lundi 7 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2024466 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CAMILLE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°462171 du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal administratif de Montpellier, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, la requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse, présentée par Mme C B.
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 septembre 2020 et 7 septembre 2021, Mme C B, représentée par Me Gasquet, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2013, en droits et pénalités ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la réponse à ses observations est entachée d'un défaut de motivation ;
- les documents dont elle a demandé la communication ne lui ont pas été adressés, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales ;
- l'administration ne démontre pas l'existence d'une activité occulte ;
- elle n'est pas redevable de la taxe sur la valeur ajoutée mentionnée sur les factures émises pour le compte de son fils par la société Utel, tant en vertu de la loi fiscale que de la doctrine référencée BOI-TVA-DECLA-30-20-10 du 13 janvier 2014 ;
- le droit de reprise est prescrit, l'administration ne pouvait faire usage de son droit de reprise étendu prévu à l'article L. 176 alinéa second du livre des procédures fiscales, seul le droit de reprise prévu à l'alinéa 1er dudit article étant applicable ;
- à titre subsidiaire, les sommes de 1 200 euros et 9 650 euros versées par son fils au titre de l'entraide familiale ne se rattachent à aucune facture et ne sont pas constitutives d'une recette professionnelle ;
- la majoration de 80% appliquée sur le fondement des dispositions de l'article 1729 du code général des impôts est dépourvue de toute motivation en fait et n'est pas fondée.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 avril 2021, le directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viallet, rapporteure ;
- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a fait l'objet d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle portant sur les années 2014 à 2016, à l'issue duquel l'administration fiscale a considéré qu'elle exerçait une activité de voyance de manière occulte. Cette activité a fait l'objet d'une vérification de comptabilité, conduite en 2019, portant sur les années 2009 à 2013, à l'issue de laquelle des rappels de taxe sur la valeur ajoutée ont été mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2013. Mme B demande la décharge de ces rappels, en droits et pénalités.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande. ". En vertu de cette disposition, il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre, d'informer le contribuable, avec une précision suffisante, de l'origine et de la teneur des renseignements obtenus auprès de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition, même si le contribuable a pu avoir par ailleurs connaissance de ces renseignements afin de permettre à l'intéressé, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements, soient mis à sa disposition avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent. Dans ce dernier cas, la demande du contribuable peut porter sur tout document utilisé par l'administration pour établir l'imposition, et notamment sur un document dont l'administration n'a fait état que pour confirmer, dans une proposition de rectification ou une réponse aux observations du contribuable, une prise de position reposant sur d'autres éléments. La méconnaissance, par l'administration, de l'obligation de communication affecte les impositions pour lesquelles elle a utilisé les renseignements et documents en cause, que ce soit pour conduire la procédure d'imposition ou pour déterminer le montant de l'impôt. Cependant, les dispositions législatives protégeant le secret professionnel, comme celles que prévoit l'article L. 103 du livre des procédures fiscales, peuvent faire obstacle à la communication par l'administration à un contribuable de renseignements concernant un tiers, sans le consentement de celui-ci ou de toute personne habilitée à cet effet. Peuvent, dès lors, être régulièrement établis des redressements fondés sur des documents dont les copies détenues par les services fiscaux n'ont été communiquées au contribuable qu'après occultation des informations couvertes par un tel secret.
3. Il résulte de l'instruction que pour fonder les rappels en litige, l'administration, dans sa proposition de rectification du 22 juillet 2019, s'est fondée sur l'examen des comptes bancaires de Mme B. Dans sa réponse du 17 août 2019, Mme B a sollicité la communication de tous les documents obtenus de tiers et de toutes pièces de procédures fiscales ayant permis d'obtenir de tiers des renseignements la concernant. Dans sa réponse aux observations du contribuable le 23 septembre 2019, l'administration lui communiquera une copie des relevés de ses comptes bancaires. Il résulte cependant de l'instruction que la réponse aux observations du contribuable fait état d'un document recueilli lors de la procédure fiscale ouverte envers la Sas Kang sur la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015 par la direction du contrôle fiscal Ile de France. Ce document retrace le détail du compte propre à chaque Master de la société Kang, permettant au service de constater qu'aucun compte n'était ouvert au nom du fils de A B. Ce faisant, le service doit être regardé comme s'étant fondé sur cette pièce pour confirmer sa position prise dans la proposition de rectification. Par ailleurs, et en dépit de ce que soutient l'administration, les dispositions législatives protégeant le secret professionnel, telles que celles résultant de l'article L. 103 du livre des procédures fiscales, à supposer même qu'elles soient applicables à ce document, ne faisaient pas obstacle à sa communication après occultation des informations couvertes par un tel secret. Dès lors, le refus de l'administration de procéder à la communication de ce document obtenu d'un tiers entache d'irrégularité la procédure à l'issue de laquelle ont été établies les impositions en litige, privant Mme B d'une garantie.
4. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il ne soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander la décharge des impositions et des pénalités en litige.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : Mme B est déchargée des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2013 ainsi que des pénalités correspondantes.
Article 2 : L'Etat versera à Mme B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au directeur départemental des finances publiques de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2022.
La rapporteure,
ML. VialletLe président,
V. Rabaté
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 8 novembre 2022.
Le greffier,
F. Balicki
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026