jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2004727 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | DELORT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires enregistrés le 22 octobre 2020, le 21 avril 2022 et le 4 mai 2022, M. B C et M. A C, représentés par Me Delort, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) la condamnation du préfet de l'Hérault et du ministre de l'intérieur à leur verser 28 468 euros en réparation du préjudice subi du fait du retard pris dans l'instruction des demandes de titre de M. B C ;
2°) d'annuler la décision implicite du préfet de l'Hérault valant refus de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de délivrer à M. B C une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification aux parties de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge du préfet de l'Hérault une somme de 2 000 euros à verser à leur conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Ils soutiennent que :
Sur la décision refusant l'octroi d'un titre de séjour à M. B C :
- elle est irrégulière car il n'a pas été répondu aux demandes de rendez-vous de M. C ;
- le préfet n'a pas saisi la commission pour avis sur le fondement de l'article L. 312-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- des dysfonctionnements informatiques l'ont empêché de saisir valablement le préfet et aucune aide ne lui a été apportée ;
- la décision méconnaît l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile étant donné sa situation personnelle et familiale ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales puisqu'il est en France depuis l'âge de 15 ans avec sa famille ;
- la décision méconnaît l'accord franco-tunisien puisqu'il remplit, d'une part, les conditions pour se voir délivrer une carte de séjour au titre de sa vie privée et familiale et, d'autre part, qu'il est fils de français ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation de sa situation personnelle et familiale.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
- le retard pris dans l'instruction des demandes d'un document de libre circulation puis d'un titre de séjour pour M. B C leur a causé un préjudice moral évalué à 10 000 euros compte tenu de l'impossibilité de voyager et de répercussions psychiques ainsi qu'un préjudice financier de 18 468 euros compte tenu de l'impossibilité de travailler ou de bénéficier d'un apprentissage.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mars 2022 le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le défaut d'un document de libre circulation sur le territoire n'a pas causé de préjudice à M. B C qui pouvait voyager avec son passeport ;
- la préfecture n'a pas annulé le rendez-vous pris par M. B C mais ce dernier ne s'est pas présenté pour déposer sa demande de titre de séjour ;
- le préfet n'a pas commis de faute et M. B C se maintient irrégulièrement sur le territoire ;
- le préjudice financier n'est pas établi faute de démarche en vue d'un contrat d'apprentissage ou d'un travail.
M. B C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 octobre 2020.
Par courrier du 13 septembre 2022 les parties ont été informées, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite du 29 octobre 2020 par laquelle le préfet de l'Hérault a rejeté la demande de titre de séjour de M. C, étant donné l'autorité de chose jugée par le jugement du tribunal administratif de Montpellier n° 2005739 en date du 9 juin 2022.
M. C, représenté par Me Delort, a présenté des observations enregistrées le 16 septembre 2022 et communiquées.
Vu :
- le jugement du tribunal administratif de Montpellier n° 2005739 du 9 juin 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- et les observations de Me Delort, représentant Messieurs C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant tunisien né en 1977, a sollicité le 9 octobre 2017 la délivrance d'un document de circulation pour étranger mineur au bénéfice de ses trois enfants mineurs dont M. B C, né le 22 mai 2001. Par décision du 8 janvier 2018, le préfet de l'Hérault a refusé de faire droit à sa demande. Par jugement n° 1802168 du 24 octobre 2019, le tribunal a annulé cette décision et enjoint au préfet de réexaminer la demande de M. A C. M. B C, désormais majeur, a adressé au préfet de l'Hérault, un courrier, notifié le 29 juin 2020, sollicitant la délivrance d'une carte de résident de 10 ans au titre de sa vie privée et familiale et l'indemnisation du préjudice qu'il a subi, avec son père, du fait du retard pris dans l'instruction de sa demande d'un document de circulation puis d'un titre de séjour.
2. Par la présente requête, M. B C et son père, M. A C, demandent l'annulation du rejet implicite de la demande de titre de séjour de M. B C et l'indemnisation des préjudices que leur a causé le retard pris dans l'instruction de leur demande, évalué à 10 000 euros au titre du préjudice moral à raison de l'impossibilité de voyager et des répercussions psychiques, ainsi qu'un préjudice financier de 18 468 euros compte tenu de l'impossibilité pour M. B C de travailler ou de bénéficier d'un apprentissage.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de titre de séjour :
3. Par un jugement n° 2005739 du 9 juin 2022, le tribunal a annulé la décision implicite du 29 octobre 2020 par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé de délivrer à M. C un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et a enjoint à la délivrance de ce titre dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement. Dès lors, les conclusions de M. C tendant à l'annulation de cette décision sont devenues sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer. Par voie de conséquence, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction présentées par Messieurs C.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la décision du 8 janvier 2018 par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé de délivrer à M. B C un document de circulation en sa qualité d'étranger mineur a été annulée au motif que le préfet a omis d'examiner la demande sur le fondement de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant en vertu duquel : " dans toutes les décisions qui concernent les enfants () l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
5. En l'espèce, l'intérêt supérieur d'un étranger mineur s'apprécie au regard de son intérêt à se rendre hors de France et à pouvoir y retourner sans être soumis à l'obligation de présenter un visa. Les requérants n'établissent, ni même n'allèguent, que M. B C ne pouvait pas, en sa qualité d'étranger mineur résidant en France, effectuer des voyages, notamment en Tunisie, sous couvert d'un visa. Dès lors, les requérants n'établissent pas que M. B C avait un droit à se voir délivrer un document de circulation en sa qualité d'étranger mineur ni, en tout état de cause, que le défaut de ce document les a contraints à ne pas pouvoir voyager hors de France.
6. En second lieu, il résulte de l'instruction que M. B C a pris rendez-vous le 7 janvier 2020 auprès de la préfecture de l'Hérault afin de déposer une demande de titre de séjour. Alors que ce rendez-vous a été confirmé auprès de l'intéressé, le requérant n'apporte aucun élément au soutien de son allégation selon laquelle il aurait été annulé. Par ailleurs, si M. B C verse aux débats deux courriels, non datés, adressés aux services de la préfecture où il fait part de ses difficultés à prendre un rendez-vous, ceux-ci ne suffisent pas à établir que le défaut de délivrance de titre de séjour serait imputable à une faute des services de la préfecture. Par ailleurs, si M. B C fait état des difficultés que rencontrent également son père et son frère pour réaliser les démarches d'obtention d'un titre de séjour, ces circonstances sont sans lien avec sa situation, alors même qu'il résulte de l'instruction que son père a obtenu le renouvellement de son titre de séjour. En tout état de cause, si M. B C fait valoir qu'il n'a pu bénéficier d'un contrat d'apprentissage ou exercer une activité salariée depuis la date de sa majorité le 22 mai 2019 et qu'il produit, à cet effet, une promesse d'embauche datée du 1er juin 2019, il n'établit pas avoir effectué de démarches en vue de régulariser sa situation avant le 18 novembre 2019, date à laquelle, il a obtenu un rendez-vous en préfecture pour le 7 janvier 2020. Dès lors, M. B C n'établit pas que le défaut d'un titre de séjour depuis le 22 mai 2019 serait imputable à un retard fautif du préfet de l'Hérault dans l'enregistrement de sa demande.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'indemnisation de M. B C doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par Messieurs C au titre des frais exposés par eux en défense et non compris dans les dépens sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de Messieurs C.
Article 2 : Les conclusions à fin d'indemnisation de Messieurs C sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Messieurs Oussama et Anouar C, au préfet de l'Hérault et à Me Delort.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 octobre 2022.
La greffière,
M-A Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026