lundi 5 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2025710 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CAMILLE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance n° 462171 du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif de Montpellier la requête présentée par la société SARL Le Jon'ka.
Par requête, enregistrée le 10 novembre 2020, la SARL Le Jon'ka, représentée par son gérant M. A, et par Me Gasquet, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge respectivement au titre de ses exercices clos en 2015 et 2016 et de la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière pour méconnaissance des dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales faute de communication des documents obtenus à la suite de l'exercice du droit de communication ;
- la méthode de reconstitution des recettes et du chiffre d'affaires utilisée par l'administration est viciée en son principe et présente un caractère excessivement sommaire.
Par mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2021, le directeur des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pater, rapporteure ;
- et les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Le Jon'ka, créée en 2007 ayant son siège à Toulouse et exerçant une activité d'exploitation d'un bar, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2016. A la suite d'un procès-verbal de rejet de comptabilité pour les exercices 2015 et 2016, l'administration a procédé à la reconstitution du chiffre d'affaires et des bénéfices selon la procédure de rectification contradictoire pour les exercices clos les 31 décembre 2015 et 2016 pour l'impôt sur les sociétés et la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2015 en matière de taxe sur la valeur ajoutée et la procédure de taxation d'office pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2016 en matière de taxe sur la valeur ajoutée. Les impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 14 septembre 2018. Par la présente requête, la société demande au tribunal la décharge en droits, et pénalités des suppléments d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et amendes qui lui ont été assignés respectivement au titre de ses exercices clos les 31 décembre 2015 et 2016 et de la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016, le litige portant sur la somme totale de 148 827 euros.
Sur la régularité de la procédure :
2. Aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ". En application de ces dispositions, il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre, et au plus tard avant la mise en recouvrement, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des renseignements obtenus auprès de tiers, qu'elle a utilisés pour fonder les impositions, avec une précision suffisante pour permettre à l'intéressé, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements, soient mis à sa disposition avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent. Dans ce dernier cas, la demande du contribuable peut porter sur tout document utilisé par l'administration pour établir les impositions et notamment sur les documents dont elle s'est prévalue au cours de la procédure de redressement, y compris dans la réponse aux observations du contribuable, alors même qu'elle n'en aurait fait état que pour confirmer une prise de position reposant sur d'autres éléments. Lorsque le contribuable le demande, la copie de ces documents doit lui être transmise, sauf si leur nature ou leur volume nécessite une communication sous forme de consultation dans les locaux du service. En tout état de cause, il appartient à l'administration de répondre à la demande de communication, le cas échéant, en proposant au contribuable des modalités pratiques de communication destinées à tenir compte de la nature et du volume des documents demandés.
3. En l'espèce, la SARL Le Jon'ka a demandé à l'administration fiscale la communication de l'intégralité des documents obtenus par elle à la suite de l'exercice de son droit de communication. Il a été répondu aux observations du contribuable, qu'eu égard au volume des documents demandés, la société était invitée à les consulter dans les locaux de l'administration à une date et une heure précisée et qu'en cas d'empêchement, un autre rendez-vous pourrait être fixé. La société requérante n'a pas utilisé ces possibilités et reproche au service de ne pas justifier que la nature ou le volume des documents imposait une communication dans les locaux du service.
4. Il résulte de l'instruction, que la proposition de rectification fait seulement état, dans son paragraphe VI relatif à l'exercice du droit de communication, des demandes exercées entre le 22 décembre 2017 et le 6 février 2018 auprès de quatre fournisseurs, qui ont remis " une copie du grand livre et des copies de factures portant sur la période vérifiée ". Il ne résulte pas de ces énonciations de la proposition de rectification, ni d'aucun des autres éléments produits au cours de l'instruction, notamment la réponse du 16 juillet 2018 aux observations de la contribuable, que les conditions relatives à la nature ou au volume des documents nécessitait une communication sous forme de consultation dans les locaux du service. Dès lors, alors même que la société ne s'est ni présentée à l'invitation qui lui a été faite ni n'a demandé un autre rendez-vous, l'administration a méconnu les dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales et entaché d'irrégularité la procédure d'imposition.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, que la société Le Jon'ka est fondée à demander la décharge des impositions en litige.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à la SARL Le Jon'ka au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La SARL Le Jon'ka est déchargée des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mises à sa charge respectivement au titre de ses exercices clos en 2015 et 2016 et de la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016.
Article 2 : L'Etat versera à la SARL Le Jon'ka une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Le Jon'ka et au directeur des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Rabaté, président,
- Mme Pater, première conseillère,
- Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2022.
La rapporteure,
B. Pater Le président,
V. Rabaté
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 décembre 2022.
Le greffier,
F. Balicki fb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026