lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2026100 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CAMILLE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
I) Par requête et mémoire, enregistrés les 30 novembre 2020 et 27 octobre 2021 sous le n°2026100, la Sarl Mipnet, représentée par Me Gasquet, demande au tribunal la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des pénalités auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos le 31 mars 2015, et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 193 934 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- par acte du 17 février 2014 M. B lui a apporté 1 850 actions, 25%, de la Sas Mipnet, devenue RT2I, pour un million d'euros soit un prix unitaire de 540,54 euros, et par acte du 1er août 2014 lui a cédé 1 480 actions de la société Mipnet, pour 150 000 euros, soit 103,45 euros par action, prix que le service qualifie de libéralité, retenant un prix global de 2 560 000 euros et par action de 350,10 euros et un montant taxable de 362 000 euros ;
- la proposition de rectification est insuffisamment motivée ;
- l'apport de 540,54 euros l'action a été opéré sur la base du rapport du commissaire aux apports du 14 février 2014 et la situation de la société au 30 septembre 2013, le prix de vente tenant compte de l'effondrement de la société Mipnet qui, à l'été 2014, a demandé une procédure de sauvegarde, acceptée par jugement du 24 septembre 2014 du tribunal de commerce qui reconnait ses difficultés ;
- l'absence de comptabilisation de la provision est sans incidence ;
- le service, qui a varié dans ses évaluations, ne démontre pas l'exactitude de son estimation de 2 560 000 euros et l'existence d'une libéralité de M. A ;
- l'avis de la commission a été notifié par courrier du 27 juin 2019 qui ne mentionne pas si l'avis est suivi et les bases d'imposition que le service retient, ce qui méconnait l'article R. 59-1 du livre des procédures fiscales ; à titre subsidiaire, sur le fondement de l'article L. 80CA du livre des procédures fiscales, ce manquement doit entrainer la décharge des pénalités ;
- les pénalités de 40% pour manquement délibéré de l'article 1729a du code sont justifiées pour le service par la communauté d'intérêt entre M. B, associé à 99%, et la société, et l'importance de la minoration ; or l'intention d'octroyer et de recevoir la libéralité n'est pas démontrée, comme l'écart de prix, et M. B ne s'est pas appauvri.
Par mémoire, enregistré le 29 avril 2021, le directeur de contrôle fiscal Sud-Pyrénées conclut au rejet du recours.
Il soutient que les moyens invoqués sont infondés.
II) Par requête et mémoire, enregistrés les 9 décembre 2020 et 27 octobre 2021 sous le n°2026334, la Sarl Mipnet, représentée par Me Gasquet, demande au tribunal la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des pénalités auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos le 31 mars 2015, et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle invoque les mêmes moyens que dans l'instance précédente.
Par mémoire, enregistré le 30 avril 2021, le directeur de contrôle fiscal Sud-Pyrénées
conclut au rejet du recours.
Il soutient que les moyens invoqués sont infondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté, rapporteur ;
- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que par acte du 17 février 2014 M. B associé à 99% de la Sarl Geraldine, devenue Sarl Mipnet, lui a apporté 1 850 actions, soit 25%, de la SAS Mipnet, pour un montant d'un million d'euros, soit un prix unitaire par action de 540,54 euros, et par acte du 1er août 2014, lui a cédé 1 480 actions de la SAS Mipnet, pour un montant global de 150 000 euros, soit 103,45 euros par action. A l'issue d'une vérification de comptabilité de la Sarl Mipnet, le service a estimé que ce dernier prix constituait une libéralité, retenant en dernier lieu un prix global des actions de 2 560 000 euros, soit un prix par action de 350,10 euros, et réintégrant un montant de 362 000 euros dans le bénéfice imposable de la Sarl Mipnet, sur le fondement de l'article 38-2 du code général des impôts. Par ces deux requêtes, qui présentent les mêmes conclusions et moyens, et appellent la jonction, la Sarl Mipnet demande au tribunal la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des pénalités auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos le 31 mars 2015 suite à cette réintégration.
Sur le bien-fondé de l'imposition et la charge de la preuve :
2. Le service, qui n'a pas suivi les avis de la commission des impôts directs et des taxes sur les chiffres d'affaires, supporte la charge de la preuve, en vertu de l'article L. 192 du livre des procédures fiscales.
3. Aux termes du 2 de l'article 38 du code général des impôts : " Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés () ". Aux termes de l'article 38 quinquies de l'annexe III au même code : " Les immobilisations sont inscrites au bilan pour leur valeur d'origine. / Cette valeur d'origine s'entend : / a. Pour les immobilisations acquises à titre onéreux, du coût d'acquisition () ; / b. Pour les immobilisations acquises à titre gratuit, de la valeur vénale ; / c. Pour les immobilisations apportées à l'entreprise par des tiers, de la valeur d'apport () ".
4. La valeur vénale réelle de titres non cotés en bourse sur un marché réglementé doit être appréciée compte tenu de tous les éléments dont l'ensemble permet d'obtenir un chiffre aussi voisin que possible de celui résultant du jeu de l'offre et de la demande à la date à laquelle la cession est intervenue. Cette valeur doit être établie, en priorité, par référence à la valeur des autres titres de la société telle qu'elle ressort des transactions portant, à la même époque, sur ces titres dès lors que cette valeur ne résulte pas d'un prix de convenance. toutefois, en l'absence de transactions intervenues dans des conditions équivalentes et portant sur les titres de la même société ou, à défaut, de sociétés similaires, l'administration peut légalement se fonder sur l'une des méthodes destinées à déterminer la valeur de l'actif par capitalisation des bénéfices ou d'une fraction du chiffre d'affaires annuel, ou sur la combinaison de plusieurs de ces méthodes ; elle ne saurait toutefois procéder par combinaison entre la méthode par comparaison et l'une ou plusieurs des méthodes alternatives.
5. Il résulte de l'instruction que le prix de vente des parts de la SAS Mipnet a été fixé à 103,45 euros le 1er août 2014. Pour regarder cette valeur comme sous-évaluée et la porter à 350,10 euros, comme l'indique la proposition de rectification du 5 octobre 2016, le service s'est fondé sur une valorisation de la société à 2 560 000 euros au 1er août 2014. Toutefois, cette valeur, provenant d'éléments d'appréciation purement comptables, ne peut être regardée comme suffisante pour établir la valeur vénale de la société, et une minoration volontaire de son prix. Par suite, le service n'apporte pas la preuve qui lui incombe. Il s'ensuit que la requérante, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur ses autres moyens, est fondée à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des pénalités y afférentes mises à sa charge au titre de l'exercice clos le 31 mars 2015.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, à verser à la Sarl Mipnet, une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : la Sarl Mipnet est déchargée des cotisations supplémentaires à l'impôt sur les sociétés et des pénalités y afférentes auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos le 31 mars 2015.
Article 2 : L'Etat versera à la Sarl Mipnet, une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes de la Sarl Mipnet est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la Sarl Mipnet et au directeur de contrôle fiscal Sud-Pyrénées.
Délibéré après l'audience du 20 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Rabaté, président,
- Mme Couégnat, première conseillère,
- Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2023.
Le président,
V. Rabaté
L'assesseure la plus ancienne,
M. C Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au ministre des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Le président,
V. Rabaté
L'assesseure la plus ancienne,
M. C Le greffier,
F. Balicki
L'assesseur le plus ancien,
P. Villemejeanne
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 4 avril 2023.
Le greffier,
F. Balicki
Le greffier,
F. Balicki
N°s 2026100, 2026337fb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026