lundi 7 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2003894 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | JURILYS AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er septembre 2020 et 25 mars 2021, la SAS IMMOFAQ, représentée par la société d'avocats Jurilys, demande au tribunal :
1°) de prononcer la restitution d'une créance d'impôt sur les sociétés issue d'un report de déficit réalisé en 2013 sur un exercice bénéficiaire de l'année 2012 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration fiscale n'a pas fait une stricte application des dispositions de l'article 220 du code général des impôts en ajoutant une condition de continuation d'activité non prévue par ce texte ;
- le service s'est référé à tort aux travaux parlementaires pour interpréter un texte clair ;
- les sociétés FMP BAT et IMMOFAQ ne sont qu'une seule et même société constituant un seul redevable de l'impôt sur les sociétés, le numéro de Siret de la première a été gardé pour la seconde ;
- l'activité nouvelle n'a pas commencé le 1er janvier 2013 mais le 14 décembre 2012 au moment du changement d'objet social par l'assemblée générale de cette date ;
- Selon la doctrine (BOI-IS DEF-20-10 n° 30 du 12 septembre 2012), l'interdiction de l'option ne s'applique pas à l'entreprise cessionnaire ;
- Les demandes de justificatifs de l'administration en défense marquent l'embarras de l'administration et sont contraires aux dispositions de l'article L. 51 du livre des procédures fiscales.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 mars 2021 et 28 mars 2022, la directrice départementale des finances publiques de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés et qu'en tout état de cause, la créance ne pourrait être que de 87 025 euros, une somme de 9 806 euros ayant servi au règlement partiel de l'impôt sur les sociétés d'années postérieures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pater, rapporteure ;
- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.
- et les observations de Me Bernard, pour la société IMMOFAQ.
Une note en délibéré, présentée par la SAS IMMOFAQ, a été enregistrée le 17 octobre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS IMMOFAQ a expressément opté pour le système optionnel de report en arrière des déficits (RAD) au moment du dépôt de sa déclaration de résultats et de l'indication de son déficit de l'exercice clos au 31/12/2013. Cette option a été confirmée le 06/05/2014 lors du dépôt de la déclaration spécifique de RAD (imprimé n° 2039), nécessaire à la liquidation de la créance de RAD et donnant lieu à l'imputation du déficit de -311 458 euros réalisé au 31/12/2013 sur l'exercice bénéficiaire de l'année antérieure. Le 24/10/2019, suite au dépôt auprès du service du dernier relevé de solde rectificatif d'impôt sur les sociétés de l'exercice 2013, la SAS IMMOFAQ a sollicité la restitution de la créance de 96 831 euros issue de l'imputation du déficit global de l'année 2013 sur l'exercice bénéficiaire clos en 2012. Une décision de rejet a été prononcée par la division des affaires juridiques de la direction départementale des finances publiques de l'Hérault le 6 juillet 2020, au motif tiré de la cessation d'activité de la société FMP BAT. Par la présente requête, la SAS IMMOFAQ demande au tribunal de prononcer la restitution de la somme de 96 831 euros au titre de la créance issue du report sollicité.
2. Aux termes de l'article 220 quinquies du code général des impôts dans sa rédaction applicable à la date du litige : " I. Par dérogation aux dispositions du troisième alinéa du I de l'article 209, le déficit constaté au titre d'un exercice ouvert à compter du 1er janvier 1984 par une entreprise soumise à l'impôt sur les sociétés peut, sur option, être considéré comme une charge déductible du bénéfice de l'exercice précédent, dans la limite de la fraction non distribuée de ce bénéfice et à l'exclusion du bénéfice exonéré en application des articles 44 sexies, 44 sexies A, 44 septies, 44 octies, 44 octies A, 44 undecies, 44 terdecies, 44 quaterdecies, 44 quindecies et 207 à 208 sexies ou qui a bénéficié des dispositions du premier alinéa du f du I de l'article 219 ou qui a ouvert droit au crédit d'impôt prévu aux articles 220 quater et 220 quater A ou qui a donné lieu à un impôt payé au moyen de crédits d'impôts. Le déficit imputé dans les conditions prévues au premier alinéa cesse d'être reportable sur les résultats des exercices suivant celui au titre duquel il a été constaté. L'option mentionnée au premier alinéa n'est admise qu'à la condition qu'elle porte sur le déficit constaté au titre de l'exercice, dans la limite du montant le plus faible entre le bénéfice déclaré au titre de l'exercice précédent et un montant de 1 000 000 €. L'excédent d'impôt sur les sociétés résultant de l'application du premier alinéa fait naître au profit de l'entreprise une créance non imposable d'égal montant. La créance est remboursée au terme des cinq années suivant celle de la clôture de l'exercice au titre duquel l'option visée au premier alinéa a été exercée. Toutefois, l'entreprise peut utiliser la créance pour le paiement de l'impôt sur les sociétés dû au titre des exercices clos au cours de ces cinq années. Dans ce cas, la créance n'est remboursée qu'à hauteur de la fraction qui n'a pas été utilisée dans ces conditions. Par exception aux dispositions du cinquième alinéa, les entreprises ayant fait l'objet d'une procédure de sauvegarde, d'un redressement ou d'une liquidation judiciaires peuvent demander le remboursement de leur créance non utilisée à compter de la date du jugement qui a ouvert ces procédures. Ce remboursement est effectué sous déduction d'un intérêt appliqué à la créance restant à imputer. Cet intérêt, dont le taux est celui de l'intérêt légal applicable le mois suivant la demande de l'entreprise, est calculé à compter du premier jour du mois suivant cette demande jusqu'au terme des cinq années suivant celle de la clôture de l'exercice au titre duquel l'option a été exercée. La créance est inaliénable et incessible, sauf dans les conditions prévues par les articles L. 313-23 à L. 313-35 du code monétaire et financier, ou dans des conditions fixées par décret. II. L'option visée au I est exercée au titre de l'exercice au cours duquel le déficit est constaté et dans les mêmes délais que ceux prévus pour le dépôt de la déclaration de résultats de cet exercice. Elle ne peut pas être exercée au titre d'un exercice au cours duquel intervient une cession ou une cessation totale d'entreprise, une fusion de sociétés ou une opération assimilée, ou un jugement prononçant la liquidation judiciaire de la société. En cas de scission ou d'apport partiel d'actif, la créance est transmise au prorata du montant de l'actif net réel apporté à la ou aux sociétés bénéficiaires des apports appréciés à la date d'effet de l'opération. (). ". Il résulte ainsi des dispositions de l'article 220 quinquies précité du code général des impôts que le report de déficit ne saurait par principe n'être réalisé qu'entre exercices d'une même société restée en activité.
3. Aux termes du 5 de l'article 221 du même code : " a) Le changement de l'objet social ou de l'activité réelle d'une société emporte cessation d'entreprise (). ".
4. Il est en l'espèce constant que la société FMP BAT, créée en 2002 et ayant pour activité la fabrication, l'achat, la vente, l'import-export de matériel, d'accessoires et d'outillage pour travaux de second œuvre du bâtiment, a cédé le 29 novembre 2012 son fonds de commerce à la société AC Stelle et qu'en assemblée générale extraordinaire du 14 décembre 2012 ses associés ont décidé du transfert de son siège social, de la modification de sa dénomination sociale et de son objet social. La société FMP BAT est ainsi devenue IMMOFAQ, ayant une activité de marchand de biens, de conseil et d'assistance aux entreprises dans le domaine de l'immobilier. Si la requérante fait valoir que la société IMMOFAQ a gardé le numéro de siret de FMP BAT, elle n'établit pas, par ce seul élément, l'existence d'une poursuite par la société FMP BAT de son activité au-delà de l'exercice de l'année 2012 ni même la poursuite de son activité par la société IMMOFAQ. Dans ces circonstances, la société FMP BAT doit, en application des dispositions précitées de l'article 221 du code général des impôts, être regardée comme ayant cessé son activité en 2012. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a rejeté la demande de la société IMMOFAQ de report en arrière de son déficit au titre de l'exercice clos de l'année 2013.
5. La société IMMOFAQ ne saurait utilement, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, se prévaloir de l'instruction fiscale BOI-IS-DEF-20-10, ladite doctrine ne faisant pas une interprétation différente de la loi.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à ce que soit prononcée la restitution d'une somme de 96 831 euros doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la SAS IMMOFAQ est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS IMMOFAQ et au directeur départemental des finances publiques de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Rabaté, président,
- Mme Pater, première conseillère,
- Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2022.
La rapporteure,
B. Pater Le président,
V. Rabaté
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 8 novembre 2022.
Le greffier,
F. Balicki fb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026