vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2024171 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COURRECH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal administratif de Montpellier, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, la requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse le 19 août 2020, présentée par Mme B C.
Par cette requête et des mémoires, enregistrés les 19 août 2020, 4 août 2021, 30 septembre 2021, 2 décembre 2021 et 28 décembre 2021, Mme B C demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de l'Union à lui verser la somme de 153 750 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis du fait du comportement fautif de son employeur, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts à compter de sa demande indemnitaire préalable formée le 16 juin 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de l'Union la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a été victime le 4 janvier 2016 d'un accident qui a été reconnu imputable au service par la commune de l'Union ;
- elle est fondée à demander la réparation des préjudices résultant du comportement fautif de la commune de l'Union, tant dans la survenance de cet accident que dans les conséquences dommageables de celui-ci ;
- elle justifie d'un préjudice moral qu'il convient de réparer à hauteur de 10 000 euros :
- elle justifie de troubles dans ses conditions d'existence qu'il convient de réparer à hauteur de 10 000 euros ;
- elle justifie d'un préjudice financier qu'il convient de réparer à hauteur de 133 750 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés les 4 mai 2021, 25 octobre 2021 et 16 décembre 2021, la commune de l'Union, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de Mme C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête n'est pas fondée.
Par un mémoire en intervention volontaire enregistré le 7 juillet 2021, le syndicat SUD CT 31 conclut à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la requérante.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique,
- et les observations de Mme C et celles de Me Mer, représentant la commune de l'Union.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, animatrice principale de première classe, a été recrutée en 1982 par la commune de l'Union (31) afin d'exercer les fonctions de responsable du service d'enfance-jeunesse. Le 4 janvier 2016, elle a été victime d'un accident qui a été reconnu imputable au service par un arrêté du maire de l'Union du 24 mars 2016. Par un courrier du 16 juin 2020, elle a formé une demande indemnitaire préalable afin d'obtenir la réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait du comportement fautif de la commune de l'Union, tant dans la survenance de son accident de service qu'ultérieurement, laquelle a été rejetée par une décision du 6 juillet 2020. Par la requête susvisée, Mme C demande au tribunal de condamner la commune de l'Union à réparer les préjudices qu'elle estime avoir subis du fait du comportement fautif de cette collectivité, à hauteur de la somme globale de 153 750 euros.
Sur l'intervention volontaire :
2. Aux termes de l'article R. 632-1 du code de justice administrative : " L'intervention est formée par mémoire distinct. () Le président de la formation de jugement () ordonne, s'il y a lieu, que ce mémoire en intervention soit communiqué aux parties et fixe le délai imparti à celles-ci pour y répondre. Néanmoins, le jugement de l'affaire principale qui est instruite ne peut être retardé par une intervention. ". Dans le cadre de ces dispositions, est recevable à former une intervention toute personne qui justifie d'un intérêt suffisant eu égard à la nature et à l'objet du litige. Toutefois, l'intervention formée dans le cadre d'un recours indemnitaire n'est recevable que si l'issue du contentieux indemnitaire lèse de façon suffisamment directe les intérêts de l'intervenant.
3. Les conclusions présentées par Mme C ne relevant pas d'une atteinte à l'intérêt collectif des fonctionnaires, le syndicat SUD CT 31 ne justifie pas d'un intérêt suffisant pour agir dans la présente instance. Son intervention ne peut être admise.
Sur la responsabilité de la collectivité :
4. Les dispositions qui instituent l'allocation temporaire d'invalidité ou la rente d'invalidité déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre au titre de l'atteinte dans l'intégrité physique dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Elles ne font, en revanche, pas obstacle à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie imputable au service, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice. Elles ne font pas non plus obstacle à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne ou à l'état d'un ouvrage public dont l'entretien lui incombait.
5. Mme C entend engager la responsabilité pour faute de la commune de l'Union en raison de l'accident dont elle a été victime le 4 janvier 2016 et qui a été reconnu imputable au service. Il ne résulte toutefois pas de l'instruction que la collectivité a commis une faute à l'encontre de la requérante dans la gestion de sa carrière à la suite de la réorganisation générale des services communaux intervenue au début de l'année 2016 et, en particulier du service d'enfance-jeunesse dont elle était la responsable, de nature à engager sa responsabilité. La circonstance que Mme C a perdu la responsabilité de son service à l'occasion de cette restructuration n'est en particulier pas de nature à caractériser un comportement fautif de la part de son employeur, alors qu'il résulte par ailleurs de l'instruction qu'elle a été proposée à l'avancement au grade d'attaché territorial au cours de l'année 2016 et que la collectivité lui a confié de nouvelles missions qui correspondent à son grade et à ses compétences. Dans ces conditions, la commune de l'Union n'a pas commis de faute de nature à engager sa responsabilité.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par Mme C doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions relatives aux intérêts et à leur capitalisation.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de l'Union, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse à Mme C la somme demandée par elle au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante une somme au titre des frais exposés par la commune de l'Union au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention du syndicat SUD CT 31 n'est pas admise.
Article 2 : La requête de Mme C est rejetée.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de l'Union sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à la commune de l'Union et au syndicat SUD CT 31.
Délibéré après l'audience du 16 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Gayrard, président,
- Mme Bayada, première conseillère,
- Mme Gavalda, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.
La rapporteure,
A. ALe président,
J-P. Gayrard
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 30 décembre 202Le greffier,
B. Flaesch
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026