-opératoire le 21 mai 2014. Toutefois, des douleurs intenses, testiculaires et inguinales apparues immédiatement après l'intervention suivies d'une augmentation de volume du testicule droit puis, dans les semaines qui ont suivi, d'une atrophie testiculaire progressive, ont révélé une nécrose testiculaire droite par ischémie en relation avec une lésion per-opératoire de l'artère spermatique droite. Il ressort des termes non sérieusement contestés de l'expertise diligentée par le Dr B, praticien hospitalier-au service d'urologie du centre hospitalier universitaire de Montpellier, que la lésion vasculaire constitue une complication qui a pu être causée par la mise en place des points nécessaires à la correction de la hernie. L'opération étant reconnue adaptée et conforme aux règles de l'art, l'expert, en accord avec les parties, estime que cette complication résulte d'un accident médical non fautif.

5. Toutefois, l'expert indique que, si ce diagnostic de complication avait été fait dès la salle de réveil, du fait en particulier de l'intensité anormale des douleurs, une reprise chirurgicale immédiate avec le repositionnement des points aurait pu être pratiquée. Dans ces conditions, en ne diagnostiquant pas malgré les signes d'alerte, la possibilité d'une lésion vasculaire et en ne procédant ainsi pas aux examens d'imagerie utiles immédiatement après l'opération, le centre hospitalier de Perpignan a commis une faute dans la prise en charge post opératoire de M. C de nature à engager sa responsabilité, au demeurant non contestée en défense.

6. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter la survenue de ce dommage. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

7. Il résulte de l'instruction, en particulier de l'expertise du Dr B, d'une part, que l'atrophie du testicule droit et les douleurs inguinales de type neuropathique sont en relation directe et certaine avec les complications accidentelles résultant du geste chirurgical, et que ces complications particulièrement rares chez l'adulte ont pu être favorisées par l'anatomie singulière chez M. C de la région inguinale et du cordon spermatique droit en position inhabituelle dans une zone cicatricielle du fait des antécédents de chirurgie inguinale en 1999. Si M. C conteste l'incidence de ce précèdent en mettant notamment en exergue qu'une échographie testiculaire réalisée le 20 mars 2014 n'a révélé rien d'anormal, cet élément est en tout état de cause étranger à la faute qu'il reproche au centre hospitalier dans la prise en charge post opératoire des complications. D'autre part, selon le Dr B, " aurait peut-être ", une reprise opératoire même réalisée dans les meilleures conditions de délais ne garantissait pas forcement la levée de l'ischémie et ainsi d'éviter la perte du testicule droit. Le Dr A évoque également une perte de chance. Enfin, les conséquences de l'absence de prise en charge post-opératoire ont été pleines et entières de façon très rapide et sont ainsi sans incidence sur l' état de M. C lors de sa sortie de l'établissement ainsi que sur la durée de la carence des services dans l'élaboration du diagnostic.

8. Il résulte de ce qui précède l'existence d'un lien de causalité établi entre la carence fautive du centre hospitalier et une perte de chance pour M. C d'éviter la perte du testicule droit. Il y a lieu de retenir un taux de perte de chance de 50 %, tel que proposé par le Dr B, le taux de 100% avancé par le Dr A ne revêtant pas un caractère pertinent compte tenu de l'analyse qui précède.

En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :

S'agissant de la date de consolidation :

9. La date de consolidation correspond à celle à laquelle les lésions se fixent et prennent un caractère permanent, tel qu'un traitement n'est plus nécessaire, si ce n'est pour éviter une aggravation, et à celle à laquelle il est ainsi possible d'apprécier un certain degré d'incapacité permanente réalisant un préjudice définitif.

10. Le Dr B remarque que depuis l'expertise du 18 mai 2015, M. C n'a pas désiré subir de soins supplémentaires susceptibles d'améliorer ses douleurs, en particulier une reprise chirurgicale proposée ou des infiltrations. Le Dr B retient pour date de consolidation celle du 19 octobre 2015, à laquelle le Dr D, médecin de la reproduction, confirme l'atrophie testiculaire et la justification d'une cryoconservation de sperme. S'agissant d'une précaution et non d'un acte de soin, il n'apparait pas pertinent de retenir la date du 8 février 2016 correspondant à la première cryoconservation du sperme de M. C. Il y a donc lieu de retenir pour date de consolidation celle du 19 octobre 2015. M. C, né le 8 avril 1982 avait 33 ans à la date de consolidation retenue.

S'agissant des préjudices patrimoniaux :

Sur les débours :

11. La caisse primaire d'assurance maladie de la Haute Garonne établit, sur la base d'un état détaillé du 25 août 2022 et une attestation d'imputabilité émanant d'un médecin conseil, avoir pris en charge des frais hospitaliers du 16 juin 2014 au 20 juin 2014 pour la somme de 5 372 euros et du 9 mars 2015 au 12 mars 2015 pour la somme de 4 872 euros, de frais médicaux du 6 juin 2014 au 26 juillet 2021 pour la somme de 1 459,51 euros, de frais pharmaceutiques du 26 juin 2014 au 30 juillet 2021 pour la somme de 1 030,43 euros, de frais de transport du 16 juin 2014 au 26 octobre 2015 pour la somme de 5 993,91 euros, de frais médicaux du 8 février 2016 au 26 juillet 2021, pour la somme de 1 511,32 euros et de frais pharmaceutiques du 8 février 2016 au 30 juillet 2021 pour la somme de 766,76 euros. Le montant des débours postérieurs à la date du 30 juillet 2021 n'est pas justifié. La période d'hospitalisation du 16 juin 2014 au 20 juin 2014 pour bilan endocrinien du centre hospitalier universitaire de Toulouse pour la somme de 5 372.00 euros n'apparait pas en lien avec les faits litigieux, M. C étant déjà suivi depuis plusieurs années pour une pathologie endocrinienne. Dans la limite de sa demande ainsi analysée et, en l'absence d'un détail des débours permettant de déterminer les dépenses à venir, la CPAM, compte tenu d'une franchise de 67,50 euros et de l'ampleur de perte de chance retenue au point 8, est fondée à solliciter le remboursement de ses débours à hauteur de la somme de 7 783,72 euros.

Sur les pertes de gains professionnels :

12. M. C, est agent de sécurité et surveillant de nuit dans un centre d'accueil pour SDF. Le chirurgien du centre hospitalier de Perpignan avait indiqué un arrêt de travail de deux mois du fait de la chirurgie herniaire, dans le contexte d'un antécédent de hernie inguinale droite traitée en 1999. Selon le Dr B, M. C, du fait de la complication intervenue, a bénéficié d'une prolongation de son arrêt de travail du 6 juillet 2014 au 12 mars 2015. Il a obtenu de la CPAM des indemnités journalières et soutient avoir subi un préjudice qu'il évalue à la somme de 1 470 euros correspondant à des indemnités, de 70 euros l'unité, perçues les dimanches et jours fériés. Toutefois, l'attestation de son employeur du 10 octobre 2019 est insuffisamment explicite sur la nature de cette indemnité pour justifier qu'elle serait due en dehors des périodes travaillées. Par suite, la perte de gains professionnels n'est pas établie.

Sur les frais divers :

13. Si l'existence d'un lien avec la faute retenue et l'utilité d'une cryogénisation du sperme et de la poursuite de sa conservation au CECOS Midi Pyrénées sont établie, M. C ne justifie pas, par les documents produits, de la somme de 162 euros dont il se prévaut à ce titre. De même, il ne justifie pas d'une absence de prise en charge par sa mutuelle des frais de déplacement pour se rendre aux rendez-vous du CECOS, qui en tout état de cause sont insuffisamment justifiés par un calcul appliquant un barème kilométrique. Il en est de même pour les frais de déplacement aux centre antidouleur, que l'expertise contradictoire n'a pas retenu être en lien avec la faute du centre hospitalier. M. C ne justifie pas davantage avoir pris personnellement en charge ses frais de déplacement pour se rendre aux expertises du Dr B. S'agissant du traitement hormonal de substitution mis en œuvre à la suite des résultats d'analyses réalisées en Espagne sur la demande du Dr F, spécialiste en andrologie, consulté par M. C, sa nécessité et son lien avec la faute du centre hospitalier ne sont pas établis. Ainsi, la demande de remboursement des frais de gel à titre viager pour un montant de 12 632,40 euros sera donc rejetée. Dans l'ensemble de ces conditions, la demande faite au titre des frais divers sera rejetée dans sa totalité.

S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux :

Sur les préjudices temporaires :

14. Il résulte de l'instruction, que le déficit fonctionnel total correspond à une période de 3 jours d'hospitalisation, tandis qu'un déficit partiel au taux de 20 % doit être pris en compte pour une durée de 30 jours, ainsi qu'un déficit partiel au taux de 10 % pour une durée du 3 juin 2014 au 19 octobre 2015 soit 525 jours. Sur le fondement de 20 euros par jour, et après application du taux de perte de chance fixé au point 8, le montant indemnisable de ce poste de préjudice est de 615 euros.

15. Il y a lieu de retenir au titre des souffrances endurées le taux de 2,5 sur une échelle de 1 à 7, proposé par le rapport d'expertise contradictoire, tenant compte des douleurs post opératoires immédiates et postérieures ainsi que des souffrances morales. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice, en le fixant à 3 500 euros, soit une somme de 1 750 euros, après application du taux de perte de chance fixé au point 8.

Sur les préjudices permanents :

16. Il y a lieu de retenir le taux de 1/7 proposé par l'expert pour le préjudice esthétique et de fixer ainsi ce préjudice à la somme de 1 000 euros, soit un montant indemnisable de 500 euros, après application du taux de perte de chance fixé au point 8.

17. Compte tenu du taux de 5 % proposé par le Dr B au titre du déficit fonctionnel permanent et de l'âge de 33 ans qu'avait M. C à la date de consolidation, il y a lieu d'évaluer ce préjudice, en lui incluant les troubles de toute nature dans les conditions d'existence, y compris le vécu de sa déficience, à la somme de 10 000 euros soit 5 000 euros après application du taux de perte de chance fixé au point 8.

18. S'il se prévaut de douleurs inguinales faisant obstacle à la pratique sportive, M. C, affecté d'un déficit fonctionnel permanent limité à 5%, n'apporte pas d'éléments suffisants pour justifier l'impossibilité des pratiques sportives, moto-cross et kick-boxing notamment, auxquelles il se livrait antérieurement. Le préjudice d'agrément n'est donc pas établi.

19. Il n'y a pas lieu de retenir un préjudice sexuel, en l'absence de trouble de la libido, de l'érection et de l'orgasme, et la fertilité de M. C n'apparaissant pas engagée. Le diagnostic d'hypogonadisme dont fait état le requérant n'établit pas un tel préjudice en l'absence d'élément de comparaison avec la situation antérieure et le Dr B relevant que le taux de testostérone est resté dans la norme.

En ce qui concerne le montant de l'indemnisation :

20. Le fait que la société hospitalière d'assurance mutuelle ait proposé une indemnisation amiable de 16 000 euros à M. C qui l'a refusée est sans incidence et ne lie pas le tribunal. Il résulte de ce qui précède, que le centre hospitalier de Perpignan doit être condamné à verser à M. C la somme totale de 7 865 euros en réparation de ses préjudices. Le centre hospitalier universitaire doit également être condamné à verser à la CPAM de Haute-Garonne la somme de 7 783,72 euros en remboursement de ses débours.

En ce qui concerne l'indemnité prévue par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale :

21. Eu égard au montant de sa créance, la caisse est fondée à demander la condamnation du centre hospitalier de Perpignan à lui verser une indemnité forfaitaire de 1 114 euros en application des dispositions susmentionnées.

Sur les frais liés au litige :

22. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Perpignan, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens ainsi que la somme de 500 euros au titre des frais exposés par la CPAM de Haute- Garonne et non compris dans les dépens.

23. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge définitive du centre hospitalier de Perpignan les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme totale de 3 000 euros, en application des ordonnances du président du tribunal administratif de Toulouse n° 1404723 et n° 1605929 des 24 juillet 2015 et 26 novembre 2018. Il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de prise en charge par le centre hospitalier universitaire de Perpignan de la somme de 1 680 euros versés par M. C au Dr A en règlement de l'expertise non contradictoire réalisée à sa demande.

D É C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier de Perpignan est condamné à verser à M. C la somme de 7 865 euros.

Article 2 : Le centre hospitalier de Perpignan est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Haute-Garonne la somme de 7 783,72 euros.

Article 3 : Le centre hospitalier de Perpignan versera à M. C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le centre hospitalier de Perpignan versera à caisse primaire d'assurance maladie de Haute-Garonne une somme de 500 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et une somme de 1 114 euros en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Article 5 : Les frais d'expertise, 3 000 euros, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier de Perpignan.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. C, au centre hospitalier de Perpignan, à la caisse primaire d'assurance maladie de Haute-Garonne, et à l'expert.

Délibéré après l'audience publique du 5 décembre 2022 à laquelle siégeaient :

M. Vincent Rabaté, président,

Mme Brigitte Pater, première conseillère,

Mme Marie-Laure Viallet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2022

La rapporteure,

B. Pater

Le président,

V. Rabaté

Le greffier,

F. Balicki

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 4 janvier 2023.

Le greffier,

F. Balicki

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N° 1901371

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